

Retour en page d'accueil - Découvrez nos autres articles
Avec ?500 Years of French Passion for Shoes?, Anne Camilli signe sa sixième exposition à Hong Kong et cinq ans de collaboration avec le French May. De l'histoire du rouge à lèvres aux origines des parfums, en passant par les accessoires de la petite robe noire, cette collectionneuse insatiable nous propose jusqu'au 24 mai à Pacific Place, un véritable défilé de cothurnes, ballerines et autres stilettos, en collaboration avec la Fédération française de la chaussure et le musée de la chaussure de Romans-sur-Isère.
Pointure d'une collection
Anne Camilli a ressenti les premiers symptômes de la collectionnite au temps de sa carrière dans la parfumerie française. L'émulation avec un de ses amis collectionneurs a fait le reste : l'envie de posséder quelques beaux objets est vite devenue une passion dévorante. Ses premiers trésors sont des héritages familiaux liés au monde des parfumeurs, comme une marmotte, (ou mallette), garnie de ses flacons d'huiles essentielles datant du XIXème siècle. Mais Anne se passionne surtout pour les flacons du XVIIIème, et particulièrement pour les fioles ouvragées en forme de goutte, pièces uniques d'un temps où les marques et l'industrie n'existaient pas encore.
Très vite, la collectionneuse passe des parfums au monde plus vaste des objets de beauté, acquérant notamment, en 2014, une boite à mouches avec roussette, datant du XVIIIème siècle, ornée d'un portrait de femme aux traits empruntés à ceux de Marie-Antoinette. La Française s'intéresse également aux accessoires de mode et l'exposition de Hong Kong consacrée à la petite robe noire en 2014 n'a fait qu'accentuer ce nouvel attrait. Cette année, la pièce majeure de ses collections est une paire d'escarpins en daim gris perle surmontées d'ailes en référence au dieu Hermès, créée par la designer Andrée Putman pour la maison Charles Jourdan en 1992.
250 modèles exposés de la Renaissance à nos jours
Avec plus de 250 modèles exposés, les vitrines éphémères de Pacific Place offrent jusqu'au 24 mai un précipité d'histoire de la mode européenne de la Renaissance à nos jours. Si en matière de chaussures, la créativité et l'inventivité sont aujourd'hui davantage au service des femmes, elles se sont longtemps exercées à destination des hommes, seuls autorisés à exposer leurs jambes. Des chausses médiévales aux longues pointes fuselées à la chaussure à talons rouges des courtisans lancée par le roi Soleil, c'est le pied masculin qui est d'abord mis en valeur, bien avant le peton féminin. Ces dames néanmoins ne sont pas en reste : elles se juchent tantôt sur des pantoufles ou des mules hautes, tantôt sur des socques à la mode vénitienne, ancêtres des « platform shoes », avant de s'accaparer définitivement le talon au cours du XIXème siècle, après un bref engouement pour la ballerine popularisée par Joséphine de Bauharnais.

Sur les talons du commissaire d'exposition
Bien qu'Anne Camilli, avec dix projets à son actif, soit aujourd'hui un commissaire d'exposition reconnu, à laquelle les musées acceptent de confier des pièces, le montage d'une exposition de cette envergure reste pour elle une véritable gageure.
Les conditions climatiques hongkongaises ne sont en effet pas faites pour rassurer les institutions qui veillent jalousement à la conservation et aux conditions d'exposition des ?uvres prêtées. Elles sont d'autant plus strictes qu'en matière de chaussure, la restauration est impuissante à réparer les dommages causés par une lumière trop agressive ou les particules de moisissures générées par l'humidité. Les précautions à prendre sont donc multiples et l'aide apportée par les équipes du musée de Romans et la Fédération française de la chaussure est d'autant plus précieuse.
Depuis 2006, le véritable objectif d'Anne Camilli et l'agence culturelle qu'elle préside est de proposer une vitrine des savoir-faire et des métiers traditionnels français comme le travail du cuir, la broderie, l'horlogerie ou encore l'orfèvrerie. Son concept de « Musée à la carte », axe majeur de ses projets et point d'orgue de ses collections, a pour ambition d'offrir une véritable ambassade itinérante aux ateliers du luxe de l'Hexagone.
Mathilde Rondouin (www.lepetitjournal.com/hong-kong) vendredi 15 mai 2015
|
Infos pratiques: Exposition ?500 Years of French Passion for Shoes? Lire également: PHOTOGRAPHIE ? "Le contraste entre passé et présent est une valeur fondamentale de Hong Kong" |




































