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THE CHAIN EFFECT - Le collectif qui veut faire de la place aux cyclistes

Par Valentine Graveleau | Publié le 27/06/2018 à 13:00 | Mis à jour le 27/06/2018 à 16:54
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S'il y a une activité qu'on associe difficilement à Beyrouth, c'est bien le vélo. Dans cette ville où l'automobiliste est roi, peu de place en effet pour les cyclistes. Pourtant, depuis plus de deux ans maintenant, un collectif oeuvre pour faire changer les mentalités : The Chain Effect.

 

Tout a commencé en 2014. A la veille du Marathon de Beyrouth, quelques graffitis à l'effigie de la petite reine voient le jour le long du circuit de la course. « L'idée, c'était de faire réfléchir le public, on a fait ça entre amis, mais ça n'avait pas vocation à aller plus loin » explique Zeina, une des fondatrices de The Chain Effect. Pourtant, contre toute attente, l'initiative est un véritable succès et passe vite de la rue aux réseaux sociaux. De quoi pousser le petit groupe à continuer?

 

« Le street-art a permis la prise de conscience »

D'Achrafieh à Hamra, les graffitis se multiplient aux endroits où la circulation est rarement fluide, les likes sur Facebook et Instagram ne cessent d'augmenter? Et une petite communauté de cyclistes finit même par se former autour du collectif. « Le street-art a permis la prise de conscience : oui, le vélo a une place à Beyrouth » poursuit Elena, un autre membre de The Chain Effect.

Deux ans plus tard, le groupe est passé à la vitesse supérieure. Si le street-art reste « la raison d'être de The Chain Effect », le groupe a décidé de diversifier son champ d'action pour « rendre le message plus concret ». Le collectif s'invite dans les écoles pour sensibiliser les enfants à la pratique du vélo. Dans le quartier de la Quarantaine et à Batroun, d'immenses fresques ont été réalisées par les écoliers. The Chain Effect propose également des ateliers pour apprendre au grand-public les bases de l'entretien du deux-roues?

 

« Pour la majorité des Libanais, le vélo est un sport, un jeu, pas un moyen de transport »

Toutefois, les réticences restent nombreuses. « Pour la majorité des Libanais, le vélo est avant tout un sport, un jeu, pas un moyen de transport » déplorent les deux jeunes femmes. Pourtant, avec les embouteillages permanents, le vélo représente un réel gain de temps. Et surtout, ce n'est pas plus dangereux qu'ailleurs. Pour Zeina, « Beyrouth offre plein de possibilités pour les cyclistes : il suffit de prendre une petite rue parallèle et les voitures disparaissent? En plus, on découvre des endroits sympas qu'on n'aurait jamais vus en voiture. »

A force de street-art, d'ateliers et de posts sur les réseaux sociaux, le collectif commence à remarquer des changements dans les mentalités : « on voit de plus en plus de vélos, mais les progrès sont lents? à terme, on aimerait pouvoir discuter avec la municipalité sur les aménagements possibles? on verra ! »

 

Article publié le 16 janvier 2017

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