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#Masaktach, le mouvement #MeToo au Maroc

Par Déborah Collet | Publié le 27/02/2020 à 17:02 | Mis à jour le 27/02/2020 à 17:34
Maroc #Masaktach Liberté Sexuelle

La parole des femmes marocaines commence à se libérer grâce à l’apparition de collectifs populaires très présents sur les réseaux sociaux. Au Maroc, 54,4 % des femmes ont déjà été victimes de violences et seulement 6,6 % d’entre elles, ont porté plainte. Ces agressions sont pour 15 % des violences physiques.

 

#Masaktach, le hashtag contre les violences sexuelles

En 2018, est né le collectif Masaktach, un collectif de femmes et d’hommes, qui pointe du doigt la culture du viol et la violence quotidienne subie par des milliers de femmes au Maroc. Le hashtag "Masaktach" qui signifie "Je ne me tairai pas" incite les femmes à témoigner anonymement. Le collectif veut convaincre les autorités marocaines à supprimer l’article 490 du code pénal punissant les actes sexuels hors mariage. 

 

En août 2018, a éclaté au grand jour l’affaire Khadija, une fille âgée de 17 ans, victime de kidnapping, séquestration, viol par une dizaine d’hommes à Oulad Ayah. Ces violences auraient duré deux mois selon le témoignage de la jeune fille dans une vidéo virale. Les coupables âgés de 19 à 29 ans, ont été jugés pour "traite d’être humain, viol, constitution de bande organisée, enlèvement et séquestration".

 

Depuis le 10 février, le collectif Masaktach appelle les femmes à témoigner "Dénoncez ces prédateurs qui agissent impunément, confortés par votre silence. Vous n’êtes pas seules". Cette campagne intervient après des événements troublants qui se sont déroulés sur le territoire marocain comme la plainte pour viol d’une journaliste française.

 

Le collectif 490, la liberté sexuelle au Maroc

Le collectif 490, fondé par l’écrivaine Leila Slimani et la réalisatrice Sonia Terrab se bat contre le code pénal marocain qui punit "d’emprisonnement d’un mois à un an toutes personnes de sexe différent qui, n’étant pas unies par les liens du mariage, ont entre elles des relations sexuelles". 

 

Au total, 490 femmes et hommes ont choisi d’écrire une pétition à la suite de l’arrestation de la journaliste Hajar Raissouni. La femme a été détenue au Maroc pour avortement illégal. En ligne, 10 000 signatures et plusieurs témoignages d’hommes et femmes "hors la loi" avaient été recueillis par le collectif. Depuis, la journaliste a été graciée par le roi du Maroc, mais témoigne "J’ai été humiliée en tant que journaliste, mais aussi en tant que femme". 

 

Au Maroc, l’article 453 du code pénal sanctionne l’avortement sauf dans le cas où la vie de la mère est en danger. La loi peut administrer une peine de deux ans de prison pour une femme qui se fait avorter et de un à cinq ans pour quiconque pratiquant un avortement sur autrui.

 

Les représentants du collectif, Leïla Slimani, Sonia Terrab et Karima Nadir ont  reçu le Prix Simone-de-Beauvoir pour la Liberté des femmes 2020.

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Déborah Collet

Spécialisée en communication et dans les relations médias, elle est aujourd’hui journaliste au sein de la rédaction internationale.
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