Samedi 28 novembre 2020
Copenhague
Copenhague

Rencontre avec Samuel Vaillant-Jørgensen de la Chambre de Commerce

Par Joëlle Borgida | Publié le 26/10/2020 à 18:10 | Mis à jour le 26/10/2020 à 18:10
Photo : Samuel Vaillant-Jørgensen
Samuel Vaillant-Jørgensen chambre de commerce franco-danoise Danemark France Copenhague

Nous rencontrons Samuel Vaillant-Jørgensen, directeur de la Chambre de Commerce franco-danoise. Arrivé il y a 10 ans au Danemark, il évoque avec nous son parcours et les activités de cette instance.

 

 

Parlez-nous de votre arrivée et de vos débuts au Danemark

Ma femme est d’origine danoise mais elle n’avait jamais vécu au Danemark. Nous venions chaque année au Danemark pour les vacances, le pays me plaisait.

Il y a 10 ans, fatigué de la vie parisienne, de la circulation, j’ai eu envie d’autre chose, de changer de vie, d’avoir un nouveau projet et d’avoir du temps pour profiter de nos 4 enfants.

J’avais depuis longtemps envie de partir à l’étranger, le pays m’importait peu. Un soir, sur notre canapé, j’en ai parlé avec ma femme qui m’a dit OK, si c’est le Danemark !

Nous avons démissionné, vendu notre maison et sommes arrivés en décembre 2010 à Copenhague avec 30cm de neige dans les rues. On a eu 20 cm pendant 3 mois en continu !

Nous ne parlions pas le danois, possédions un anglais scolaire et n’avions pas de travail. Nous nous étions donnés deux ans pour nous lancer car nos économies nous le permettaient.

Ma femme qui était infirmière souhaitait rester dans cette branche et travailler plus particulièrement avec des enfants. La maîtrise du danois était donc obligatoire. Elle a donc commencé par prendre des cours intensifs. Au bout de 6 mois, elle a contacté des infirmières françaises et elle a notamment rencontré une cadre supérieure qui travaille à l’hôpital de Hvidovre. Elle a commencé par travailler grâce à un contrat subventionné qui lui permettait de continuer à apprendre le danois puis elle a été embauchée en CDI et elle est désormais cadre infirmier.

De mon côté, tout en prenant des cours de danois également, j’ai développé une start-up dans le domaine de l’assurance. J’avais raté la bulle internet des années 2000 et j’avais envie de me lancer dans ce type de projet. J’ai rejoint rapidement la Chambre de commerce en tant que membre du board.

Je le dis souvent, mais nous sommes le fruit du réseau français au Danemark qui est petit mais où il y a une vraie entraide. C’est grâce à lui que nous nous sommes intégrés à notre pays d’adoption.

 

La Chambre de Commerce franco-danoise

Elle avait été créée en 1983, c’était plus un business club qui organisait des événements pour que les chefs d’entreprises se rencontrent. Elle a bien fonctionné jusqu’au moment où les réseaux sociaux et notamment LinkedIn ont modifié les façons de réseauter.

Au début des années 2000, le board a pris conscience de la nécessité de changer de modèle ; j’ai intégré à ce moment-là le board avec d’autres « jeunes »  - Samuel m’indique de mettre les guillemets à jeunes - pour justement dynamiser la chambre et apporter du sang neuf, de nouvelles idées.

Les chambres américaine, allemande, anglaise et les autres chambres de commerce françaises dans le monde marchaient bien, il n’y avait pas de raison que cela ne soit pas la cas aussi pour la chambre franco-danoise au Danemark !

De mon côté, cela faisait près de 3 ans que j’avais créé ma start-up, plusieurs options s’offraient à moi et j’ai ainsi proposé de transformer ce business club en une vraie chambre de commerce. Cela s’est fait avec l’aval du fondateur et secrétaire général de la Chambre de l’époque, Rolf Meurs Gerken, et de Anders Torbøl, président de la Chambre et le soutien de l’Ambassade de France et des entreprises françaises.

Le board actuel de la Chambre est constitué principalement de directeurs d’entreprises françaises installées au Danemark mais aussi de l’Ambassadeur de France au Danemark et de l’Ambassadeur du Danemark à Paris. C’est ce board qui décide de la stratégie de la Chambre.

 

Quelles sont les activités de la Chambre de Commerce franco-danoise ?

Il faut savoir que les chambres de commerce françaises en France sont publiques alors que celles à l’étranger sont entièrement privées, nous ne recevons aucune subvention !

La finalité d’une chambre de commerce est de développer les affaires, en l’occurrence ici entre la France et le Danemark.

Nous accompagnons les entreprises françaises installées au Danemark, soit en leur fournissant différents types de services, soit en organisant des événements variés.

Business France, qui est rattaché à l’Ambassade, intervient en amont, avant que les entreprises s’installent, en leur fournissant des études de marché par exemple (mais également en gérant les VIE installés en poste ici).

 

Nous proposons différents services à nos clients :

- Du recrutement de francophones et notamment pour des PME danoises qui cherchent à se développer sur le marché français. Au Danemark, la langue de travail est l’anglais donc il est plus rare qu’une entreprise installée ici cherche à recruter un francophone.

- De la gestion salariale : fiches de paies, déclarations administratives, impôts pour les entreprises françaises installées au DK. Le système danois est très différent du français, nous aidons donc les entreprises dans ce domaine.

- Des formations interculturelles pour les nouveaux arrivants. Nous l’avons fait pour TOTAL et pour Thalès par exemple.

- Nous proposons aussi de l’hébergement d’entreprises françaises : 5 sont actuellement installées dans nos bureaux.

- Nous animons également la communauté d’affaires franco-danoise en organisant des événements.

Toutes les entreprises françaises installées au Danemark sont membres, ce n’est pas une obligation mais elles jouent toutes le jeu et cela représente un réseau très dynamique et solidaire.

Nous organisons des cocktails, des conférences comme sur le thème du développement durable ou des évènements pour présenter des entreprises, des produits comme le dernier modèle Espace de Renault.

Nous organisons aussi la journée des nouveaux arrivants, un diner de gala avec des invités vedettes,  comme la journaliste Stéphanie Surrugue, le Prince Joachim ou Christian Prudhomme, directeur du Tour de France. L’idée est que les membres puissent y inviter leurs salariés, des partenaires ou des clients.

Un tournoi de foot a également lieu chaque année. C’était une vraie demande de nos membres qui avaient besoin d’événements « team building » pour rassembler leurs équipes sous un seul maillot.

 

Nous comptons actuellement 140 membres, une centaine d'entreprises et des membres individuels. Nous avons une base de données de 500 personnes car même si un membre = une entreprise, plusieurs personnes peuvent représenter l’entreprise.

Nous travaillons en très étroite collaboration avec l’Ambassade de France, Business France, Atout France et l’Institut Français.

 

On a une chance incroyable au Danemark car tous ces organismes s’entendent bien, c’est une question de personnes et on travaille tous ensemble, une vraie collaboration main dans la main. 

 

Nous travaillons également actuellement pour développer l’accompagnement des sociétés danoises en France conjointement avec l’Ambassade du Danemark à Paris.

 

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?

Un gros chantier qui est mené depuis 2-3 ans par le président de la Chambre, Anders Torbøl , concerne la convention fiscale - NDLR la convention fiscale France Danemark a été dénoncée il y a une quinzaine d’années par le Danemark -. Il organise des réunions avec des entreprises françaises et danoises et travaille avec l’Ambassade.

 

On est assez confiant et on espère que d’ici quelques mois cela aboutisse et que l’on voit le bout du tunnel.

 

Nous sommes par ailleurs très occupés par nos activités quotidiennes mais essayons de coller à l’actualité.

Le Tour de France va en effet être une événement majeur au Danemark , il va falloir que l’on y travaille jusque l’été 2022 pour profiter de la manne que constitue ce type de manifestation.

Les JO 2024 de Paris sont aussi importants car nous accompagnons les entreprises danoises qui souhaitent développer du business en France à cette occasion. Nous travaillons en partenariat avec l’Ambassade du Danemark à Paris et avec la société Solideo. Un webinar aura lieu dans 15 jours.

 

La période n’est évidemment pas facile car une de nos activités principales est de monter des événements. Nous avons déjà dû reporter 2 fois une manifestation sur le thème de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) et la journée des nouveaux arrivants 2020 a dû être annulée.

Nous proposons bien des webinars mais cela ne remplace pas les réunions physiques. Il y a un vrai besoin de la communauté d’affaires de se rencontrer et de réseauter. D’ailleurs, dès que nous organisons des événements en petit comité les places partent vite !

 

Nous sommes une jeune chambre de commerce, comparée à nos homologues, par exemple à celle de Norvège qui fête ses 100 ans. Nous nous portons bien mais nous souhaitons la développer encore fortement dans les prochaines années et faire grandir ce bébé.

 

Nous avançons grâce aux soutiens des entreprises françaises et danoises.

 

Nous remercions Samuel Vaillant-Jørgensen de nous avoir accordé cet entretien.

 

 

 

Nous vous recommandons

joelle borgida

Joëlle Borgida

J’ai vécu dans huit pays ces vingt dernières années. Désormais installée à Copenhague, j'ai envie de partager mes découvertes danoises.
0 Commentaire (s)Réagir

Vivre à Copenhague

CHRONIQUE

Le journal du rédacteur, second feuillet

Clément, un de nos contributeurs à lepetitjournal.com/copenhague vous propose chaque semaine un rendez-vous dans un carnet de bord semi fictif d’un Français au pays du grand Søren. Second feuillet

Communauté

CHRONIQUE

Le journal du rédacteur, second feuillet

Clément, un de nos contributeurs à lepetitjournal.com/copenhague vous propose chaque semaine un rendez-vous dans un carnet de bord semi fictif d’un Français au pays du grand Søren. Second feuillet

Que faire à Copenhague ?

BONNES ADRESSES

Envie d'une raclette à Copenhague ?

Le Danemark n'est pas connu pour ses reliefs mais son climat peut justifier une envie de raclette. Reste à trouver appareil et fromage, lepetitjournal.com/copenhague vous met sur la piste !

Expat Mag

Nouvelle-Calédonie Appercu
SPORT

Wind-Surf : Sarah Hauser entre au Guinness World Records

La windsurfeuse Calédonienne Sarah Hauser entre au Guinness World Records pour la plus haute vague wind-surfée par une femme à 10,97 mètres de haut à Haiku, Hawaï, USA le 31 Décembre 2019.