BUCAREST CENTENAIRE - Le Parc Carol I, modernisme traditionnel

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 19/12/2018 à 00:00 | Mis à jour le 19/12/2018 à 07:40
Photo : Wikipedia / Ștefan Jurcă
Bucharest_-_Carol_Park_(20162803280)

L’Exposition Générale Roumaine de 1906 a représenté une bonne occasion pour l’harmonisation des facteurs politiques, historiques et culturels. Le modèle avait été repris par les célèbres Expositions universelles européennes. Organisées à partir de 1851, elles pouvaient être considérées comme étant une façade parfaite pour les vaniteux et les jeux politiques de l’époque : ni les états participants, ni les états d’accueil/hôtes ne manquaient l’occasion de démontrer leur supériorité culturelle et technique, en misant sur les progrès de l’industrialisation.

 

 

 

Pour les anciennes Principautés Unies, le substrat historique avait atteint des dimensions colossales ; d’ailleurs, presque deux millénaires se sont écoulés depuis les guerres daco-romaines dont le dénouement est représenté sur la Colonne de Traian. On célébrait déjà cela quatre décennies depuis l’accession au trône de Charles 1er (le monarque qui avait donné un état indépendant et autonome au peuple roumain). De plus, le Royaume de la Roumanie existait depuis un quart de siècle et les progrès socio-culturels et industriels lui permettaient de se rallier aux grands états européens d’Occident.  

 

Le Parc Charles 1erpeut être considéré comme une sorte de cadeau universel, car il n’a pas simplement émerveillé la famille royale, mais aussi les cœurs de tous les Roumains. L’idée de son aménagement appartient au diplomate Ion N. Lahovari, le père de la princesse Martha Bibescu et le frère de deux autres hommes politiques de renom - Alexandru et Iacob Lahovari. Nous pouvons affirmer que l’endroit choisi appartient au patrimoine révolutionnaire roumain, car dans la Période de la Révolution de 1848, le Règlement Organique avait été brûlé sur la Coline de Filaret ; conformément aux attestations historiques, le document représentait la première Constitution de la Valachie. Occupant la fonction de ministre de Domaines et étant l’un des membres importants du Parti Libéral, Ion N. Lahovari a anticipé l’impulsion nationaliste qui allait déterminer l’entrée de la Roumanie dans la Première Guerre Mondiale ; par le choix de ce topos mythique, il était sous-entendu que les Roumains demandaient le regroupement du pays.

 

Les travaux ont débuté en 1900 et se sont déroulés sur six ans. Le terrassement, la végétation, le lac d’agrément et la disposition des objets d’exposition à l’intérieur du Parc ont suivi à la lettre les plans du français Jules Édouard Redont. Considéré comme l’un des plus talentueux et prolifiques paysagistes au début du XXe siècle, il avait déjà reçu la médaille d’or de l’Exposition universelle de Paris. Grâce à ce prix, entre 1901 et 1903, l’urbaniste aménagera une autre espace verte, le Parc Bibescu (le Parc Nicolae Romanescu) à Craiova.

 

En ce qui concerne les monuments érigés à l’occasion de l’Exposition Générale au Petit Paris, on pourrait affirmer qu’ils représentent le résultat d’une collaboration tant complexe qu’harmonieuse. Au fil des ans, plusieurs fontaines artésiennes ont été sculptées et installées à l’exception de la Fontaine George Grigore Cantacuzino, érigée en 1870 et intégrée à l’ensemble. On doit à l’architecte Scarlat Petculescu la réplique miniature de la Citadelle Poenari, connue grâce à une légende valaque : on dit qu’elle a été construite par le souverain Vlad Ţepeş et lui servait de refuge pendant les luttes contre les Turcs. Nommé le Château Vlad Ţepeş, il est aujourd’hui le siège de l’Office National pour le Culte des Héros. Au pôle opposé, le Palais des Arts, conçu par les architectes Ștefan Burcuș et Victor G. Stephănescu (Ștefănescu), a été démoli à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale ; dans les années 1960, le Mausolée du Parc Charles a été bâti sur ses ruines et les officialités communistes l’ont nommé le Monument des héros de la lutte pour la liberté du peuple et de la patrie, pour le socialisme.

 

Quelques décennies plus tard, le même régime communiste a privé le Parc d’un autre monument. Le Tombeau du Héros Inconnu, réalisé par le sculpteur de la Maison Royale de Roumanie et placé devant l’entrée du Palais des Arts, il a été déplacé à Mărășești en 1958. Il ne sera restauré qu’en 2006, le Soldat Inconnu étant retourné à son lieu d'origine, dans l’ensemble du Mémorial des Héros du Peuple au Parc Charles Ier.

 

 

Sources: E-architecture, Crestinortodox.ro

 

Ana Maria Rosca 

 

 
 

AMPT-logoPMB-logo

Bucarest/Centenaire

Bucarest/Centenaire

Toutes les personnalités roumaines qui ont marqué ces 100 dernières années, dans le cadre de la célébration du centenaire de la grande Roumanie, en partenariat avec l'AMPT (Administratia Monumentelor si Patrimoniului Turistic)
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Bucarest !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Grégory Rateau

Rédacteur en chef de l'édition Bucarest.

À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale