Édition internationale

Avril 1976: un an après la victoire…

30 avril 1976. Saïgon s’apprête à célébrer le tout premier anniversaire de sa libération avec une parade militaire à la soviétique. Quelques jours plus tôt, le 25 pour être précis, des élections législatives ont eu lieu dans tout le Vietnam, du nord au sud. Le Front de la Patrie vietnamienne, seule organisation politique autorisée à présenter des candidats, a bien entendu raflé les 492 sièges en jeu et il est clair pour tout le monde que l’une des premières tâches de la toute nouvelle assemblée sera de procéder à la réunification officielle du pays, la réunification de facto ayant eu lieu un an plus tôt, le 30 avril 1975.

Avril 1976: un an après la victoire…Avril 1976: un an après la victoire…

A Saïgon, le Gouvernement révolutionnaire provisoire sait bien que ses jours sont comptés, tout comme le sont ceux du Sud-Vietnam qu’il administre depuis un an. Mais il est le premier à le souhaiter. C’est du reste ce pour quoi il s’est battu depuis tant d’années : pour que le Vietnam ne fasse qu’un, depuis la frontière chinoise jusqu'à la pointe de Ca Mau…  
 
En attendant, c’est Nguyen Huu Tho qui s’est installé dans le Palais de l’Indépendance et qui préside aux destinées du Sud-Vietnam de l’immédiat après-guerre.  Mais en réalité, si son gouvernement est bel et bien révolutionnaire, il est surtout provisoire et totalement inféodé à celui de la République Démocratique en place à Hanoï. 
 
Rien d’étonnant à cela : il faut se rappeler que le Gouvernement révolutionnaire provisoire de la République du Sud-Vietnam est en fait une émanation directe du Front national de libération du Sud-Vietnam, dont l’obédience communiste - nord-vietnamienne en l’occurrence - relève du secret de Polichinelle.

Une réunification sur la base de l’indépendance nationale et du socialisme

Il n’en demeure pas moins que c’est bel et bien ce Gouvernement révolutionnaire provisoire qui est en place à Saïgon, en ce mois d’avril 1976, et qu’il assume parfaitement son statut de « Cheval de Troie » de Hanoï puisque c’est sa raison d’être. L’un de ses tous premiers soucis, à son arrivée au pouvoir, aura été de s’entendre avec la République démocratique sur la nécessité d’une réunification « sur la base de l’indépendance nationale et du socialisme » : c’est en tout cas ce qui ressort de la conférence consultative qui s’est tenue au mois de novembre 1975 et au cours de laquelle il a été décidé d’organiser au plus vite des élections générales dans tout le Vietnam.
 
Ces fameuses élections ont donc eu lieu cinq jours plus tôt, le 25 avril, avec un taux de participation record de 99%. Elles ouvrent la voie à une réunification officielle et complète du Vietnam, qui sera actée deux mois plus tard, le 2 juillet 1976 très précisément, avec la création de la République socialiste du Vietnam, capitale : Hanoï.  
 
 
 

Le scrutin d’avril 1976
Le scrutin d’avril 1976

 

De Saïgon à Ho Chi Minh-Ville…

Les habitants de Saïgon, eux, pressentent que la ville va changer de nom pour prendre celui du père de la nation : Ho Chi Minh. L’idée ne date pas d’hier. Elle remonte en fait à 1946. Le 27 août de cette année-là, le journal Cuu Quoc, qui est une publication éditée par le Vietminh titre « A partir de maintenant, la ville de Saïgon change de nom pour s’appeler Ho Chi Minh-Ville ». Faut-il le préciser ? Cette résolution du gouvernement nord-vietnamien, puisque c’en est une, restera lettre morte pendant trente ans, eu égard aux circonstances…
 
 

Trente ans plus tôt…
Trente ans plus tôt…


 
 
Mais l’idée resurgit dès avril 1975 et curieusement, pas là où l’on s’y attendrait le plus… Le 12 mai, la couverture du magazine américain Time nous montre un portrait d’Ho Chi Minh et une carte du Vietnam mentionnant, en lieu et place de Saïgon, « Ho Chi Minh-city ». Qui l’eût cru?
 
Pour comprendre, il faut savoir qu’a ce moment-là, le correspondant du Time à Saïgon est un certain Pham Xuan An, et que ce fameux Pham Xuan An se révèlera par la suite être l’agent Z.21, soit un espion au service du régime nord-vietnamien… 
 
 

La couverture du Time en question
La couverture du Time en question


 
 
Mais revenons à ce 30 avril 1976… Si Saïgon ne s’appelle pas encore Ho Chi Minh-ville (ce sera chose faite le 2 juillet), elle se comporte comme telle… Partout ce ne sont que des scènes de liesse collective qui préfigurent un avenir radieux. Le Vietnam est pourtant un pays complètement décimé par trente années de guerre dans lequel tout, ou presque, est à reconstruire. Les premières mesures de l’immédiat après-guerre vont dans le sens d’une nationalisation et d’une socialisation à marche forcée de l’économie, laquelle est réorganisée et planifiée, bureaucratie omniprésente à l’appui. La propriété privée est abolie et la nouvelle administration crée de « nouvelles zones économiques » vers lesquelles seront transférées des milliers de personnes… 

 

30 avril 1976, à Saïgon

 

30 avril 1976, à Saïgon

 

30 avril 1976, à Saïgon

 

30 avril 1976, à Saïgon

 

30 avril 1976, à Saïgon

 

30 avril 1976, à Saïgon

 

30 avril 1976, à Saïgon
30 avril 1976, à Saïgon

 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Sujets du moment

Flash infos