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Le braquage du siècle : l’histoire du casse argentin qui a inspiré La Casa de Papel

Par Thibault Segalard | Publié le 08/09/2021 à 17:45 | Mis à jour le 09/09/2021 à 14:13
Photo : Diego Peretti dans "Le Braquage du siècle" de Ariel Winograd (2021). (EUROZOOM)
Image tirée du film : "Le braquage du siecle"

Sorti le mercredi 8 décembre dans les salles obscures françaises, «Le braquage du siècle » du réalisateur argentin Ariel Winograd, met en scène un braquage de légende qui a marqué l’Argentine en 2006. Une histoire qui a inspiré la série à succès « La Casa de Papel ».

 

 

Ariel Winograd revient pour son 9ème long métrage avec un film inspiré de l’un des plus célèbres braquages d’Argentine. Un casse qui pourrait rappeler celui d’Albert Spaggiari le 18 juillet 1976 à Nice. Intitulé « El robo del siglo » en espagnol, le film met en scène, l’histoire vraie, d’une attaque de banque orchestrée par une bande de 6 voleurs un peu espiègles, mené par Fernando Araujo alias « El Maestro ».

Bien qu’il ne s’agisse ni du casse du siècle, ni du film du siècle, Ariel Winograd renoue avec le genre, pourtant éculé des films de braquage. Il réussit même, à l’aide d’une réalisation légère, ironique et minutieuse à nous embarquer dans la Banco Rio à Buenos Aires.

 

« Sans armes, ni rancoeur, on a fait pleurer les coffres pas les coeurs»

Ce sont les mots retrouvés par les policiers après être entrés dans la banque pour arrêter les malfaiteurs. Quelques syllabes, scotchées sur les barreaux de la salle des coffres, avec juste à côté, les armes factices qui avaient servi au délit.

Intense et passionnante, cette rocambolesque aventure sur fond de comédie burlesque narre l’apanage de la réussite du « petit peuple » face aux forces de l’ordre. Ce jeu du chat et de la souris qui ridiculise la police, nous amène à éprouver de l’affection pour ces voleurs, les transformant ainsi en anti-héros attachants.

 

Diego Peretti dans "Le Braquage du siècle" de Ariel Winograd (2021). (EUROZOOM)
Diego Peretti dans "Le Braquage du siècle" de Ariel Winograd (2021). (EUROZOOM)

 

Un parfait « Feel Good Movie »

Ce long métrage se déguste tranquillement, dans les délices d’une grande suavité et d’une parfaite ironie. Cependant, la mise en place du plan, aurait pu être mieux détaillée et les quelques moments d’incohérences comme ceux de la partie finale auraient dû être plus expliqués.

Le film est malgré tout, vif, percutant et d’une harmonieuse mélancolie. Même les quelques moments de longueurs qui pourraient nuire au film, servent à faire perdurer cette atmosphère onirique qui se déroule devant nos yeux.

 

La mise en scène : un tableau pop-art rock’n roll

La réalisation d’Ariel Winograd est excellente. L’Argentin utilise brillamment et intelligemment la caméra, jouant sur l’alternance de plan très serrés et plus larges afin de faire monter la tension.

Si la technique de réalisation est remarquable, que dire des décors et des couleurs. Des couleurs contrastées, vives et douces qui rappellent le style pop art. Une ironie quand on sait que ce style de peinture a été créé dans le but de dénoncer l’apologie de l’excès de la société de consommation. La BO est, elle aussi, extrêmement plaisante, du blues, du punk et du rock’n roll, quoi de mieux pour aller braquer une banque ?

 

Rafael Ferro, Pablo Rago, Guillermo Francella, Juan Alari, Diego Peretti, Mariano Argento dans "Le Braquage du siècle" de Ariel Winograd (2021). (EUROZOOM)
Rafael Ferro, Pablo Rago, Guillermo Francella, Juan Alari, Diego Peretti, Mariano Argento dans "Le Braquage du siècle" de Ariel Winograd (2021). (EUROZOOM)

 

Le casting : des vraies « gueules de cinéma »

C’est dans son casting que réside la véritable force du film. Loin des acteurs aux physiques uniformisés d’Hollywood, dans «Le braquage du siècle », les comédiens ont des véritables « gueules de cinéma », avec des visages bourrus, marqués, authentiques et surtout sincères.

Diego Peretti, dans le rôle principal du cerveau de l'opération est réellement excellent, tout comme ses compères qui furent tout autant impeccables dans leurs interprétations.

 

L’histoire qui a inspiré la série à succès : La Casa de Papel

Le film d’Ariel Winograd met en scène l’histoire vraie, qui a inspiré la série : La Casa de Papel. Si les deux histoires ne sont pas les mêmes, l’audace va de pair et les similitudes sont nombreuses, notamment avec l’emploi de surnom ou par l’aspect « Robin des Bois » des temps modernes que renvoient les voleurs. La sortie du film coïncide justement avec la diffusion de la partie 5 de la série sur Netflix.

 

 

Le film de casse est un genre à part entière et "Le braquage du siècle" respecte et reprend la plupart des codes de ce genre , mais avec une ironie, une simplicité et un burlesque rarement rencontrés jusqu’à présent. Le cinéma argentin prouve, une énième fois, sa qualité et sa faculté à apporter du renouveau et à surprendre. 

Thibault Segalard

Thibault Segalard

Thibault a rejoint l’équipe de la rédaction internationale en juin après avoir passé 2 mois dans celle d’Athènes. Étudiant en école de journalisme.
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