Dimanche 1 août 2021

EDUCATION - Marian Stas  : "Le modèle actuel est figé dans le paradigme communiste"

Par Lepetitjournal Bucarest | Publié le 19/01/2014 à 23:00 | Mis à jour le 06/01/2018 à 04:46

 

Bousculé par des scandales à répétition et critiqué de toute part, le système éducatif roumain est plus que jamais sous pression. Marian Stas, docteur en sciences de l'éducation, est à l'origine du forum civique de l'éducation, un groupe de réflexion indépendant.

Photo  : D.R.

Lepetitjournal.com/Bucarest - Avant les fêtes de fin d'année, une enseignante a été surprise en train de reprocher à des parents d'élèves de ne pas avoir cotisé suffisamment pour les petits cadeaux destinés au personnel de l'école. Largement médiatisée, l'histoire a poussé le ministère de l'Education à rédiger un code éthique du système scolaire. Qu'en pensez-vous  ?

Marian Stas - Il s'agit d'un cas ponctuel qui est la manifestation d'un syndrome bien plus profond. Car ce fait divers s'ajoute à celui du scandale de tricherie au lycée de Bolintineanu (à Bucarest, ndlr) l'année dernière durant les épreuves du bac, et au sous financement chronique et inadmissible de l'éducation. Nous fonctionnons selon un système éducatif conçu pour le 20ème siècle. C'est ce que j'appelle le paradigme communiste de l'éducation. L'état actuel du système scolaire devrait d'ailleurs être considéré comme une menace directe à la sécurité nationale, car les diplômés pauvrement formés d'aujourd'hui peuvent devenir les dirigeants incapables de la Roumanie de demain.

Les ministres qui se sont succédés ces dernières années au portefeuille de l'Education ont tous essayé de réformer le système sans jamais y arriver. Que proposez-vous  ?

Il faut changer de paradigme à travers trois grandes directions. Tout d'abord, on devrait définir un ensemble de valeurs qui seront inculquées par l'école. A l'heure actuelle, elle n'en transmet aucune. Deuxièmement, nous devons concevoir une architecture éducative adaptée au 21ème siècle. Enfin, il faut mettre en place une stratégie des ressources humaines moderne, centrée sur un modèle de carrière didactique pour les professeurs. Voilà les trois urgences.

En d'autres termes, vous militez pour une refonte totale du système scolaire...

En 150 années d'histoire moderne de la Roumanie, nous avons assisté à deux grands changements du système éducatif. Après la constitution de l'école moderne, entamée par Spiru Haret à la fin du 19ème siècle, les communistes ont radicalement réformé l'éducation pour répondre au besoin de leur nouvelle société dans les années 1950. Le modèle actuel est encore figé dans ce paradigme communiste. Il est donc temps qu'advienne cette troisième grande réforme du système. La transformation authentique de la société ne pourra pas démarrer sans une rénovation structurelle et fondamentale du système éducatif.

C'est un vaste projet. Comment le mettre en place  ?

Je pense qu'étant donné sa complexité, l'ouverture d'une discussion honnête sur le sujet est plus que nécessaire. D'où l'idée de créer un forum civique sur ce thème. L'acteur principal des discussions est l'Alliance des lycées centenaires, une association qui regroupe environ cinquante collèges prestigieux à travers tout le pays. Ces établissements vieux de plus de cent ans n'ont plus rien à prouver et de ce fait jouent le rôle de vecteurs d'opinions. Mais il ne s'agit là que d'une première phase, d'un démarrage, car ce processus doit retourner, le plus rapidement possible, dans le domaine politique. Propos recueillis par Jonas Mercier (www.lepetitjournal.com/Bucarest) lundi 20 janvier 2014

lepetitjournal.com bucarest

Lepetitjournal Bucarest

Lepetitjournal.com de Bucarest est un quotidien comprenant une newsletter et un site Internet. Il informe notamment sur l'actualité roumaine.
0 Commentaire (s) Réagir

Expat Mag

Nouvelle-Calédonie Appercu
PHOTO

Covid-19 : les anti pass-sanitaire et antivax manifestent au Congrès à Nouméa

Retour en images sur la manifestation de ce samedi 31 Juillet devant le Congrès de Nouméa, cortège formés d'anti-vaccins et d'anti-pass sanitaire qui exultent leur droit à la liberté individuelle.

Sur le même sujet