Alors que le Danemark avait fait le choix de la numérisation précoce avant de revenir progressivement sur sa décision, une nouvelle étude publiée par le quotidien Berlingske révèle un effondrement du taux d'équipement en téléphones portables chez les élèves de « 4. klasse » (10-11 ans) à Copenhague.


Des chiffres qui parlent d'eux-mêmes
En l'espace de deux ans, la possession d'un smartphone est passée d'une norme quasi généralisée à une pratique minoritaire dans les foyers de la capitale.
2023 : 71 % des enfants possédaient leur propre téléphone.
2024 : 60 %.
2025 : 46 %.
Cette chute de 25 points en 24 mois suggère une prise de conscience collective des parents et des actions mises en place, probablement influencées par les débats nationaux sur la santé mentale des jeunes et l'impact des réseaux sociaux.
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Le bien-être avant la connectivité
Cette tendance est accueillie avec un enthousiasme non dissimulé par Rasmus Meyer, président de la Commission du bien-être. Ce dernier, qui a présenté ces chiffres aux élus municipaux, y voit une victoire pour la santé publique.
« Nous savons que l'utilisation excessive des écrans est directement liée à une dégradation de la qualité du sommeil et à des difficultés de concentration majeures en classe », a-t-il rappelé.
Pour la Commission, le message est clair : l'enfance doit être protégée des sollicitations permanentes du monde numérique. Elle préconise d'ailleurs d'attendre l'âge de 13 ans avant d'offrir un premier smartphone aux jeunes.
Vers une nouvelle norme sociale ?
Si Copenhague montre l'exemple, reste à savoir si cette tendance va se généraliser au reste du pays. Jusqu'ici, le téléphone était souvent perçu comme un outil de sécurité pour les parents souhaitant joindre leurs enfants qui, au Danemark, disposent d'une autonomie assez tôt dans leurs déplacements (retour d'école, activités périscolaires, club, mais aussi moment entre amis).
Aujourd'hui, il semble que le prix à payer — le manque de sommeil et l'anxiété liée aux écrans — soit jugé trop élevé par les familles de la municipalité.
La question n'est plus de savoir "quand" l'enfant aura son téléphone, mais plutôt "pourquoi" il en aurait besoin si tôt.
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