Dimanche 29 novembre 2020
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Billet d'humeur - Nola pense à la gestion du virus par la France

Par Nola Benson | Publié le 17/04/2020 à 06:01 | Mis à jour le 17/04/2020 à 11:12
nola benson

Tout a basculé la semaine du 15 mars. Entre l’annonce en France de la fermeture des écoles, puis du confinement dans les jours qui ont suivis, les cas qui ont explosé en Corée, l’arrivée de touristes contaminés et des Việt Kiều passés par l’Italie… Le Vietnam n’a fait qu’un bond, et nous aussi, même plusieurs, par ricochets.

Aujourd’hui, l’État a tout fermé. Enfin presque. Supermarchés, pharmacies, et stations service restent ouverts… C’est tout. 

Ceci-dit, je remercie le Vietnam, ce pays d’adoption - que j’ai pu pourtant tant critiquer par le passé - d’avoir choisi la vie avant l’économie (malgré l’impact catastrophique que ça va avoir, l’après-Covid s’annonce branlant) alors même que l’épidémie pointait tout juste son nez en Chine, et qu’il n’y avait qu’une poignée de testés positifs.

Quand j’entends qu’on félicite la France d’avoir fait le même choix sur les plateaux télé, je ris jaune.

J’ai eu une chance incroyable dans toute cette mésaventure, cette catastrophe, cette pandémie ; le hasard a voulu qu’en choisissant à nouveau l’expatriation, je revienne ici, fin février, évitant ainsi la quarantaine imposée aux nouveaux arrivants dès le 1er mars, avec mille projets en tête et un boulot pour animer des séminaires. À l'époque, j'avais commencé à réactiver mon réseau, et déjà des entretiens en date dans le monde du textile… Hélas, toutes mes pistes sont tombées comme peau de chagrin une fois la crise bien avancée, me laissant donc seule avec l’université, poste qui initialement devait me mettre le pied à l'étrier. Le voici  aujourd'hui qui me nourrit pleinement et m’évite d’être à la rue.

Quand je vois ce qu’il se passe dans la patrie qui héberge ma nationalité et mon passeport, je sors de mes gongs. Certes, une vision de la réalité biaisée par 11 000 km de distance, je ne sais trop quel aurait été mon comportement si j’étais restée à Paris. 

En revanche, quand il s’agit de l’application de suivi des malades, les bras m’en tombent. Alors que tout le monde l’ouvre sur Twitter, Instagram, Facebook et autre, les voilà outrés par un traçage gouvernemental, qui, rappelons-le, peut faciliter le dé-confinement, protéger ses proches, son entourage, de façon bien plus efficace que les photos des bébés sur les réseaux sociaux, que la dernière recette cuisinée car elle était photogénique, et j’en passe… Là, il s’agit de notre vie de demain.

Nous avons des bords très différents avec François - et cette histoire d’application est au coeur de nos disputes - , ce qui nous amuse et fait (ou faisait ?) notre force. En revanche, là, avec sa fièvre, sa détection au Covid par SOS médecin, sa fatigue et la distance… Le débat que nous avons eu en début de semaine a clairement remis bien des choses en question, sans même parler de l’avenir de notre couple. On fête nos un an dans quatre jours… Je me désole qu’il utilise ses maigres cartouches d’énergie pour encore me rabâcher la liberté individuelle. Oui, et le coup de gueule passé sur Twitter à l’attention de son voisin mardi, on en parle ?!

Ce que je sais, c’est que je ne vais pas rentrer en France pour mes vacances prévues cet été 2020. En soit, ce n’est pas grave, moi qui ai toujours remis à demain ce fameux trip à moto au départ de Sai Gon jusque dans les hauteurs de Ha Noi pour aller passer mes vacances en terrasse à Paris, je me dis que le projet tombe à point nommé. Il faut bien voir les choses du bon coté.

Ce qui m’embête le plus, c’est cet avenir avec François, qu’on fantasmait un brin plus joyeux que la situation actuelle…

Et le comble, c’est que je me dis que si les Français continuent de se comporter comme des crétins, aussi minimes soient-ils, je peux remettre l’idée d’un retour à 2022, facile. Merci les gars, bravo quoi. 

Pour conclure, et de ce que j’ai pu retenir - entre autre… le masque grand public ?! Qu’est-ce ? - du discours de lundi d’Emmanuel Macron, c’est quand il affirme: “ Regardez l’Asie, le virus semblait avoir été vaincu et il revient dans de nombreux pays qui à nouveau decident de refermer leur économie”, je suis tombée de ma chaise. Oui ? Plait-il ? De ? Pardon ? MAIS OÙ CA ?? Mon cher Emmanuel, mêlons-nous de nos affaires, la France est dans la merde et moins que l’Asie, assumer c’est montrer une vraie humilité, alors soignez donc la France avant de nourrir les Français de - je me permets de vous citer - carabistouilles infondées sur l’Asie. Merci. 

Quelle période franchement, quelle période...

2 Commentaire (s)Réagir
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zinzolino🇲🇲🇸🇬🐒🇫🇷 mar 21/04/2020 - 11:52

Je surenchéris au commentaire de Phapphil, et m'étonne que Le Petit Journal accorde si facilement ce type de tribune .Votre édition de ce jour:L20/04,fait fort, et nous livre simultanément: " Covid19: la vision sans tabou des expatriés ", signé Sandra Camey. Je cherche vainement les fameux "tabous" en question,et ne trouve qu'un ramassis de préjugés nationaux ( ce qui augure fort significativement des faibles niveaux de réflexion colportés par ces expats! [exception faite pour les 2 intervenantes finales].Sous couvert de " billet d'humeur ": N...pense à la gestion du virus par la France...regorge de la suffisance d'une expat.en mal de faire parler de soi...par des opinions assénées sur le zinc des cafés ou en terrasses ( zut, ils sont fermés!) , une " pensée "de trottoir, vous savez ces regroupements entre-soi, un verre à la main ,au coin des tonneaux et cendriers); une hypertrophie du moi qu'exprime bien cette étreinte d'une ceinture ( au combien explosive) de cartouches en papier toilette... Comme Le Petit Journal ne rapporte ordinairement pas ces "n'importe quoi" ,Merci de vous reporter à l'édition du M.21/04 de Singapour. Sur une thématique similaire: " Covid19-Humeur de confinés à SG # semaines1/2", vos rédactrices Marie-Segolene Migairou et Catherine Soulas Baron articulent avec intelligence et humour des paroles d'expatrié(e)s, qui ne se laisse pas déborder par les dépits et autres humeurs délétères ...

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Phapphil lun 20/04/2020 - 06:46

Bonjour, traiter ses compatriotes de « crétins » lorsqu’on est à 11.000 kilomètres de distance, voilà bien l’expression de la suffisance de certains expats que nous fuyons au quotidien. Les mêmes que nous cotoyons malheureusement dans certains restaurants où la promiscuité nous oblige à entendre leurs conversations empreintes de suffisance et de critiques envers le pays qui les a vu naître comme si le fait de l’avoir quitter les rendait plus intelligents. Apprenez à vous taire Mesdames et Messieurs les donneurs de leçon !

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