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La guerre a repris entre mouvements ethniques shan

Par Rédaction lepetitjournal.com Birmanie | Publié le 01/07/2021 à 22:00 | Mis à jour le 01/07/2021 à 22:00
Photo : Des militants demandent aux milices la fin de leur guerre privée et leur union contre l'armee birmane
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Que se passe-t-il dans l’état de Shan ? Deux des principaux mouvements combattants locaux - le Parti progressiste de l'état de Shan/Armée de l'état de Shan (SSPP/SSA) et le Conseil de restauration de l'état de Shan/ Armée de l'état de Shan (RCSS/SSA) – s’affrontent violemment depuis fin mai aux alentours de leurs diverses zones d’influences, qui courent tout au long de la frontière avec le Yunnan chinois, du Nord au Sud de l’état. Les combats provoquent d’important déplacements de populations locales.

Le 1er juin, c’est dans la région entre Namkhan et Mong Naung, au nord de l’état de Shan, que des combats ont repris. Quelques jours plus tôt, c’était autour de Kyethi, plus au sud que les deux groupes ethniques armés se battaient. Selon les témoignages des habitants des villages pris sous le feu et recueillis par divers médias locaux, les deux mouvements combattants arrêtent, exécutent ou enrôlent de force qui ils veulent dans la région. Et malheur à qui leur résiste. C’est ainsi que quatre hommes de la vallée de la rivière Shwe Li ont été pris en otages par le SSPP le 31 mai dernier. Trois ont été libérés le 26 juin dernier mais le quatrième, Sai San Kham Aik, 50 ans, est mort durant sa détention, « d'hypertension » selon ses ravisseurs.

Lorsque le groupe armé a refusé de restituer son corps, la famille a organisé une manifestation devant le bureau de la représentation officielle du SSPP à Namkham le 27 juin, puis un autre rassemblement à la pagode locale et enfin une marche de protestation dans le centre de la ville, qui a réuni plus d'un millier de personnes. Selon un participant, « les gens criaient des slogans contre le SSPP, tels que ‘nous ne voulons pas du SSPP’ ou ‘nous ne soutenons pas le SSPP’, réclamaient son départ de la vallée de Htone Maung-Shwe Li et accusaient les miliciens d’avoir violé la loi ».

 

En plein milieu de ce défilé pacifique, des explosions ont blessé plusieurs personnes puis deux hommes à moto ont surgi, tirant à l’arme automatique et fauchant au moins deux manifestants, touchés aux jambes, jetant des explosifs sur la foule. Une de ces bombes a explosé dans la main d’un motocycliste, tuant les deux hommes sur le coup. Au total, au moins cinq personnes ont été blessées. Selon un témoin, qui s’est confié à un journal local, « les assaillants étant morts, personne ne sait à quelle organisation armée ils appartenaient ». Une heure après l’attaque, des soldats de l'armée régulière birmane sont arrivés sur les lieux et ont trouvé plusieurs bombes non-détonée sur le parcours suivi auparavant par les protestataires.

 

Si les raisons exactes des combats ne sont pas officiellement connues, des villageois de la région de Kyethi affirment que le SSPP a reçu des renforts d’environ 2 000 hommes de la part de l'armée unie de l'état Wa (UWSA), avec des camions militaires et des munitions, et que le RCSS aurait saisi « trois véhicules du SSPP remplis de drogue et les aurait détruits avec leur cargaison », selon un local. Le RCSS affirme en effet qu'il mène une politique anti-narcotique stricte et qu’il détruit les stupéfiants qu’il peut intercepter. Il est notoire que la plupart des mouvements combattants armés de l’est de la Birmanie ont des liens plus ou moins forts avec les trafics de drogues car c’est une activité très lucrative qui leur permet de se financer.

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