MORT DE LAURENT VALLIER- La communauté française en émoi

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 16/01/2012 à 00:00 | Mis à jour le 05/01/2018 à 08:30

Terrible dénouement pour la famille Vallier, retrouvée dans la voiture du père de famille, à quelques encablures de leur logement, dans la province de Kampong Speu. Sans précédent, le drame émeut la communauté


L'incompréhension, l'horreur et la tristesse ébranlent la communauté française depuis samedi. "Paix à leur âme", se recueille un agriculteur de la région du Mondulkiri. Il ne se risque pas à avancer une explication, même si la question du rôle exact de la belle-famille resurgit : "Il faut déterminer quels étaient leurs rapports, bien sûr. Au Cambodge, Laurent étant un expatrié, sa belle-famille devait compter sur lui. Il faut voir quel était l'accord conclu avec elle, et ce qui a changé lorsqu'elle est décédée".


Cette thèse est cependant controversée parmi les expatriés : "Les Cambodgiens peuvent devenir fous par cupidité, mais de là à commettre une telle folie... Je pense que s'il a eu des soucis avec sa belle-famille, ça a pu le pousser à faire cette folie. J'ai trois enfants dans les mêmes âges, se confie un autre français présent depuis 20 ans au Cambodge. Avec ma femme, on se dit vraiment qu'il faut être fou. Mais a priori, il avait mal, après le décès de sa femme..."


Les expatriés du Cambodge ont du mal à créditer la thèse d'une vengeance ou d'un assassinat. Le classique choc culturel est également avancé comme un élément d'explication par cette responsable de complexe hôtelier à Kampong Thom : "Ce n'est pas facile de vivre dans une culture différente, rappelle t-elle. Il aimait son mode de vie, mais on ne devient jamais khmer."

Solitaire, il restait discret sur ses activités
Les mystères entourant la vie de Laurent Vallier ces dernières années sont nombreux. Il revend l'hôtel Le Bout du Monde à Kep il y a 9 ans environ, selon la nouvelle propriétaire de l'établissement, qui n'a pas reçu d'explication. Une hôtelière de Kampong Thom à qui il est arrivé de croiser Laurent Vallier témoigne : "C'est une explication purement personnelle, mais Laurent recherchait la solitude. Quand il a ouvert à Kep, il était le seul. Et puis Kep s'est développée, la Veranda s'est ouverte au pied de son établissement... Laurent était quelqu'un d'intéressant et de charmant, mais dîner avec les clients, ce n'était pas trop son truc..."


Il s'était ensuite installé dans la région de Kampong Speu. Selon les médias, il y exerçait une activité de guide touristique dans la région où il résidait, pour d'autres, il exerçait à Battambang. Les sources de ses revenus demeurent obscures : "Apparemment, il avait quitté Kep pour se lancer dans des plantations. Pour faire de l'agriculture, peut-être ?" se demande l'hôtelière. Selon plusieurs sources, Laurent Vallier n'avait pas exactement le profil d'un guide : "J'ai du mal à le voir guide touristique, confie ce français au Cambodge de longue date. C'était quelqu'un d'assez renfermé, il ne parlait pas facilement aux gens. Je l'avais revu il y a quelques années, ensuite on m'a dit qu'il était devenu éleveur de porcs. Je trouvais ça plus logique."

Au Cambodge, ces dix dernières années, quelques assassinats ont eu lieu, souvent dans des circonstances étranges. Un drame familial d'une telle ampleur et dans de telles circonstances reste cependant sans précédent. Quelques jours après la terrible découverte, si les questions restent nombreuses, c'est la tristesse qui prévaut : " C'est une histoire épouvantable...", "Il n'y a pas de mot", concluent les expatriés.  

Laure Delacloche (www.lepetitjournal.com/cambodge) Lundi 16 janvier 2012

Lire aussi l'article du Lundi 16 janvier 2012 : MORT DE LAURENT VALLIER- Vers la thèse de l'assassinat ?

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Raphael Ferry

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