Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
Avec la crise, le budget voyage est l'un des premiers postes financiers sacrifiés par les entreprises. Les hommes d'affaires voyagent donc moins, moins cher et moins longtemps. Mais cette chasse au gaspillage a aussi pour conséquence l'augmentation des déplacements express, un rythme éprouvant qui pourrait à terme dégrader les performances des salariés
(photo AFP) Signe des temps, les hommes d'affaires, autrefois habitués aux vols en business et aux grands hôtels, sont contraints de délaisser ce confort pour se retrouver en éco. D'après une étude réalisée en 2009 par Mondial Assistance et DéplacementsPros.com auprès de 731 voyageurs d'affaires, les déplacements ont été réduits de 28% en moyenne dans les entreprises françaises. Ce chiffre est comparable aux marchés américain et allemand. On remarque aussi le recours de plus en plus fréquent à la vidéoconférence chez 14% des sondés (contre 6 % en 2008), qui permet d'organiser des réunions sans qu'aucun des participants n'ait à quitter son bureau. Une tendance qu'Olivier, expatrié à Athènes, souhaite voir se développer : "Je voyage souvent pour affaires?. et malheureusement quelquefois sous la contrainte. A mon avis un bon tiers de ces voyages sont occasionnés par des réunions pas forcement justifiées et pourraient aisément être remplacés par une conférence téléphonique ou encore mieux une visioconférence. Mais mes partenaires et collaborateurs partagent rarement mon opinion sur le sujet et il est souvent difficile d'échapper à la rencontre physique, en chair et en os, contact qui prévaut encore beaucoup dans les pays du sud de l'Europe et du Moyen-Orient."
Dégradation des conditions de voyages? et des performances ? On voyage moins et les conditions de voyages se dégradent ; 68% des personnes interrogées le ressentent. Les budgets alloués aux déplacements sont réduits alors les voyageurs descendent en catégorie. Les compagnies aériennes font aussi des aménagements qui ne sont pas toujours du goût de leurs clients. Pour Eric, d'Athènes, "mes conditions de voyage seraient demeurées stables si les compagnies aériennes ne réduisaient pas, quasi toutes, l'espace entre les rangées de sièges. Mesurant 191 cm, je dois ruser pour tenter d'obtenir des sièges au niveau des sorties de secours." Fatalistes, les hommes et femmes d'affaires sont conscients que la crise a modifié durablement leur façon de voyager ; de telles économies sont peut-être définitivement ancrées dans les m?urs des entreprises. Mais passer de la business class à la classe économique peut être bien accepté, comme pour François, de Varsovie : "Sur les vols intra européens, la classe d'affaires n'amène strictement rien. Elle est plus coûteuse pour un confort équivalent voire inférieur : il peut aussi y avoir un voisin à côté, le plateau repas ne fait pas la différence (de facto, il est bien plus mauvais que le sandwich payant, mais peu coûteux, que proposera n'importe quel low cost). Parfois, il n'est possible ni d'allonger les jambes sous le siège avant, ni de placer ses bagages sous ce siège".
Plus de fatigue et de stress La dégradation des conditions de voyage n'est pas sans inconvénient et peut avoir un impact sur la productivité des salariés. "Au-delà de trois ou quatre heures de vol, la classe éco n'est pas assez confortable. Les entreprises prennent un risque à faire voyager leurs salariés dans ces conditions et à dégrader ainsi leur performance", juge Bruno Mounier, directeur des ventes de Carlson Wagonlit Travel France. Pour Olivier, voyager en éco est synonyme de "temps morts, files d'attente, stress, et par-dessus tout pas plus de 5 mm2 pour étaler ses cahiers dans la cabine en espérant mettre a profit le temps de voyage. Alors pour tout voyage justifié, vive la business class !" Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com) lundi 8 mars 2010
Moins de nuitées à l'hôtel Finis les séjours dans les hôtels 4 étoiles au bout du monde, l'heure est à la discrétion : en 2009, les entreprises ont opté pour de l'évènementiel moins ostentatoire et des destinations moins exotiques. Dans l'hôtellerie aussi donc, on réduit la voilure. On assiste même à la multiplication des "One day trips", ces voyages d'un jour qui permettent d'économiser la nuit d'hôtel, en hausse de 18% en un an. Les voyages express d'un jour, où le voyageur se lève parfois à 4 heures du matin pour regagner son domicile à minuit, sont éprouvants. Besoin de récupération, cycles de sommeil perturbés,? autant de stress supplémentaire pour les salariés. MPP. (www.lepetitjournal.com) 8 mars 2010
photo Air France "Premium Voyageur", l'arme anticrise d'Air France : Confrontée à des classes affaires désertées à l'automne, Air France a lancé une classe business bon marché d'abord mise en service sur la liaison Paris-New-York puis sur les vols vers Tokyo, Singapour, et Pékin. En 2011, cet espace sera généralisé sur tous les vols long-courriers. Les passagers de cette nouvelle classe disposent de 40% d'espace supplémentaire, d'un fauteuil large de 48 cm s'inclinant à 123°, doté d'accoudoirs en cur et d'une coque fixe pour préserver l'espace et l'intimité de chacun (près d'un mètre sépare les fauteuils). Question confort, les clients profiteront des prestations de la business class, mais la restauration sera celle de la classe éco. D'autres compagnies comme British Airways, Qantas, Air New Zealand, All Nippon Airways, Japan Airlines, SAS, Eva Air ou Virgin ont également recours à cette formule. Reste à savoir si, en contrepartie, la cabine éco ne va pas aussi subir des transformations? vers des sièges encore plus petits! MPP. (www.lepetitjournal.com) 8 mars 2010
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