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Les “sleeping bus” au Vietnam : entre succès populaire et défis de sécurité

Au Vietnam, le sleeping bus est devenu incontournable. Économique et pratique, ce bus permet de parcourir de longues distances et d'atteindre des lieux isolés, non desservis par le train ou l'avion. Mais ce succès est aujourd'hui terni par une série d'accidents graves, survenant souvent la nuit. Les autorités font désormais face à l'urgence de renforcer les contrôles.

Les “sleeping bus” au Vietnam : entre succès populaire et défis de sécuritéLes “sleeping bus” au Vietnam : entre succès populaire et défis de sécurité
Écrit par Romy Chevillard
Publié le 2 août 2026

Un mode de transport devenu incontournable 

Les sleeping bus se sont imposés comme l’un des transports les plus utilisés sur de longues distances. Ce mode de transport à réussi à séduire aussi bien les Vietnamiens que les touristes étrangers. Contrairement aux autocars classiques, ces véhicules sont équipés de couchettes individuelles, réparties sur deux niveaux et généralement en deux ou trois rangées. Ce qui permet aux passagers de s’allonger durant tout le trajet. 

Le succès de ce mode de transport tient d’abord à son faible coût. En général, un billet pour un trajet d’une dizaine d’heures coûte entre 20€ et 30€, des prix donc imbattables. D’autant plus que ces bus, grâce à leur configuration, permettent aux passagers de réaliser des trajets de nuit, tout en pouvant dormir assez confortablement. 

De plus, les compagnies proposent des départs fréquents vers les principales destinations touristiques du pays, ce qui permet de distinguer ce mode de transport du train, dont les horaires sont parfois plus limités. 

Enfin, cette popularité tient aussi à la couverture géographique qu’offre le réseau. En effet, les sleeping bus permettent de relier des villes que les trains et les avions ne desservent pas. C'est par exemple le cas de Hà Giang, une destination prisée dans le nord du pays, qui ne possède ni gare, ni aéroport. Cette province reste alors accessible uniquement par la route. Ainsi, plusieurs départs quotidiens en sleeping bus assurent la liaison depuis Hanoï, sur un trajet d'environ 300 kilomètres couvert en six à sept heures.

Une série d’accidents mortels

L’année 2026 a déjà vu plusieurs sleeping bus impliqués dans des accidents : un véhicule s’est renversé en mars sur la Route nationale 19, dans la province de Gia Lai, blessant deux des dix passagers à bord. Fin mai, une trentaine de personnes ont dû être évacuées lorsqu’un bus a pris feu sur l'autoroute Nord-Sud, dans la province de Hà Tĩnh. Au mois de juillet, ce bilan s’est encore alourdi avec deux accidents mortels séparés de seulement quelques jours. 

Le premier est survenu dans la nuit du 17 juillet. Un groupe de voyageurs rentrait d'un séjour à Hà Tĩnh, à bord d'un sleeping bus empruntant l'autoroute Pháp Vân–Cầu Giẽ en direction de Hanoï. Toutefois, selon les autorités et les témoignages, le véhicule a soudainement dévié vers la droite, arrachant la glissière de sécurité et chutant jusqu'à la voie de desserte en contrebas. Cet accident a coûté la vie à quatre personnes et en a blessé une trentaine d’autres. 

Quatre jours plus tard, dans la nuit du 21 juillet, un autre sleeping bus heurte une glissière de sécurité sur la Route nationale 1A, à Đồng Nai, alors qu'il relie la province de Khánh Hòa à Hô-Chi-Minh-Ville. Le choc coupe le moteur et la porte principale, actionnée à l'air comprimé, cesse alors de fonctionner. Un feu se déclare presque aussitôt à l'avant du véhicule et se propage rapidement. Le chauffeur et son assistant parviennent à forcer une ouverture pour faire sortir une partie des passagers, mais la densité de la fumée et la rapidité des flammes les empêchent d'atteindre certaines couchettes. Le bilan de cet accident est de sept  morts, dont trois enfants de 2, 4 et 10 ans, ainsi que cinq blessés. 

Selon les premiers éléments de l'enquête, le chauffeur de 41 ans a reconnu s'être assoupi au volant. La somnolence est d'ailleurs en cause dans la majorité de ces accidents, qui surviennent principalement entre la nuit et l'aube. Face à ce constat, la police de la circulation rappelle l'interdiction de conduire plus de quatre heures d'affilée et dix heures par jour pour les trajets longue distance.

Les autorités promettent un renforcement des contrôles

Au lendemain du drame, le Premier ministre Lê Minh Hưng a ordonné une enquête urgente sur les causes de l'incendie, et demandé aux autorités locales d’établir si les directives prises précédemment avaient bien été appliquées à temps. 

Sur le terrain, le ministère de la Construction a demandé à l'Administration des routes du Vietnam, au Vietnam Register et aux autorités locales de renforcer la supervision des entreprises de transport routier, avec un accent particulier sur les véhicules circulant de nuit. Le Vietnam Register travaille avec la police de la circulation pour réviser les normes de sécurité technique applicables aux sleeping bus, notamment en matière d'issues de secours et de protection des passagers. Le dernier véhicule accidenté avait pourtant été fabriqué en 2026 et disposait d'un certificat d'inspection technique valide jusqu'en janvier 2028. 

Dans les faits, une réglementation existe déjà : depuis janvier 2025, la loi sur l'ordre et la sécurité de la circulation routière limite les chauffeurs de transport à quatre heures de conduite consécutives, dix heures par jour et quarante-huit heures par semaine. C'est justement le respect de ces règles, notamment sur les trajets de nuit, que les autorités ont promis de mieux contrôler.

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