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La mairie de Yangon veut lutter contre les constructions « sauvages »

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 16/02/2020 à 23:00 | Mis à jour le 16/02/2020 à 23:00
Permis de construire a Yangon en Birmanie

« Chacun peut écrire une lettre de dénonciation à l’encontre de tout chantier de construction qui ne comporte pas le panneau vert officiel avec le numéro du permis de construire ». C’est le maire de Yangon, U Maung Maung Soe, qui encourage ainsi ses concitoyens à réagir aux constructions illégales et abusives, nombreuses à Yangon tant par négligence que par ignorance que par refus ou crainte de la corruption. Il est en effet classique, pour ne pas dire obligatoire, de payer « un petit quelque chose » aux fonctionnaires en charge du secteur… même quand ceux-ci ne le réclament pas ! La pratique du « Tea money », l’argent pour « faciliter » les démarches administratives est si ancrée chez les Birmans que leur main va très facilement à la poche pour ces choses. Il existe d’ailleurs de nombreux « courtiers », comme ils se présentent, prêts à jouer les intermédiaires pour l’octroi des permis de construire ou attestation de propriété. Tout un petit monde qui nuit à la transparence des autorisations officielles.

Une situation qui pousse bien des habitants à se lancer dans des constructions « sauvages » afin d’éviter cette extorsion. « Le personnel de la région de Yangon n’a absolument pas le droit de demander d’argent en plus des frais officiels. Les citoyens doivent dénoncer officiellement de telles pratiques », précise pourtant le directeur des services techniques de la ville de Yangon. Mais sa voix ne se fait pas entendre des plus faibles, pour qui se dresser contre un fonctionnaire constitue un risque énorme, pour soi autant que pour sa famille, la rétorsion se présentant souvent sous la forme de harcèlement lorsque le dit fonctionnaire se venge en multipliant les requêtes administratives insensées ou en contestant des situations acquises d’un seul coup remises en question, comme les délimitations d’un terrain ou une servitude…

Les autorités municipales affirment pourtant vouloir lutter contre les constructions sauvages ou les terrains sans titre de propriété valide et officiel. « Les gens ont l’obligation d’obtenir un permis de construire avant des travaux, et nous allons désormais veiller à ce que cette règle soit respectée », explique encore le maire. « Si des gens n’ont pas de permis pour une raison valable, ils auront juste à payer une amende ; au cas contraire, les travaux seront interdits ». Parmi les préoccupations de la ville, les constructions sur des terrains dont la propriété n’est pas légalement établie. « Lorsque des chefs de famille décèdent, l’héritage devient très compliqué si la maison et la terre n’ont pas été dûment enregistrées comme propriété avec tous les permis attenants », remarque un élu local. Les conflits de voisinage sont nombreux et récurrents dans de telles situations. « Ce que nous voulons, c’est une régularisation, que les gens se présentent auprès des autorités et fassent enregistrer normalement leurs titres et documents. Et que s’ils prévoient une extension ou la construction d'un bâtiment sur leurs terres, qu’ils le fassent légalement, en obtenant un permis de construire. Les services administratifs doivent délivrer ces derniers dans un délai court, de l’ordre d’une semaine une fois que la propriété est prouvée. » Et pour pousser les habitants à suivre les voies légales, la mairie va créer un service en ligne, consultable depuis son site internet, où les demandes pourront se faire directement.

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