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Le gouvernement parallèle déclaré « terroriste »

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 10/05/2021 à 22:00 | Mis à jour le 10/05/2021 à 22:00
Nug CRPH organisations terroristes Birmanie

Le « journal » de 20h sur la chaîne d’état devient peu à peu le moment des annonces clefs du gouvernement issu du coup de force militaire. Un moyen préféré à la conférence de presse ou aux annonces officielles, lesquelles viennent en règle générale juste avant ou après le journal. C’est ainsi que le 30 avril, c’est au journal de 20h que la réouverture prochaine du système éducatif a été rendue publique. C’est aussi lors de ce journal que samedi dernier, la junte a fait savoir que le gouvernement parallèle birman, qui s’est intitulé « gouvernement d'unité nationale » (National unity government, Nug), était placé sur la liste des « organisations terroristes ».

Le Nug rejoint sur cette liste le CRPH, un groupe de députés élus lors du scrutin général du 8 novembre 2020 et qui se considèrent comme « les représentants légitimes du peuple birman » et la toute nouvelle « force de défense du peuple », un embryon d’armée né officiellement le 5 mai et qui veut devenir la force militaire de ces organisations auto-proclamées. Aucune de ces instances n’a pour l’instant reçu la moindre reconnaissance officielle d’un gouvernement étranger ou d’une organisation internationale, que ce soit l’Asean ou l’Onu.

Le message lu par la présentatrice du journal disait que le gouvernement « demande au peuple de ne pas soutenir les actions terroristes, ni d'apporter de l'aide aux activités terroristes du Nug et du CRPH qui menacent la sécurité du peuple ». Il s’agit d’un pas supplémentaire dans la criminalisation de ces nouvelles instances qui n’étaient jusque-là considérées « que » comme des « associations illégales ». Une des conséquences majeures de cette nouvelle classification est que quiconque communiquerait avec des membres de ces instances, et les citeraient, peut être poursuivi dans le cadre des lois antiterroristes. C’est ce même moyen que le gouvernement précédent issu de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) avait utilisé pour empêcher les journalistes de couvrir les exactions se passant dans l’état de l’Arakan.

Le 5 mai dernier, une autre annonce du journal de 20h est, elle, passée plus inaperçue. Et pourtant elle est lourde de conséquences : le nouveau gouvernement a replacé la Direction générale de l’administration (Dga) sous le contrôle du ministère des Affaires Intérieures, qui dépend directement de l’armée. En décembre 2018, le gouvernement civil de l’époque avait décidé de retirer la DGA à ce ministère et de la placer sous le contrôle du ministère du Bureau du Gouvernement de l’Union, civil. Cela avait ulcéré l’armée et les partis pro-militaires car la Dga est le bras administratif du pouvoir en Birmanie et elle a été utilisée par les militaires entre 2016 et 2018 comme un moyen de ne pas appliquer les décisions de la LND et de garder le contrôle de fait de la vie publique. Ce retour de la DGA dans le giron militaire est donc un très mauvais signe pour les espoirs de retour d’un gouvernement civil efficace.

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