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Alibeta & Baraka Global Arts donnent mille impulsions à l’art dakarois

Par Laure Solé | Publié le 26/02/2019 à 21:00 | Mis à jour le 27/03/2019 à 18:34
Photo : L’artiste sénégalais Alibeta touche-à-tout
Alibeta Ubuntu road dakar global art Senegal

Alibeta, de son vrai nom Saliou Waa Guendoum Sarr, semble déjà avoir vécu plusieurs vies. Musicien, mais aussi comédien, producteur, réalisateur et acteur, vous l’avez peut-être vu dans le film Yao, avec Omar Sy, où il incarnait le rôle du taximan. Retour sur son parcours et son rôle à la tête de Baraka Global Arts, une association organisant cours de danses, séances de cinéma et tremplins de talents à la Maison des Cultures Urbaines de Ouakam.

Pouvez-vous nous raconter vos débuts en tant qu’artiste ?

J’ai commencé la musique à 11-12 ans, influencé par mon grand frère mais je me suis vraiment lancé dedans après avoir passé mon bac. Je faisais du reggae à l’époque. J’ai sorti ma première compilation (Akiboulane) en 2003, mon premier album en 2014… Je me suis développé doucement, à force de travailler avec acharnement.

Parallèlement j’ai toujours fait du théâtre et je me suis spécialisé dans la mise en scène dès le lycée. Puis j’ai réalisé des films comme Masques Démasqués, en 2008, ou Coup de Filet en 2011.

Quel genre de musique composez-vous ?

Je ne crois pas qu’on puisse catégoriser ma musique. Parfois je dis “afro-jazz” pour me débarrasser de la question, mais je ne pense pas que cela définisse bien ce que je fais. Dans ma musique, on peut entendre des influences afro roots mais aussi des chants mandingues ou sérères.

En ce moment, vous faites la tournée internationale de votre dernière création. Pouvez-vous nous en parler un peu ?

Le concert-spectacle s’appelle UBUNTU ROADS. Cela veut dire "Je suis parce que nous sommes". En 2016, j’ai réalisé un documentaire sur l’émigration : Life SAARABA Illegal. J’ai pris la route pour l’Europe en suivant mes cousins. J’ai pris conscience des dangers d’un tel périple, ainsi que du racisme. Cela m’a fait repenser la relation à soi et à l’autre. Ce concert-spectacle en est la continuité. Cette tournée est un projet politique et social qui a vu le jour en plusieurs actes et qui ne cesse d’évoluer. Nous sommes quatre musiciens sur scène et des images sont projetées pendant que nous jouons. C’est une invitation au voyage mais aussi à la réflexion politique sur ce qui nous rassemble.

Votre parcours est très varié : vous avez créé et produit dans de nombreuses disciplines. Sauriez-vous expliquer ce qui vous pousse à faire toutes ces activités ?

Je n’ai pas le sentiment d’avoir fait des choses si différentes et indépendantes les unes des autres, j’ai plus une idée de continuité à l’esprit. C’est un peu comme faire la cuisine (rires), il faut savoir rester attentif à chaque casserole, chaque feu, respecter toutes les temporalités sans brusquer les choses ou s’impatienter. Je ressens le besoin de toujours me diversifier, et je crois que je ne suis pas le seul. C'est cette idée nous a poussés à fonder Baraka Global Arts. Nous ressentions tous le même besoin de décloisonnement dans les arts. À terme, c’est pour penser les spectacles comme des spectacles complets, mêlant musique, danse, théâtre, cinéma…

Comment a été fondé Baraka Global Arts ?

La naissance du collectif Baraka Global Arts date de 2012. Au début il y'avait David Lothamer (pianiste américain), Bocar Cire Sy (bassiste sénégalais), Mamadou dit Diwara (sociologue sénégalais), ainsi que Massaer Diop (comédien) et moi. Nous étions tous musiciens, artistes. Nous étions conscients qu’il fallait faire émerger la scène culturelle locale à Dakar, par nous-mêmes, et pas forcément par l'intermédiaire des instituts culturels étrangers.

Nous avons pensé quelque chose de pluridisciplinaire et de participatif. Et ce, autour de trois axes : la formation, la production ainsi que la diffusion de contenus culturels. Nous avons donc organisé des séances de cinéma, mais aussi des cours de danse et un tremplin musical d’artistes qui s’appelle Kandang. Actuellement Ibaaku, Samira, Sahad, Darky, Dame Kasse, Ablaye Ndiaye... sont très actifs dans l’organisation des événements.

Pouvez-vous nous parler des cours de danse ?

Cela faisait longtemps que nous voulions ouvrir des cours de danse. Nous avons commencé par faire des “open class” gratuites il y a quatre mois. Nous avons observé les envies, ainsi que les niveaux des personnes présentes, puis nous avons planifié les classes en fonction de ces éléments. Il est toujours possible de s’inscrire ! Il y a un peu tous les styles et le public est diversifié, des expatriés comme des sénégalais, de tous âges ! Dans le même temps nous avons mis en chantier Boza, un spectacle sur l’immigration avec les professeurs de danse. “Boza”, c’est le cri de victoire des migrants qui ont réussi à passer de l’autre côté.

Qu’en est-il du tremplin des musiques actuelles Kandang ?

C’est un tremplin de slam, hip-hop, afro-jazz, électro… réunissants artistes débutants comme confirmés. C’est une représentation bimensuelle, toujours à la Maison des Cultures Urbaines de Ouakam. Les artistes que nous avons fait monter sur la scène pour l’instant, ce ne sont que des artistes en lesquels nous croyons beaucoup, avec énormément de talent, comme Sahad and Nataal Patchwork par exemple (entre l'afrobeat, le jazz, et le blues malien), ou bien Sym Sam, artiste d’afro-jazz originaire du Bénin. C’est un show complet avec des artistes qui ont tout pour devenir des artistes de renom international.

Sahad and the nataal patchwork
Sahad and The Nataal Patchwork © Jean Baptiste Joire  

Contacts :
Alibeta
Baraka Global Arts

1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

Dia mohameth mar 05/03/2019 - 01:30

Du courage et bonne continuation. Vous êtes constant. Je me souviens que même au lycée lamine Gueye, tout le monde pouvait deviner que vous seriez un grand artiste au service de son peuple

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