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Une rivière devient rouge à la frontière avec la Chine

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 16/06/2020 à 23:00 | Mis à jour le 16/06/2020 à 23:00
Photo : Lorsque la rivière Shweli devient rouge...
Lorsque la rivière Shweli devient rouge...

Le 10 juin dernier, les riverains de la rivière Shweli (ou Ruili, de sa translittération chinoise) ont eu la surprise de voir le cours d’eau se teinter progressivement de rouge jusqu’à ne plus être que d’un sombre boueux tirant sur la couleur du sang… teinte qu’elle a conservée depuis… « Je n’avais jamais vu cela avant, c’est la première fois… Je me demande ce que les Chinois ont encore pu faire… », se lamente une résidente de Muse vivant près de la rivière.

Les Chinois sont en effet au centre des accusations des riverains car, si elle marque en partie la frontière entre le Chine et l’état de Shan, la Shweli coule en amont dans la province du Yunnan, et sur ses rives côté chinois se concentrent plusieurs barrages et de nombreuses industries, comme des raffineries de sucre, des papeteries, des usines de mise en conserve de viandes et de poissons, tout cela accompagné d’une déforestation soigneusement entretenue. Autant de raisons pour les citoyens birmans de s’inquiéter lorsqu’ils voient l’eau changer de couleur !

« Je suppose qu’une de ces usines chinoises s’est contente de jeter à la rivière des déchets et des produits qu’elle ne voulait pas retraiter », confie Sai Kyaw Thein, un député régional local. « Nous avons immédiatement alerter les autorités chinoise de la province de Yunnan et envoyé une lettre de protestation et une demande d’enquête adressées aux dirigeants locaux de la ville de Ruili, qui est de l’autre bord de la frontière. Nous attendons leurs réponses. Et de notre côté, nous avons effectué divers prélèvements de l’eau, en plusieurs endroits, que nous avons fait parvenir à Mandalay afin que ces échantillons soient analysés. Nous poursuivons aussi notre propre enquête autant que faire se peut », poursuit l’élu.

Pour leur part, les habitants de Namkham, un peu plus au sud que Muse dans le Shan, ne décolère pas : « Personne ne sait ce qu’est le produit qui a changé la couleur de l’eau. Mais je suis certain que c’est un truc polluant, à coup sûr venant d’une usine chinoise. Nous sommes inquiets pour notre santé maintenant. Les autorités doivent faire quelque chose », proteste un des résidents de cette petite ville. Si des députés locaux se sont donc de fait investi dans cette affaire, le gouvernement régional est pour l’instant resté silencieux.

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