

La plus grande compagnie aérienne européenne en nombre de passagers a annoncé lundi une hausse de 40 % de son bénéfice annuel, légèrement supérieure aux attentes. Elle a toutefois revu à la baisse ses prévisions de revenus liés aux tarifs, en raison des inquiétudes des consommateurs face aux conséquences plus larges de la guerre en Iran.
Le groupe dirigé par Michael O’Leary estime toutefois que les craintes d’une pénurie de kérosène en Europe se sont largement dissipées ces dernières semaines.
Des tarifs estivaux moins dynamiques que prévu
Alors qu’elle anticipait encore récemment une légère hausse des prix pour les mois de juillet et août, Ryanair indique désormais que les tarifs devraient rester globalement stables cet été.
« Nous traversons clairement une période de grande incertitude », a déclaré le patron de Ryanair lors d’une conférence avec des analystes.
Le conflit au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d’Ormuz ont notamment alimenté les inquiétudes des consommateurs et des marchés ces dernières semaines.
« Il y a un peu de nervosité chez les clients », a poursuivi Michael O’Leary. « Nous devons pratiquer quelques réductions de prix pour maintenir les volumes. »
Ryanair prévoit une baisse des tarifs moyens d’un pourcentage à un chiffre, dans la tranche intermédiaire, sur un an pour le trimestre avril-juin, puis des tarifs globalement stables pour la période juillet-septembre.
Le risque de pénurie de carburant quasiment écarté
Malgré ces tensions internationales, Ryanair se veut désormais rassurante concernant l’approvisionnement en carburant pour les vols européens.
« Nous n’avons désormais presque plus aucune inquiétude concernant l’approvisionnement en carburant à travers l’Europe », a affirmé Michael O’Leary.
Le directeur financier du groupe, Neil Sorahan, estime lui aussi que le risque de perturbation des livraisons de kérosène est désormais très faible, y compris après l’été.
Selon Ryanair, les raffineries européennes ont augmenté leur production et diversifié leurs sources d’approvisionnement afin de réduire leur dépendance au pétrole provenant du Golfe.
Les fournisseurs de la compagnie auraient également confirmé cette semaine qu’aucune interruption d’approvisionnement n’était attendue au moins jusqu’à la mi-juillet.
Des coûts toujours sous surveillance
La hausse des prix du pétrole continue néanmoins de représenter un défi pour le secteur aérien.
Ryanair a sécurisé environ 80 % de ses besoins en carburant jusqu’en mars 2027 à un tarif moyen de 67 dollars le baril, bien inférieur aux prix actuels du marché.
Cette stratégie permet de limiter l’impact immédiat de la flambée du pétrole, même si la compagnie reconnaît que ses coûts opérationnels pourraient malgré tout augmenter dans les prochains mois.
Une année record pour Ryanair
Malgré ce contexte plus incertain, Ryanair a enregistré une année historique.
La compagnie a annoncé un bénéfice après impôts de 2,26 milliards d’euros pour son exercice annuel, soit une hausse de 40 % par rapport à l’année précédente.
Son chiffre d’affaires progresse également de 11 %, atteignant 15,54 milliards d’euros.
Ryanair a transporté 208,4 millions de passagers au cours de l’année écoulée, malgré des retards de livraison sur plusieurs avions Boeing 8200.
« Nous avons réalisé une année record, avec un trafic record et des profits records », s’est félicité Michael O’Leary.
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