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L’Institut Charles de Gaulle Liban, un « antidote à l’instabilité »

Par Hélène Boyé | Publié le 01/03/2018 à 15:25 | Mis à jour le 01/03/2018 à 16:57
Jacques Godfrain, président de la Fondation Charles de Gaulle en France

Jacques Godfrain, président de la Fondation Charles de Gaulle en France, était en déplacement au Liban, pour une mission préparatoire dans le cadre du projet de construction de l’Institut Charles de Gaulle au Liban.

 

Pourquoi un Institut Charles de Gaulle au Liban ? Quel est l’historique de ce projet ?
Le général est venu ici, à Beyrouth, en 1929 où il a séjourné pendant un peu plus de deux ans comme commandant des forces du Levant. La maison où il vivait existe toujours. Une plaque commémorative a été apposée sur son fronton. Même ça n’a pas été facile, la pose de cette plaque a permis de la protéger de la pression immobilière.

Cette maison, je l’ai visité moi-même il y a quelques années. L’idée initiale était de pouvoir la récupérer. Cependant, le projet est vite apparu trop coûteux en termes de restauration, d’autant que le quartier où elle se trouve n’est pas très sécurisé.

C’est l’ambassadeur de France à l’époque qui nous a proposé de nous mettre en contact avec le directeur de l’Ecole Supérieure des Affaires (ESA), Stéphane Attali, pour utiliser leur campus comme base du projet. Avec Christian Besse, nous avons donc constitué une organisation, la Fondation pour la sauvegarde du patrimoine de Charles de Gaulle au Liban (FSPCGL), qui va être l’assise du projet et de son financement, en partenariat étroit avec la Fondation Charles de Gaulle en France.

Ce projet prendra place au cœur du site de l’ESA, avec la pose de la première pierre le plus tôt possible. Les travaux dureront un an et demi. Le bâtiment accueillera un amphithéâtre, des salles de travail ainsi qu’un espace muséal.

 

Quels sont les attentes de la Fondation De Gaulle sur ce projet ?
Les attentes sont multiples. L’idée est de faire de ce futur Institut à Beyrouth un pôle de rayonnement intellectuel régional. Beyrouth doit être une plateforme régionale, et pas un bout de ligne. Aujourd’hui, tout converge plutôt vers les pays du Golfe. Parce que nous avons un attachement particulier avec le Liban, d’ailleurs tout Français a un attachement particulier avec le Liban, notre ambition est de donner à Beyrouth un rôle de plateforme.

La deuxième ambition, c’est de développer la formation. En plus de l’aspect commémoratif, entretenir la mémoire du général de Gaulle, c’est aussi transmettre ses valeurs. Nous devenons sensiblement une maison qui fait de la formation. Nous avons à Paris deux professeurs agrégés, l’un d’eux est déjà venu ici.

De Gaulle, c’était avant tout un visionnaire et un homme qui savait commander. Ce qui m’a frappé lorsque j’ai discuté avec des chefs d’entreprises au Moyen Orient, c’est qu’ils se plaignaient que la nouvelle génération, bien que très compétente, ne savait pas commander. C’est cette idée de bonne gouvernance à travers les valeurs du général de Gaulle que nous aimerions transmettre.

 

Le Liban est présenté comme une région instable. Installer un projet d’envergure, sur le long terme, ça ne suscite pas des inquiétudes ?
Au contraire, ça nous encourage parce qu’il faut des pôles de stabilité dans les régions instables mais aujourd’hui, quelle région ne l’est pas. Avoir des pôles de stabilité comme cet institut, c’est l’antidote à l’instabilité.

 

Jacques Godfrainj Beyrouth De Gaulle Fondation
Signature, mardi, d'une convention quadripartite portant sur la création de l’Institut Charles de Gaulle – Liban par Jacques Godfrain et l'ambassadeur de France, Bruno Foucher.

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Hélène Boyé, directrice de la publication de LPJ Beyrouth

Hélène Boyé

Co-fondatrice et directrice de publication LPJ Beyrouth. Expatriée depuis plus de 17 ans au Liban, atteinte de « libanolose », mon seul désir, faire connaitre le Liban sous un autre regard.
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