ST VALENTIN / Coups de foudre à Dublin

Par Lepetitjournal Dublin | Publié le 15/02/2016 à 10:18 | Mis à jour le 19/09/2022 à 18:29
couple

 

Il est vrai, Dublin n'a pas une réputation de ville romantique dans l'imaginaire collectif. L'agitation des pubs, la bière et le football gaélique viennent plus facilement à l'esprit lorsque l'on pense à la capitale irlandaise, et pourtant ! Les ponts de la Liffey, le charme des porches colorés... la ville est le théâtre de belles histoires d'amour et nos expats sont là pour en témoigner.

En tant que Français à Dublin, nous sommes tous tombés amoureux d'un pays. D'un pays oui, et parfois aussi des Irlandais.e.s ! Trouver sa moitié dans son pays d'adoption, n'est-ce pas un signe décisif d'une intégration réussie ?

 

 


Français et Irlandais ont entretenu une longue entente et ont tissé un lien spécial à travers l'Histoire. Aujourd'hui on peut le voir, ce sont deux nations qui s'apprécient.
Ce n'est pas un hasard si de nombreux couples Franco-Irlandais se sont formés.

Nous sommes allés à la rencontre de ces amoureux transnationaux pour mieux comprendre les raisons de cette attirance mutuelle, les difficultés et les clés de la réussite de leurs histoires.

Mathilde et Daireann

Ils font la paire !

     Ils se sont rencontré sur la toile ou dans un pub. The rest is history. Ils ne se quittent plus et nous expliquent ce qui les séduit chez leur significant other.
    Les raisons de l'attirance sont bien sûr avant tout une question de personnalité, individuelle et indépendante de l'origine. Pourtant, il y a bien des traits assez caractéristiques de l'une ou l'autre nationalité qui ont particulièrement séduit nos amoureux.
Les Irlandais interrogés citent la classe de nos Frenchies, l'esprit ainsi que l'assurance de leur partenaire ( certains regrettent le caractère parfois trop timide de leurs concitoyens) et, leur irrésistible accent, et bien sûr, leur habileté en cuisine !
Les Français ventent les qualités sociales de leur partenaire. Easy-going, spontanés, social, les Irlandais sont des partenaires avec qui il est possible de vivre une vie de couple tout en gardant une vie sociale active. Etienne nous dit d'Orla qu'elle « parle à tout le monde », et salue son ouverture à l'autre.  Anne nous confie qu'elle trouve les Irlandais « plus doux » que ses précédents petits copains Français, « avec un coeur gros comme ça ».
Mais surtout, ce qui fait la différence, c'est l'optimisme des Irlandais. Etienne nous confie que la joie de vivre et le regard positif de sa compagne vers le futur contrastent avec un pessimisme Français qui lui est lourd. Zoé nous dit d'Edward « ce que j'ai trouvé en lui et que je n'ai jamais trouvé ailleurs, c'est ce carpe diem irlandais, ce côté positif sur la vie. C'était assez rafraîchissant surtout quand on a l'habitude des râleurs français ». C'est également le point de vue de Mathilde « Daireann est pragmatique et ne se prend pas vraiment la tête sauf s'll se passe quelque chose de très très grave, il m'aide à relativiser les choses alors que notre esprit français est plus râleur. » Ce n'est pas Elise qui la contredira : « les Français ont cette tendance à ne jamais être contents, se plaindre tout le temps et les expats en Irlande ne sont pas forcément mieux mais j'aime son côté toujours positif et qui va de l'avant, qui se plaint très peu et qui voit le soleil au-delà des nuages. ».


La barrière de la langue ?

       Nos expatriés ont habituellement un très bon niveau d'anglais, voir bilingue. Parfois leur compagnon parle Français également. Stéphanie et Fabien parlent tous deux couramment les deux langues et en jouent volontiers selon le contexte.

Pourtant, surtout pour les moins á l'aise avec les langues, il peut subsister quelques difficultés a se faire comprendre de l'autre, de ne pas toujours réussir à s'exprimer avec exactitude. Ou la peur de ne pas paraitre sous son meilleur aspect, dépourvus de l'aisance d'une langue natale, parfois incapable de faire des jeux de mots aussi facilement qu'on le voudrait.
Mathilde confesse qu'il est parfois « frustrant de ne pas pouvoir utiliser des expressions françaises pour s'exprimer ». Mais ces difficultés, tous les surmontent.
A force de patience et grâce à une volonté commune de mieux se comprendre, ils parviennent à venir à bout des éventuels écueils, si bien qu'aucun de nos couples interrogés n'a le sentiment qu'ils aient des problèmes pour communiquer. Aidés de leurs cher(e) et tendre, les Français se perfectionnent en anglais. La réciproque est valable mais pas systématique en revanche, et malgré les efforts de leur partenaire pour apprendre la langue de Molière, la barrière de la langue se ressentirait plus à l'égard de la belle -famille française. C'est le désavantage le plus patent de la différence de langue, ce qui n'a pas empêché une excellente intégration de nos amoureux dans la famille de leur âme-s?ur. Orla parvient de mieux en mieux à échanger avec sa famille française, Mathilde traduit pour Daireann.

Certains considèrent cette différence de langue comme une force.  Pour Anne, « même si l'on est très fort dans la langue de l'autre, ce ne sera jamais comme si nous étions natifs. Et garder cela á l'esprit est un atout considérable pour éviter justement les malentendus. Parfois les couples de même langue pensent se comprendre, mais ne parlent pas toujours le même langage... »

Conscients qu'ils ne parlent pas la même langue natale, nos couples semblent porter une attention accrue à leurs échanges et fournir d'avantage d'efforts pour parvenir à une communication de qualité. 

 

Apprendre et s'apprendre

       Culturellement parlant, Français et Irlandais sont fait pour s'entendre. Partage de valeur, un humour qui match (qu'il est bon de pouvoir s'adonner au sarcasme et au cynisme avec sa moitié !).
Il subsiste quelques différences. Des sujets de société. Ou des petites choses. L'heure et la structure des repas. Des références culturelles, des usages différents.  Mathilde a ainsi passé cette année son premier réveillon? au pub. « Etrange », mais « un bon moment ».
Elle nous décrit également comment son compagnon l'a soutenu lors des évènements de Charlie Hebdo « C'était assez compliqué d'expliquer à Daireann pourquoi j'étais autant blessée et touchée. Je lui expliquer que Cabus dessinait dans l'émission de TV qui a bercée notre enfance, que c'était le père d'un artiste que j'adore. Je lui ai expliquer la place de ?Charlie Hebdo? et ?Marianne? dans la construction de ma personnalité d'adulte et le fait que la liberté d'expression est une valeur fondamentale à mes yeux? Malgré que tout ça soit un peu loin pour lui, il a été patient, m'a écoutée et rassurée. ».
C'est bien grâce à leur volonté de mieux apprendre à se connaitre que les couples transnationaux outrepassent leurs différences, s'adaptent et s'adoptent. Daireann a découvert Tryo, et pense avoir « une meilleure compréhension et un intérêt accru pour la culture ?. Orla rêve de France et d'en découvrir toutes les beautés.


Leurs différences, ils les décrivent comme une richesse. Car ils ont des nouvelles choses à s'apprendre, leur relation n'en est que plus excitante et enrichissante mutuellement.

Pour Rory, ?certaines petites différences peuvent être attendrissantes, et d'autres pus gênantes. C'est clairement quelque chose qu'il faut garder à l'esprit de manière bien consciente. Mais en fin de compte, c'est une bonne chose que l'on se fasse connaitre mutuellement tant de choses différentes?.
C'est aussi l'avis de Mathilde « Selon les évènements du moment, on peut avoir des conversations intéressantes autour de sujets de société sur lesquels nos pays n'ont pas les mêmes approches. Je pense au mariage pour tous, à l'avortement ou l'accueil d'émigrés? Finalement, ça demande de la patience dans les deux sens, pour écouter l'autre et essayer de comprendre pourquoi il pense de telle ou telle manière. ».

French, Love, Ireland

     Qu'en est-il désormais, de l'impact de la relation sur l'établissement de l'expatrié en Irlande ?
Pour certains, la volonté de vivre sur l'ile Emeraude était déjà bien établie.
Selon Anne, vivre en couple avec un Irlandais est « en quelques sortes une validation de [son] choix » de faire sa vie en Irlande, ou elle a vécu 9 ans avant de le rencontrer. Mathilde, Elise et Etienne, avaient tous fait le choix de vivre en Irlande avant d'y rencontrer leur âme-soeur, mais leur relation a lourdement ancré leurs valises sur le sol irlandais. Sans Orla, Etienne ne serait peut-être plus ici. S'établir presque définitivement dans un pays qui n'est pas le sien est pour lui une décision difficile à prendre, car « en général, on reste dans une bulle d'expatriés, mais une relation amoureuse te fais réellement t'intégrer ». Faut-il y voir un clin d'?il du destin ? Le couple a vécu un temps dans une maison géorgienne sur Merrion Square, dont la porte était représentée sur un poster qu'Etienne avait affiché dans sa chambre d'adolescent.
Fabien quant à lui, n'aurait tout simplement pas déménagé, s'il n'avait rencontré Stéphanie lors de son séjour universitaire en France. Il l'a suivie pour inverser les rôles, et c'est aussi ce que projette de faire Zoé, Edward l'ayant suivi en France lorsqu'elle est retourné pour des impératifs personnels.

Dans enfants très « moitié »

Nous ne pouvions pas laisser nos amoureux sans évoquer la question des enfants. Ils y pensent bien sûr, ou ils en ont déjà.
Pour Zoé, cela reste un sujet sensible car « comme le mariage car où se marier, ou élever les enfants etc. ». Elever des enfants dans un couple binational peut soulever des interrogations pratiques, des problématiques propres. Comment s'y prendre, comment trouver le bon équilibre?
De leurs réponses, il en ressort une unanime volonté de nos expatriés de transmettre leur héritage, notamment linguistique. Leurs enfants parleront les deux langues, c'est certain, et pour ce faire, chacun leur parlera dans leur langue maternelle.  Anne et Marvin ont choisi de scolariser leur fils au Lycée Français pendant ces deux premières années de maternelle, afin de renforcer son français, avant de le faire basculer dans le système irlandais. Il est très heureux dans son école et l'Irlande offre de belles opportunités d'enseignement pour les enfants de nos couples binationaux. Une raison de plus pour rester.



***


A la suite de ces rencontres avec des couples Franco-irlandais, une conclusion s'impose : Français et Irlandais s'attirent mutuellement et font bon ménage. Ils se ressemblent sur les points essentiels, et se complètent sur d'autres. Leurs différences, ils sont passés outre en apprenant l'un de l'autre. Grace à leur volonté et leur patience, ils ont tissé un lien unique et fort, et ont une vie de couple enrichissante et dynamique.

Avec un terreau favorable, arrosé a la pluie irlandaise, leur relation s'épanouie comme les vertes prairies de l'Eire.

   Nous leur souhaitons tout le bonheur du monde, et une joyeuse St.Valentin


Merci a Anne, Marvin, Fabien, Elise, Roy, Mathilde, Daireann, Etienne, Orla, et Zoé pour leurs réponses.

Marion (www.lepetitjournal.com/dublin), Lundi 15 Février 2016

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