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Le Liban fait un pas en faveur de son patrimoine architectural

Par Margot de Metz | Publié le 01/11/2017 à 15:26 | Mis à jour le 01/11/2017 à 15:43
wadi-abu-jamil-11 Beirut architecture

Le 12 octobre, le gouvernement libanais a approuvé un nouveau texte de loi sur la protection du patrimoine et des sites archéologiques du pays. Dans l’attente de son adoption au Parlement, ces nouvelles mesures devraient permettre de mettre un terme à la destruction massive de bâtiments anciens, notamment à Beyrouth.

 

La nouveauté du texte réside dans le fait qu’il introduit un système de compensation pour les propriétaires de biens anciens. Ainsi, ils ne seront plus lésés par les interdictions de démolir. Le texte adopté offre la possibilité aux propriétaires de revendre leurs droits de construction à un tiers.

Prenons le cas d’un propriétaire qui possède un immeuble ancien concerné par une interdiction de démolir. Supposons qu’il s’agisse d’un immeuble de trois étages situé dans un quartier où les réglementations autorisent de construire jusqu’à dix étages. Le propriétaire est lésé puisqu’il pourrait rentabiliser son terrain en possédant sept étages de plus. Si elle est adoptée, la nouvelle loi lui permettrait de vendre son droit de construction à un propriétaire possédant un terrain sur lequel la construction de hautes tours est permise. La maison ancienne serait alors préservée sans pour autant désavantager son propriétaire.

La législation en vigueur ne favorise pas la conservation du patrimoine. La loi actuelle, datant de 1933, est inadaptée car elle ne protège que les constructions antérieures au XVIIème siècle. En réalité, les demandes de démolition sont traitées au cas par cas par le ministère de la Culture. Dans les faits, les interdictions de démolir sont très souvent contournées. Du fait de la forte demande pour des biens neufs et des sommes faramineuses en jeu, ce sont plutôt les promoteurs immobiliers qui obtiennent gain de cause.

Depuis plusieurs années, les militants pour la protection du patrimoine libanais déplorent que les anciennes maisons et palais beyrouthins soient progressivement remplacés par des tours luxueuses et des complexes hôteliers. On estime que le nombre de demeures traditionnelles aurait chuté de 1200 à 400 entre 1995 et 2010. Certains projets de destruction ont particulièrement agité la presse comme celle du port phénicien de Beyrouth ou de la Grande Brasserie du Levant.

Un texte de loi similaire avait déjà été écrit du temps de l’ancien ministre de la Culture Rony Arayji. Il l’avait proposé au Conseil des ministres en 2016 mais le texte était resté lettre morte. Le gouvernement de Saad Hariri y a apporté quelques modifications avant de l’adopter. 

A l’issue de cette décision, le ministre de la Culture Ghattas Khoury s’est voulu optimiste : « Je voudrais annoncer à tous ceux qui s’intéressent au patrimoine au Liban que plus aucun bâtiment patrimonial ne sera remplacé par un gratte-ciel ».

 

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