Le Vietnam a prévu la mise en circulation de l’essence E10 dans l’ensemble du pays afin de répondre à la crise énergétique et stabiliser les cours de l’essence, tout en effectuant progressivement la transition vers l’énergie verte. Cela permettrait entre autres de réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles, de soutenir efficacement l’agriculture nationale et de limiter les émissions polluantes.


Le Vietnam a décidé d’avancer la mise en circulation de l’E10, qui était originalement prévue le 1er juin par le ministère de l’Industrie et du Commerce. Selon la feuille de route établie, toutes les essences sans plomb devront contenir 10% d’éthanol avant leur mise sur le marché. Les usines disposant des infrastructures nécessaires peuvent dès à présent anticiper le mélange et entamer la distribution au plus tôt.
Les espérances concernant l’introduction de l’E10
Le Vietnam avait déjà introduit l’E5, dont la distribution devrait continuer jusqu’en décembre 2026 afin d’opérer une transition progressive vers l’E10. L’objectif est qu’à partir du 1er juin, le Vietnam remplace l’essence minérale et compte exclusivement des biocarburants, de plus en plus concentrées en éthanol.
La commercialisation de l’E10 représente plusieurs espoirs pour le Vietnam en temps de crise énergétique internationale : il pourrait permettre une baisse des prix du carburant, des taxes environnementales et des droits d’accise, qui sont inférieures à ceux appliqués à l’essence minérale.
L’E10, constitué à 10% d’éthanol, représenterait de fortes économies d’énergie fossile, qui pourraient être encore supérieures si un passage s’opérait vers l’E15 ou E20, avec plus d’éthanol, ou bien des alternatives de biodiesel comme le B15 et le B20, qui pourrait diminuer drastiquement la dépendance du pays aux importations.
De plus, aucune contrainte ou plainte technique n’a été enregistrée concernant l’utilisation de l’E5, et des économies utilisant déjà l’E10 comme les Etats-Unis ou la Thaïlande montrent que le passage à l’E10 ne posera aucun problème au Vietnam.
Le Vietnam couvre 30% de sa demande intérieure en carburant, et les 70% restants sont assurés par les importations, notamment en provenance des pays du Golfe. Substituer les importations de pétrole venant de cette région revêt donc une importance stratégique clé pour le Vietnam, qui poursuit en parallèle des objectifs de développement ambitieux qui ne peuvent être entravés par une crise énergétique.
Un réseau de production et de distribution mis en place
Les entreprises nationales opèrent progressivement le virage vers la production et la distribution de l’E10. Petrolimex en propose d’ailleurs à Hô Chi Minh-Ville depuis août 2025 en guise de test de vente. Ce même groupe exploite d’ailleurs déjà 7 dépôts de mélange et se repose sur un réseau de plus de 2800 stations-services déjà équipées des infrastructures nécessaires pour le distribuer dans tout le pays.
Les copeaux de manioc constituent la principale matière première pour l’extraction de l’éthanol, et l’approvisionnement de ces derniers est sécurisé par des contrats à long terme. Des investissements dans le transport routier ont aussi été réalisés afin d’anticiper les besoins de transport des ressources.
La remise en service des usines d’éthanol nationales et la raffinerie de Dung Quat font partie de la stratégie de renforcement de l’autonomie énergétique du Vietnam. L’avantage de l’éthanol est qu’il ne pose pas de défi technologique majeur pour les usines et raffineries qui sont déjà équipées adéquatement pour la production de l’E10. Ce n’est pas un nouveau produit, et le Vietnam peut s’aider de l’expérience des pays qui l’utilisent déjà depuis des années.
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