Édition internationale

Anoucheh Bellefleur pour la liste "Défendre et accompagner les Français d’Allemagne"

Dans le cadre de la campagne des élections consulaires 2026, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la 2e circonscription des Français établis hors de France en Allemagne. Anoucheh Bellefleur se présente pour la liste Défendre et accompagner les Français d’Allemagne – ASFE.

Anoucheh BellefleurAnoucheh Bellefleur
Écrit par Nicolas Ghandour
Publié le 7 mai 2026

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ? 

Je suis installée à Francfort depuis cinq ans, où j'ai fondé ma famille. Mes deux enfants sont nés ici, en Allemagne, et l'un d'eux est déjà scolarisé au Lycée français de Francfort, donc je vis vraiment de l'intérieur les réalités de notre communauté.

Professionnellement, j'occupe un poste de management dans une entreprise allemande spécialisée dans la transition énergétique. Je travaille entièrement en allemand, ce qui m'a permis de maîtriser les deux côtés des démarches administratives et de mesurer concrètement à quel point elles peuvent être complexes pour certains de nos compatriotes.

En fait, mon engagement a commencé très naturellement : j'ai d'abord aidé des amis, des collègues français autour de moi qui ne parlaient pas allemand, à naviguer dans leurs démarches administratives. Et j'ai réalisé que le besoin était réel, et que je pouvais vraiment apporter quelque chose. C'est comme ça que j'ai été en contact avec l'ASFE, qui m'a proposé d'être tête de liste, et j'ai accepté, parce que c'était pour moi l'occasion d'aider encore plus de personnes et d'avoir un impact plus large.

C'est cette expérience concrète le travail, la scolarisation, les démarches du quotidien, que je mets au service des Français de la circonscription de Francfort, Sarrebruck & Düsseldorf, de manière accessible et transpartisane.

 

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ? 

Être conseiller des Français de l'étranger, c'est un peu comme être le délégué de classe des Français établis hors de France : on n'impose rien, on relaie, on remonte les besoins du terrain et on défend les intérêts collectifs. Nous ne nous interposons pas entre les Français et leurs institutions, mais nous travaillons main dans la main avec le consulat, avec lequel nous sommes consultés sur des sujets essentiels : les bourses scolaires, les aides sociales, la sécurité de la communauté, ou encore la politique culturelle et éducative locale.

Nous jouons aussi un rôle de lien avec les sénateurs des Français de l'étranger, qui, grâce à nos remontées, peuvent défendre ces enjeux dans l'hémicycle. Enfin, nous faisons partie d'un réseau mondial d'élus de l'étranger, un espace d'échanges et de bonnes pratiques qui permet de trouver ensemble des solutions concrètes aux défis communs des expatriés.

 

 

Comment avez-vous constitué votre liste ? 

Mon premier critère, c'était la diversité. Je voulais des profils les plus variés possible : des actifs, des personnes sans emploi salarié, des jeunes, des moins jeunes, des gens avec enfants ou sans, installés dans les grandes villes mais aussi dans des villages de la circonscription. Et sur ce point, j'en suis fiere : la plupart de mes colistiers sont installés en Allemagne depuis bien plus longtemps que moi. C'est une vraie richesse.

Mais ce qui m'importait autant que les profils, c'était l'état d'esprit. Je ne voulais pas de personnes qui arrivent avec une idéologie ou des priorités déjà toutes faites. Je voulais des gens prêts à jouer le jeu : se rendre disponibles pendant six ans, écouter le terrain, et la capacité à travailler avec tous les bords politiques. D'ailleurs, les autres listes, plus politisées, nous critiquent parfois pour cela, comme si ne pas afficher d'idéologie nous enlevait une colonne vertébrale. Mais nous sommes tous convaincus du contraire : ce qui compte, ce n'est pas d'avoir des convictions idéologiques, c'est d'avoir la capacité à se mettre au service des autres et à faire bouger les choses concrètement.

Nous sommes des conseillers. Notre rôle, c'est de refléter les besoins et les opinions des Français sur place, pas d'importer un clivage gauche/droite franco-français en Allemagne. Ce serait stérile. Ce qu'il faut ici, c'est un esprit pragmatique, collaboratif, non jugeant, et la volonté de trouver les compromis qui permettent à ce collège d'élus de fonctionner vite et bien.

 

Pourquoi est-il important pour les Français de l'étranger de prendre part à ces élections consulaires ?

Nous avons la chance, en tant que Français de l'étranger, de bénéficier d'une représentation politique et citoyenne unique au monde. Peu de pays offrent à leurs expatriés un cadre aussi complet : des élus de terrain, un ministère dédié, un ministre chargé de la Francophonie, et des sénateurs représentant directement les Français établis hors de France. C'est un véritable partenariat entre la République et ses citoyens à l'étranger, une manière concrète d'associer les Français hors de France aux grandes décisions nationales et à la vitalité démocratique du pays.

Ces élections sont aussi l'occasion de donner une orientation politique à cette représentation locale. Chaque liste porte ses priorités et sa vision de l'action à mener. À l'ASFE, notre force est d'être transpartisane : nous abordons les sujets non pas selon une idéologie, mais selon leur impact concret et leur pertinence pour la majorité des Français de notre circonscription.

Cette approche est essentielle : les conseillers ne sont qu'une poignée par circonscription et doivent être capables de coopérer efficacement, au‑delà des clivages politiques. Nous voulons rompre avec les blocages du passé : notre conviction, c'est que nous sommes tous dans le même bateau, et que c'est en ramant ensemble, dans un esprit de dialogue et de pragmatisme, que nous pourrons vraiment servir les Français de l'étranger.

 

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

Honnêtement, il y en a plusieurs qui reviennent systématiquement, et ils sont souvent liés.

La complexité administrative, d'abord. S'installer en Allemagne, c'est naviguer entre l'Anmeldung, le système fiscal, les assurances, autant de démarches qui ne s'improvisent pas. Pour ceux qui ne maîtrisent pas l'allemand, c'est un vrai parcours du combattant.

La fiscalité franco-allemande ensuite, qui génère beaucoup d'inquiétude : selon la nature des revenus (notamment les revenus locatifs, de pension française, du télétravail en fonction du temps de présence effective dans chaque pays), on peut se retrouver à devoir déclarer dans les deux pays sans y être préparé du tout.

Le logement est aussi une vraie tension, surtout à Francfort : marché tendu, nombreux justificatifs exigés, et pour un nouvel arrivant sans historique bancaire allemand, c'est souvent une très mauvaise surprise.

Et enfin la scolarisation, enjeu central pour les familles. Les frais du lycée français sont élevés, les bourses existent mais les procédures sont complexes et pas toujours faciles à comprendre.

Derrière tout cela, il y a toute la place pour un travail d'information et d'accompagnement. C'est précisément ce que je veux apporter : pas de grandes promesses, mais une disponibilité concrète et une connaissance des deux systèmes.

 

 

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