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La Téranga, l’hospitalité sénégalaise

Par Gaëlle Picut | Publié le 06/02/2019 à 14:15 | Mis à jour le 07/02/2019 à 12:47
Photo : Stéphane Tourné
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« Bienvenu au pays de la Teranga ! ». Tous les toubabs entendent cette phrase en arrivant au Sénégal. En wolof, Teranga vient de "teer/teerul" qui signifie accueillir. Elle désigne les valeurs d’hospitalité, de partage et de solidarité des Sénégalais. Ce terme, fièrement revendiqué, rappelle que le Sénégal a toujours été un lieu de brassage des peuples et des cultures. 

La Teranga est un état d’esprit, un trésor culturel partagé malgré les différences ethniques (wolofs, sérères, toucouleurs, diolas...) et religieuses (islam, christianisme, animisme). Elle exprime la volonté de vivre ensemble de ce peuple hétérogène et de ses différentes communautés .
Cette valeur est transmise très tôt aux enfants, notamment à travers les contes (aujourd’hui le conteur et musicien Souleymene Mbodj en est un bon représentant).

La Teranga, c’est l’accueil de l’autre, le fait de le saluer, de lui proposer de partager un thieboudiene ou un poulet yassa, ou de boire l’ataya (le thé à la menthe sénégalais). Les Sénégalais accordent une haute importance au relationnel, souvent devant le matériel, et ils aiment faire découvrir leurs cultures et leurs traditions aux étrangers.

Historiquement, la société sénégalaise était organisée sur des bases « collectivistes ». Le groupe, la communauté passait avant l’individu. La famille a un sens élargi et c’est sur cette base très large que fonctionnait la Teranga. Par ailleurs, l’étranger doit être non seulement bien accueilli en paroles (l’importance des salutations) mais aussi en actes (gîte et couvert).
Encore aujourd’hui, il n’est pas rare qu’un chauffeur de taxi ou un marchand vous invite chez lui pour célébrer une fête musulmane, rencontrer sa famille ou découvrir son atelier.

Malheureusement, le mot est parfois galvaudé et perd sa valeur initiale. Lorsque la chaleur cède la place à l’insistance. Lorsqu'elle est brandie comme un argument touristique mais sans grande conviction. Ou lorsqu’elle est trop souvent répétée pour ne pas cacher des intentions peu honnêtes. Certains savent en jouer devant le « toubab porte-monnaie ». Si dans les villages et l'arrière-pays, la Teranga est encore très présente et souvent érigée en art de vivre, dans les grandes villes, elle a parfois tendance à s’effriter ou à être dévoyée. Dans la ville grouillante et parfois agressive de Dakar, la Teranga n’est plus toujours aussi facilement perceptible. Mais elle surgit souvent au détour d’un échange ou d’une négociation.

Et après quelques jours ou quelques mois, la Teranga, dans ce qu’elle a de plus spontané et sincère, séduira incontestablement le toubab. Il n’est pas rare qu’au fil du temps, celui-ci perde lui-même un peu de sa réserve occidentale. La Teranga est une incitation à s’ouvrir et à s’intéresser à l’autre. Pratiquée avec sincérité, elle invite, le temps d’une conversation ou d’un repas, à partager son histoire et un morceau d’humanité. Savoir s’ouvrir à la Teranga, et savoir la distinguer de l’insistance d’un guide, d’un taxi arnaqueur, ou d’un marchand trop collant.

Les Sénégalais sont fiers de leur Teranga et n’hésitent pas à employer ce terme aussi bien pour désigner leur équipe nationale de football (les Lions de Teranga) que dans leurs communications. Le célèbre Youssou Ndour lui a consacré une chanson « Tourista ».

La Teranga est un trésor culturel à sauvegarder, un état d’esprit à préserver. Et à partager !

1 Commentaire (s)Réagir
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Oscar jeu 07/02/2019 - 11:22

Top, merci pour cette article qui nous confirme ce que nous en avons entende de ce beau pays et nous conforte dans notre idée d'y aller :)

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