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Marceau à vélo en Inde : "Rien ne s'est passé comme prévu, mais tout était parfait !"

Marceau, jeune Français que nous avons déjà interviewé à plusieurs reprises, a traversé l'Inde à vélo entre avril et juin 2023 et nous parle de la dernière partie de son voyage sportif, spirituel et solidaire et de la parution de son livre, prévue pour décembre 2023.

Marceau au Ladakh avec son vélo et un camion qui l'a pris en stopMarceau au Ladakh avec son vélo et un camion qui l'a pris en stop
Écrit par lepetitjournal.com Bombay
Publié le 22 septembre 2023, mis à jour le 28 septembre 2023

 

Depuis notre dernière entrevue à Mumbai en mai, Marceau a terminé sa traversée de l’Inde à vélo, qui a duré trois mois et avait un but à la fois sportif, spirituel et solidaire. Après avoir séjourné et médité à la Global Vipassana Pagoda de Gorai, au nord de Mumbai, il s’est rendu en train à Surat, d’où il a repris le vélo. Il a ensuite atteint Jaipur, puis Delhi et le Ladakh. 

Rentré en France, il nous raconte cette troisième partie de son voyage, ponctuée de quelques doutes, d’expériences formatrices et de rencontres mémorables, et il nous parle de son livre, qui devrait paraître à la fin de l’année 2023.

 

lepetitjournal.com Bombay : Bonjour Marceau. Est-ce que ton voyage s’est passé comme tu l’imaginais ?

Marceau : Non, pas du tout ! Mais c’est un peu ce que je recherchais, puisque j’avais un itinéraire approximatif et flexible.

Physiquement, j’ai souffert beaucoup plus que prévu. En termes de spiritualité, je n’ai pas participé à une vraie retraite de méditation, même si les moments dans la nature au Ladakh ont été spirituels en eux-mêmes. Pour l’aspect solidaire, j’ai récolté 2800 euros au lieu des 2000 attendus, ce qui fut une bonne surprise. C’était certainement l’une des plus belles expériences de ma vie, et je n’y changerais absolument rien.

 

Rien ne s’est passé comme prévu, mais tout s’est passé comme ça devait !

 

Séjourner à la Global Vipassana Pagoda m’a permis de réfléchir et de prendre la décision d’arrêter mon parcours à vélo à Delhi. Ensuite, une fois arrivé à Udaipur, j’ai encore revu mes plans. La traversée du Gujarat a été difficile. Les hôtels le long du gros axe routier sur lequel je roulais n’acceptaient pas les étrangers. Il y avait des gîtes, éloignés, qui étaient pris. Au Rajasthan, je ne trouvais que de grands resorts luxueux. 60 euros la nuit, ce n’est pas cher pour un touriste européen, mais ce n’était pas dans mon budget, ni ce que je voulais voir. Il y avait aussi des logements très abordables, mais seulement dans les quelques grandes villes qui étaient sur mon chemin, comme Ajmer et Udaipur. Alors cette fois, à Udaipur, j’ai décidé d’arrêter complètement le vélo pour le reste du voyage.

 

Marceau devant la Global Vipassana Pagoda de Gorai (Mumbai)
Marceau devant la Global Vipassana Pagoda de Gorai (Mumbai)

 

J’ai beaucoup appris en prenant cette décision. J’avais deux options. Soit suivre le plan initial de mon voyage, comme je l’avais annoncé à mes amis, à la radio, dans notre première entrevue. Soit aller dans la subtilité, et réaliser une épreuve sportive, spirituelle et solidaire, mais en restant à l’écoute de moi-même. C’est très dur d’accepter de ne pas faire ce qu’on a dit, parce qu’on s'expose au jugement, et je me suis aussi demandé si arrêter allait créer en moi une habitude d’abandon. Heureusement, j’ai réalisé que ça aurait été de la bêtise de continuer. Le but dans la vie est de savoir écouter son coeur et de vivre en harmonie avec soi-même.

 

Continuer à vélo aurait été juste une question d’ego, le contraire de la sagesse.

 

Quels bons souvenirs gardes-tu de la traversée du Gujarat ?

Malgré les difficultés, j’ai quand même trouvé deux hébergements extraordinaires sur ma route. À Vadodara, le propriétaire d’une ferme a proposé de me loger gratuitement, pour une durée illimitée.

 

Encore une fois, à l’indienne, tout peut basculer d’une situation où tu es complètement dépité à une invitation surprise !

 

C’est d’ailleurs ce qui m’a fait tenir tout au long de la traversée, l’hospitalité indienne était vraiment exceptionnelle. 

Plus tard, à Balasinor, j’ai trouvé une chambre d’hôte chez l’héritier de l'ancienne famille royale locale, qui a ouvert le palais au public. Il m’a accueilli en me demandant de payer uniquement ce que je voulais ou pouvais. Incroyable, une fois de plus !

Si trouver un hébergement était difficile, je dois dire que l’accueil le long de la route était génial. À chaque pause, on m’invitait à manger ou on me payait le thé. La campagne était aussi très belle. À Modasa, il me restait environ 550 km à faire jusqu'à Udaipur, le long de cette grosse route, et donc j’ai décidé de faire du stop.

 

Marceau avec une famille qui l'a accueilli dans le Rajasthan

 

 

Tu n’as jamais peur quand tu fais du stop ?

Après 2000 km de vélo, je n’avais plus peur. L’Inde est le pays des extrêmes et on y voit des choses terribles, mais en même temps, il y a ce sentiment qu’il y a toujours une personne qui sera là pour veiller sur toi.

 

Je me suis déjà trouvé dans des situations d’inconfort, parce que 80 personnes me regardaient, mais pas en insécurité. 

 

En montant dans les camions, je n’ai pas du tout eu peur. Avec ce camionneur au Gujarat, le premier que j’ai rencontré, j’ai appris que la plupart des chauffeurs indiens fument de la méthamphétamine et de l’afeem, de l’opium, pour tenir pendant les longues heures de travail et passer le temps… Y compris lui ! Sur le moment, je me suis dit que c’était un peu “chaud”, mais au final il vaut mieux être à l’intérieur du camion à une vitesse dépassant rarement 40 km/h, que sur le côté de la route, à vélo, avec les poids lourds qui doublent !

 

L'un des camions qui a pris Marceau en stop en Inde
Un camion vu par Marceau sur une route en Inde 

 

J'ai à nouveau fait du stop entre Udaipur et Jaipur. Nous avons crevé en pleine soirée et par temps de pluie, et nous avons patienté sous la petite tente du réparateur de pneus.

 

Personne ne perdait patience, personne ne faisait la tête. Nous étions là comme trois copains, à accepter la vie telle qu’elle est, avec ses problèmes.

 

J’ai trouvé cette expérience exceptionnelle !

 

Un camion dans lequel est monté Marceau au Ladakh

 

 

Une fois arrivé à Delhi, tu as décidé de reprendre le vélo, dans la région du Ladakh ?

Oui ! À Jaipur, j’ai retrouvé mon ami Shiv, que j’ai rencontré la première fois que je suis venu en Inde faire une retraite bouddhiste. Il était là pour rendre visite à sa copine, une Anglaise qui a une usine de tissus imprimés au bloc de bois. Deux jours après, on est allé à Delhi, chez lui. Changement de décor !

Là, j’ai senti qu’il me manquait quelque chose et que j'avais encore envie d’utiliser ce moyen de transport. Ce qui m’embêtait depuis le début, c'était de devoir m’arrêter tôt et d’être trop fatigué pour aller vers les gens. Je me suis dit que dans le nord je n’aurais pas ce problème. Mon ami François devait me rejoindre au Ladakh, et j’ai décidé de le retrouver à Leh en partant de Manali à vélo.

François est un cinéaste qui a pour projet de faire un film sur la reconnexion à soi, à l’autre et à la nature, via la méditation, le challenge sportif, ou d’autres pratiques comme le temazcal en Amérique Latine, un genre de sauna dans une hutte. Venir dans le Ladakh lui permettrait de tourner quelques images à présenter aux investisseurs pour son film à venir. D’ailleurs, son film La Belle Ville est en ce moment dans les salles et en VOD. Il concerne la reconnexion à la nature, mais en ville. Le film à venir en est un peu la continuité.

La route Manali-Leh est célèbre parmi les motards indiens et du monde entier, et parmi les cyclistes. On y passe l’un des cols les plus hauts du monde, à 5328 m d'altitude, le Taglang La. Elle fait 430 km, dont 280 km à plus de 4000 m. Il n’y a rien à cette altitude, seulement des petites cabanes pour passer la nuit et des ecocamps avec des tentes à disposition des motards.

 

Quels obstacles as-tu rencontrés à vélo entre Manali et Leh ?

En arrivant à Manali, j’ai été informé que la route était encore fermée au col de BaraLacha La, à 4850 m d’altitude. Le col est ouvert pendant une courte période de l’année, quand il n’y a pas de neige.

 

J’ai eu un gros moment de doute à Keylong, à 60 km après Manali. J’ai commencé à prendre conscience de l’altitude.

 

Sur les réseaux et sur internet, j’ai lu qu’elle pouvait être dangereuse, ça a instillé le doute dans mon esprit.

Le mal aigu des montagnes commence par des nausées, des vomissements et des hallucinations, mais peut conduire à un oedème pulmonaire ou cérébral. J’en ai parlé aux locaux, qui m’ont dit qu’il y avait des risques, mais qu’il fallait écouter son corps et ne pas forcer. J’ai acheté une bouteille d’oxygène et des cachets, ce qui m’aurait donné quelques heures de répit pour redescendre en cas de symptômes.

 

Je me suis rassuré. J’avais fait tout le voyage depuis le sud, si j’avais dû mourir, j’aurais déjà été mort !

 

Par contre, j’étais très peu équipé, j’avais juste ma tenue d’été et un legging, un sac de couchage, pas de tente. Mais au moins, je savais que ce ne serait pas l’altitude qui me tuerait. Ensuite, une personne chez qui j’avais loué une chambre m’a prêté une doudoune et un pantalon de ski.

J’ai passé Darcha, le dernier village où il y a du réseau, et ensuite j’ai attendu 2-3 jours avant de pouvoir passer le col. Là, à 3500 m, il y a des sommets qui atteignent 4200-4500 m d’un côté, et de l’autre côté il y a cette route. Je la voyais à ce moment-là un peu comme la “route de la mort” ! Après ça il n’y a plus de réseau, plus d’assistance, il y a des chutes de neige, et le reste c'est l’inconnu. Je savais seulement que je serais livré à moi-même et que ce serait exceptionnel !

 

J’avais un peu peur, c’est évident, mais j’avais toujours foi en l’univers, et foi en l’Inde, où il y a toujours une solution ! 

 

 

Quels ont été les moments forts de cette étape à vélo ?

J’ai mis trois jours pour aller de Manali à Darcha, à 6 km/h de moyenne à cause du dénivelé et parce que je prenais mon temps, le col étant fermé. Ça m’a permis d’apprécier le trajet et l’envergure des décors. Il y avait peu de circulation, l’air était pur, les paysages étaient sauvages et immenses.

 

Dans ce cadre-là, l’humain n’est rien. On ressent que d’un moment à l’autre, tout peut basculer.

 

Cette réalisation te reconnecte à l’essence même de l’être humain et ça te met dans un état de présence exceptionnel. 

Et les locaux que j’ai rencontrés, ce sont des Indiens, mais différents, on voit que ce sont des montagnards. Ils ressemblent plus à des Péruviens qu’à des Indiens du Sud ! Ils sont naturellement connectés à leur environnement, ils sont dans l’observation et le désir de vivre en harmonie avec la nature et l’être humain. J’ai trouvé beaucoup de bienveillance dans toute l’Inde depuis mon départ du sud, mais je crois qu’une grande partie de cette gentillesse vient du conditionnement, de l’attachement à la religion, où recevoir l’autre et le traiter mieux que soi-même est primordial, surtout dans l’hindouisme où il est considéré comme un dieu. Mais il y a un peu d’automatisme parfois. Là, il y avait vraiment une pure connexion d’humain à humain.

Un autre grand moment fut le passage du Khardung La, un col à 5600 m, avec François. On était parti pour une petite balade à vélo, pensant que la route était fermée à cause de la neige, mais le passage était libre. Alors on a continué… François n’avait aucun entraînement à vélo… On a mis 6 ou 7 heures à monter. Plus on montait, plus on avait des nausées, la vue trouble, le rythme cardiaque prêt à exploser. Pendant cette épreuve, on a travaillé sur la respiration, la volonté, la force mentale. François a vraiment montré que le principal, c’est ce qui se passe dans la tête. C’est vraiment ce que je prône depuis 3-4 ans que je me lance des challenges, et il était là aussi pour en faire l’expérience.

 

Si tu décides de faire quelque chose et que tu ne laisses pas de place au doute, ton corps suivra. Cette capacité, tout être humain l’a, mais on ne nous l’apprend pas.

 

Marceau et son ami François en haut du Khardung La à 5600 m d'altitude au Ladakh
Marceau et François à leur arrivée au Khardung La

 

Malgré tout, à 200-300 m d'altitude de l’arrivée, j’ai eu un peu peur. À cause de cette peur, mon pouls a accéléré et je me suis senti plus nauséeux. Dans cette intensité extrême, j’ai ressenti pleinement les effets du stress, de la négativité. Ces états anxieux créent des maladies mortelles sur le long terme, c’est maintenant prouvé. Pour me calmer, j’ai respiré profondément. La peur est passée et je me suis senti beaucoup mieux. C’était un grand enseignement.

 

Qu’est-ce que tu as moins aimé au Ladakh ?

On a fait un trip de deux jours à moto dans la région. La nature dans le Ladakh est exceptionnelle, mais rouler à moto ne m’a pas plus. L’adrénaline, la vitesse, les virages, ce sont des bonnes sensations, c’est sûr, mais ce n'est pas satisfaisant. Ça ne me paraissait pas juste par rapport à tout ce que la nature nous donne.

 

Je trouvais ça trop facile de se déplacer grâce à un moteur, sans payer le prix de l’effort.

 

Pendant les derniers jours au Ladakh, alors que la haute saison approchait, le tourisme augmentait et il y avait beaucoup de monde, c’était comme les vacances à la mer en France. Les touristes y vont en bus, en voiture ou en avion. Je ne dis pas que tout le monde devrait venir à vélo ! Mais je trouve qu’il faut réfléchir à ces situations aberrantes.

Un local disait que ce serait ses dernières années ici, à cause du changement de type de tourisme. Il y a quelques années encore, ce n'était que des trekkeurs, des amoureux de la nature. Une Française, qui vit au Népal et vient au Ladakh depuis 35 ans, m’a dit aussi qu’elle ne reviendrait plus car c’était “trop”. Trop de touristes, et la disparition du noyau culturel qui était typique de Leh.

 

Marceau et des Indiens du Ladakh
A Leh

 

Il y a quelques années, le film de Bollywood 3 Idiots a fait connaître le Pangong Tso, un lac de soude et salé situé à 4225 m. Depuis, les gens viennent voir le lac, boire de l’alcool, faire des selfies…

 

Un endroit auparavant inaccessible est devenu accessible grâce à la main-d'œuvre pauvre, et les locaux en payent le prix aussi.

 

Ils vendent leurs terres pour la construction d’hôtels, qui s’accaparent l’eau. Ça détruit l’écosystème. C’est un aspect un peu dommage. J’ai trouvé beaucoup plus enrichissant de faire moins de kilomètres, mais de les faire à vélo. La nature devrait conserver ses secrets et ses endroits inaccessibles.

On a rencontré des gens super, qui font attention à l’environnement. La sécheresse est problématique au Ladakh, et il y a déjà aujourd’hui des villages abandonnés car la seule source d'eau des habitants était les glaciers, aujourd’hui disparus. On pourrait penser que des régions reculées sont épargnées par ces problèmes, mais encore une fois ce sont les mêmes qui trinquent, ceux qui n’ont pas beaucoup d’argent. Les plus pauvres ont dû partir, quitter leur terre, et les plus riches font comme d’habitude, ils visitent, détruisent l’environnement, vont dans de gros hôtels où il n’y a pas de restriction d’eau, et ce n’est pas viable, ni à Delhi, ni à Paris, mais encore moins dans un environnement fragile comme la montagne.

 

Le dérèglement climatique a un impact fort sur ces populations.

 

Je m’inclus bien sûr dans les riches, car même si j’ai fait du vélo, je suis venu en Inde en avion.

 

La route Manali - Leh au Ladakh

 

 

Comment se sent-on quand on rentre en France après trois mois d’une aventure comme celle-là ?

C’est très compliqué. J’ai déjà pas mal de voyages dans les jambes, mais l’Inde, ce n’est pas un voyage comme les autres, et d’autant plus à vélo. Mon voyage s’est terminé par une semaine à Delhi. J’ai essayé de vivre à la locale, en prenant les transports en commun, en marchant dans les endroits où les pauvres vont, dans les endroits où les riches vont. Quand je suis rentré en France, dès la sortie de l’aéroport, il y avait le ciel bleu et des rues propres, tout ce que je n’avais pas vu depuis une semaine. J’avais une impression de silence, parce que les gens ne crient pas, ne rotent pas, ne klaxonnent pas à outrance. On ne te bouscule pas. On fait la queue dans les boutiques. Ça ne sent pas la pollution…

J’aime l’Inde pour l'intensité et le dépaysement qu'elle procure, mais c’est vrai que le changement au retour est brutal. Tout est différent. Même lorsque j’ai retrouvé ma copine à l’aéroport, c’était dur d’être tout de suite présent et attentif, tellement le changement est soudain. Ça m’a déstabilisé.

L’autre aspect de ce contraste, c’est que j’ai eu l’impression de voir des gens qui n’étaient pas “humains” en France. Certains seraient tentés de dire que les Indiens sont des sauvages, pour toutes les raisons citées juste avant. Je pense qu'en France on est sauvage, car on met de la distance entre soi et les autres. En Inde, tu peux aller à l’épicerie et faire connaissance avec le vendeur. Il peut t’emmener boire un thé chez lui ! On est deux êtres humains face à face. En France, ce sont aussi deux êtres humains, mais avec deux vécus différents et comme on dit, “On n’a pas élevé les cochons ensemble” ! Les discussions sont polies, mais il n’y a pas de profondeur, ou rarement.

 

J’ai une sensation de solitude en France, ce qui est dommage, car matériellement on a tout pour réussir et vivre confortablement.

 

Après, il faut savoir s’adapter, et la sagesse trouvée en Inde, je dois la mettre à profit et réussir à me sentir bien avec moi-même partout.

Quand on voyage, on est ultra stimulé chaque jour, et les stimulis viennent à nous. Il suffit de sortir pour rencontrer une nouvelle culture, pour être étonné, pour que les gens nous interpellent.

 

Quand on revient chez soi, on a toujours envie de journées exceptionnelles, mais c’est à nous de rendre chaque jour mémorable.

 

J’avais toujours du mal à revenir en France après mes voyages, et j’ai compris que je souffrais de cette sorte de “syndrome du voyageur”. On n’a pas besoin d’être toujours en voyage pour embellir sa journée.

 

Marceau dans une scène d'un film publicitaire dans le Rajasthan
Au Rajasthan, Marceau a joué dans une pub pour un restaurant italien

 

En quoi va consister ton livre ?

Ce sera un peu comme mes stories Instagram, avec le déroulé de chaque journée et des lieux traversés, accompagné d’un commentaire personnel sur mon ressenti, les enseignements, le dépassement de soi. Il y aura quelques illustrations pour que le lecteur profite des beaux paysages de l’Inde. Le livre devrait paraître en décembre 2023.

 

Pour la première fois, tu as partagé tous les détails d’un de tes voyages sur les réseaux. Qu’a apporté ce mode de communication ?

De nombreuses personnes m’ont envoyé des messages de soutien et d’encouragement.

 

J’ai été étonné de voir autant de bienveillance sur les réseaux.

 

Mais on s’y expose aussi à beaucoup de négativité, voire de méchanceté, et je pense qu’il est important de noter que quand on utilise les réseaux sociaux, on peut vite se mettre à rechercher les “likes”. C’est dangereux d’avoir une confiance en soi basée sur ce genre de critère totalement superficiel.

Avec Instagram et autres, on peut vite changer d’intention, de visage, pour avoir du succès. Et des influenceurs sans connaissances ou talents particuliers influencent le monde. Beaucoup de gens de mon âge rêvent de cette vie sur les réseaux, mais ils n’ont pas conscience de l’impact potentiel des commentaires négatifs.

Même en véhiculant mon message pourtant positif, qui est que l’humain est capable de se dépasser, je me suis parfois fait attaquer, alors que je n’ai pas parlé de sujets sensibles, comme la religion ou la politique.

 

Et pour conclure, fais-tu du vélo en ce moment ?

Il a fallu que je rentre en France pour qu’on me le vole ! Ma copine l’a pris pour aller à l’hôpital, et on le lui a volé là-bas… Mais je fais du Vélib’ !

 

Pour suivre ou contacter Marceau et être informé de la parution de son livre, rendez-vous sur son compte Instagram.

 

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