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Touristes tués en Thaïlande : la peine des deux Birmans commuée

Par Julia Guinamard | Publié le 20/08/2020 à 23:00 | Mis à jour le 20/08/2020 à 23:00
Photo : Wai Phyo et Zaw Lin
Wai Phyo et Zaw Lin peine de mort commuee en Thaïlande

Le 14 août 2020, Zaw Lin et Wai Phyo (aussi connu sous le nom de Win Zaw Htun) ont vu leur condamnation à mort pour les meurtres de deux touristes britanniques commuée en prison à perpétuité. En 2014, David Miller et Hannah Witheridge, qui a aussi été violée, ont été battus à mort sur l’île thaïlandaise de Koh Tao. Zaw Lin et Win Zaw Htun, originaires de l’Arakan et travaillant illégalement en Thaïlande, sont rapidement arrêtés et inculpés, au terme d’une enquête clairement bâclée. Les citoyens de Birmanie ont tout de boucs émissaires dans cette affaire qui a noirci l’image du paradis touristique thaïlandais. L’ambassade de Birmanie en Thaïlande, des associations thaïlandaises ou encore des organisations internationales ont mis en avant des incohérences dans l’enquête : erreurs de procédures, aveux obtenus sous la torture, données ADN invalidées par un laboratoire affilié à la police mais quand même et malgré tout prises en compte par la police et la justice, refus d’analyses indépendantes par les enquêteurs, témoignages achetés… Au terme de cette bouffonnerie policière, Zaw Lin et Win Zaw Htun ont été condamnés à la peine de mort par le tribunal en 2015, par la cour d’appel en 2017, puis par la Cour suprême thaïlandaise en 2019.

Face à une affaire aussi décousue, les parents des accusés et de hauts responsables birmans ont lancé un appel à la clémence auprès du roi le 24 octobre 2019, à la suite de la décision finale de la Cour suprême thaïlandaise. Il aura donc fallu attendre un an et l’anniversaire du roi de Thaïlande pour qu’un décret qui veut « illustrer la clémence du roi » commue la peine des deux birmans. Condamnés à perpétuité, soit 50 ans de détention en Thaïlande, Zaw Lin et Win Zaw Htun auront la possibilité d’une amnistie au bout de 25 ans en cas de « bon comportement ». La peine reste lourde pour les deux hommes quand tout porte à croire à leur innocence : « Nous savions que cette affaire était totalement injuste et nous ressentons parfois de l’amertume mais nous voulons dire merci pour la grâce royale », a déclaré le frère de Win Zaw Htun.

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