La saison des “drumsticks” bat son plein en Inde

Par Annick Jourdaine | Publié le 20/09/2022 à 01:00 | Mis à jour le 20/09/2022 à 01:00
Un cageot de drumsticks et l'arbre de moringa dont ils sont issus

Depuis quelques jours, les étals de légumes regorgent de « drumsticks, ces longs et fins bâtons verts, gonflés de graines. En effet, à la fin de l’été, les fruits des moringa sont murs, prêts à enrichir les plats traditionnels du Sud, en particulier les Sambhar, ces soupes acidulées de lentilles et de légumes.

 

un bol de sambhar soupe du sud de l'Inde

 

 

Les drumsticks, les gousses du Moringa oleifera

Les drumsticks sont les gousses produites par les Moringa oleifera, nom botanique provenant de la dénomination tamoule Murungai. Le moringa est un petit arbre, qui peut néanmoins atteindre dix mètres, résistant à la sécheresse et de croissance très rapide (3 à 6 mois pour récolter les feuilles et 1 an et demi pour les fruits).

 

Le feuillage du moringa

 

Le moringa, une plante « miracle »

Tout est exploitable dans le moringa : ses fruits, ses feuilles, son écorce (recouverte de liège).

Au-delà de l’intérêt culinaire de ses gousses, ses feuilles en particulier ont une très grande valeur nutritive. Elles sont riches en vitamines, minéraux et protéines (2 fois plus de protéines que dans le lait). Certaines ONG, mobilisées sur les questions alimentaires, bâtissent des plans de lutte contre la malnutrition à partir des produits du moringa. 

La médecine ayurvédique l’intègre souvent à ses traitements.  

Des études montrent que le moringa aurait des effets thérapeutiques contre le diabète et des propriétés antivirales et antibactériennes.  On lui attribue également un pouvoir amaigrissant et stimulant pour la sexualité masculine. 

Enfin, le moringa est utilisé comme cosmétique anti-âge.  

 

Un gel douche à base de moringa

 

La production du moringa en fort développement dans le Tamil Nadu

L'Inde est le premier producteur au monde de moringa. Trois états se partagent la grande majorité de la production : l'Andhra Pradesh, le Tamil Nadu et le Karnataka. 

Traditionnellement, les fermes d’élevage du Tamil Nadu possédaient leurs arbres de moringa, plantés autour des étables ou comme haies pour protéger du vent. 

Depuis le début des années quatre-vingt-dix, sous l’impulsion d’organisations professionnelles, des agriculteurs du centre et de l’ouest de l’état se sont mis à cultiver le moringa pour ses feuilles et ses gousses.

La variété indigène du Tamil Nadu est celle qui est la plus demandée pour sa haute valeur nutritive ; par ailleurs, elle s’adapte facilement à toutes les conditions climatiques. Ainsi, certains producteurs de bananes, confrontés aux problèmes récurrents de sécheresse, ont-ils abandonné la banane au profit du moringa, beaucoup moins exigeant en eau. 

La région de Tarur près de Coimbatore est aujourd’hui l’épicentre de la culture de moringa dans le Tamil Nadu. On y compte cette année 3 000 hectares plantés. 

 

Le moringa, un des produits exportés par l'Inde

Petit à petit, certains agriculteurs tentent de mieux valoriser la production en transformant une partie des feuilles pour en faire de la poudre. La marge dégagée est beaucoup plus importante. 

 

Poudre obtenue en pressant les feuilles de moringa

 

 

Les groupements de producteurs s’organisent pour négocier des marchés à l’exportation car la demande internationale est forte. Le ministre de l’agriculture du Tamil Nadu a récemment déclaré que "parmi divers produits agricoles locaux, le moringa a un énorme potentiel d’exportation que l’état a décidé de soutenir"

Le marché s’ouvre en Amérique du Nord, en Europe, dans les pays du Golfe et en Chine.

 

Les Etats Unis sont demandeurs de poudre et capsules pour les régimes amaigrissants ; les consommateurs chinois recherchent les préparations à base d’huile et de graines de moringa, jugées aphrodisiaques. 

Les produits transformés sont nombreux : compléments alimentaires sous forme de poudre / thé enrichi au moringa / chocolats, gâteaux, jus au moringa / capsules vendues en pharmacie / aliments pour animaux...

 

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annick jourdaine

Annick Jourdaine

Annick vit à Chennai depuis septembre 2019. L'écriture est pour elle le moyen de prendre du recul et de digérer les émotions que ses yeux et oreilles grand ouverts sur le monde indien provoquent.
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