Vendredi 14 août 2020

Les origines de la noix de coco

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 30/01/2020 à 20:00 | Mis à jour le 30/01/2020 à 20:00
Noix-de-coco en Birmanie

Il y a bien longtemps, un radeau et ses trois passagers accostèrent dans l’une des villes portuaires de Birmanie. Les trois étrangers furent emmenés devant le roi et, en réponse à ses questions, ils expliquèrent qu’ils avaient été exilés sur ce radeau à cause de crimes qu’ils avaient commis dans un autre royaume. L’un des étrangers était un voleur, un autre une sorcière et le dernier était un faiseur d’histoires qui causait le tort par ses mensonges.

Le roi donna une maison et mille pièces d’argent au voleur, et l’autorisa à s’installer dans son royaume. « Il ne volait que parce qu’il était pauvre », expliqua le roi, « et maintenant qu’il n’est plus pauvre, il deviendra mon fidèle sujet ». A la sorcière, le roi donna également une maison et mille pièces d’argent, et lui donna la permission de vivre dans son royaume. « Elle n’ensorcelait les gens que par jalousie », expliqua le roi, « et elle n’était jalouse que parce qu’elle était pauvre et malheureuse. Maintenant qu’elle est riche, elle ne sera plus jalouse du bonheur des autres ». Mais, finalement, le roi ordonna que l’on exécute le faiseur d’histoires. « Car », déclara le roi, « faiseur d’histoires un jour, faiseur d’histoires toujours ». Les gardes royaux emmenèrent donc le faiseur d’histoires à l’échafaud et lui coupèrent la tête.

Le lendemain, un officier du roi passa par là et, à sa grande surprise, aperçut la tête du faiseur d’histoire qui roulait boulait sur le sol. Et quelle ne fut pas sa surprise quand la bouche du faiseur d’histoires s’ouvrit et qu’elle répéta plusieurs fois : « Va dire au roi de venir s’agenouiller devant moi, sinon j’irai lui couper la tête ». L’officier courut au palais et rapporta ce qu’il avait vu. Mais personne ne le crut et le roi se mit en colère, pensant que l’officier essayait de se moquer de lui ; « Votre Majesté peut mander une autre personne avec moi », suggéra l’officier, « et elle appuiera certainement mes dires ». Ainsi, un autre officier fut envoyé avec lui jusqu’à l’échafaud. Quand ils arrivèrent, cependant, la tête demeura immobile et silencieuse. Le second officier fit son rapport et, dans sa grande colère, le roi ordonna que le premier officier soit exécuté pour son mensonge. L’officier fut emmené à l’échafaud et on lui coupa la tête en présence des autres officiers de la garde.

Quand l’exécution fut terminée, la tête du faiseur d’histoire ouvrit sa bouche et s’exclama : « Ha ha, je peux toujours jouer des tours en racontant des histoires, même si je suis déjà mort ». Les officiers réalisèrent alors l’injustice à laquelle ils venaient d’assister et allèrent faire leur rapport au roi. Ce dernier fut pris d’une grande tristesse et d’infinis remords.

Le roi se rendit compte que la tête du faiseur d’histoire continuerait à causer du tort si elle n’était pas enterrée au plus vite. Il ordonna donc à ses gardes de creuser un puits profond et d’y jeter la tête du faiseur d’histoires. Mais, le matin suivant, un arbre étrange commença à pousser à cet endroit. Les fruits que portait cet arbre étaient encore plus étranges, car ils ressemblaient à la tête du faiseur d’histoires. L’arbre n’était en fait autre chose qu’un cocotier. Les Birmans l’appelèrent « gôn-bin », ce qui signifie : « Arbre causant du tort ». Mais, au fil des siècles, la prononciation du nom changea peu à peu en « ôn-bin » qui reste toujours aujourd’hui le nom que donnent les Birmans au cocotier.

Encore de nos jours, il vous suffit de secouer une noix de coco et de la coller à votre oreille pour entendre un gargouillement, car, voyez-vous, même si elle est aujourd’hui un fruit, la tête du faiseur d’histoires veut toujours continuer son bavardage.

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