

En octobre 2009, la journaliste néerlandaise Martine Postma ouvrait le tout premier Repair Café à Amsterdam. Depuis son initiative a débouché sur la création de la fondation homonyme, qui trouve un écho favorable à travers le monde entier. Lepetitjournal.com/francfort a décidé de s'intéresser au phénomène en allant visiter l'une de ses toutes dernières officines, celle de Sachsenhausen à Francfort.
Une vraie ruche d'abeilles travailleuses
Pour le flâneur aventureux, rien ne distingue le numéro 4 Altes Schützenhüttengäßchen du reste des bâtiments de ce quartier résidentiel, si ce n'est une simple affiche au slogan éloquent : "À la benne ? Pas question !" (Wegwerfen? Denkste!). Dans l'ombre du clocher de l'église catholique Saint Wendel, une volée de marche descend vers une entrée en sous-sol apparemment aussi calme que les alentours. En entrant le contraste est tout simplement saisissant : il y règne une intense activité ; sur une douzaine de tables s'affairent tout ce que la création peut compter comme bricoleurs, de l'électronique à l'électricité, en passant par des instruments de musique et du textile. Tâtant dans ma poche le lecteur mp3 qui a rendu récemment l'âme, je prends la file des arrivants pour remplir les formulaires préalables : le premier dégage les organisateurs de toute poursuite de la part d'indélicats qui voudraient abusivement tirer un parti juridique de la situation, l'autre concerne proprement le type d'appareil et de panne pour lesquels le visiteur effectue sa visite. Aussitôt ma demande enregistrée, je passe dans la salle mitoyenne afin d'attendre mon tour.
Un lieu chaleureux et convivial

Un bricoleur écologiste et humain
L'ingénieur Pavel, qui vient ici avec son fils par solidarité et envie de transmettre son savoir-faire à autrui, me confirme les conseils de Tobias : il me faudra tenter de réparer mon appareil de chez moi avec une connexion internet, car ma panne est plutôt d'ordre logiciel m'avait-il dit plus tôt. Un brin déçu (surtout de ne pas avoir emmené la casquette trouée héritée de mon père au lieu de ce gadget électronique), j'ai alors le plaisir de tomber sur Dominik Peper, qui m'accorde très gentiment un entretien. Originaire du nord de l'Allemagne, il est venu faire des études techniques très pointues à Darmstadt il y a quelques années ; à l'époque, il fonde avec quelques autres passionnés comme lui une ébauche d'atelier de réparations gratuites pour vélos. Le succès est immédiat. Puis, il trouve un emploi d'ingénieur dans le secteur médical à Francfort à la fin de ses études : mais le bricolage lui manque ; il décide alors de trouver les partenaires nécessaires pour lancer un Repair Café à Sachsenhausen. Financièrement, il obtient la bourse municipale pour encourager les initiatives à but non lucratif (en tant que StadtteilBotschafter pour Sachsenhausen), propose à la Bund Jugend Hessen d'endosser la responsabilité juridique et obtient de la paroisse Saint-Wendel, la mise à disposition de ce local, chaque premier mardi du mois. Sa motivation est autant écologique, s'inscrivant dans la dynamique de l'économie circulaire du recyclage fortement encouragée par les instances européennes depuis septembre dernier, que pédagogique ; en plus de donner la possibilité aux gens de prolonger la durée de vie de leurs appareils, ce lieu se veut aussi espace de transmission solidaire du savoir-faire ; il est d'ailleurs très courant que des experts venus des trois autres Repair Café de Francfort viennent s'échanger des conseils. Pour autant , il ne manque pas de me signaler que ce phénomène s'inscrit dans un réseau mondial, où l'Allemagne a su trouver toute sa place, puisque sur les quelques 950 Repair Cafés dans le monde, 200 sont situés en Allemagne ! (Photos CS lepetitjournal.com/francfort)
Cédric Samson (www.lepetitjournal.com/francfort), jeudi 10 décembre 2015
Dans chacun des Repair Cafés, les réparations sont entièrement gratuites mais les dons sont appréciés. Pour aller y faire un tour c'est par ici.
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