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RUES DE BERLIN – Le mystère de la numérotation

Par Lepetitjournal Berlin | Publié le 30/12/2015 à 23:00 | Mis à jour le 19/12/2015 à 14:55

La numérotation des rues berlinoises n'applique pas totalement le système des nombres impairs d'un côté et des nombres pairs de l'autre, comme cela se pratique en France, par exemple. Comment est organisée la répartition des nombres ? Quelle est son origine ? Pourquoi les chiffres doivent-ils être éclairés la nuit ?

Parfois redoutée, voire détestée par les habitants, la numérotation des rues berlinoises a désorienté plus d'un touriste. Ce n'est pas parce que le numéro 3 se trouve sur tel trottoir, qu'il suffit de traverser la rue pour arriver au 4. À Berlin, certaines voies disposent de la « numérotation en fer à cheval » (Hufeneisennummerierung). D'après ce système, les maisons sont numérotées les unes à la suite des autres. La première située du côté droit est dotée du numéro 1, sa voisine du numéro 2 et ainsi de suite. À la fin de la rue, cet ordre séquentiel change de trottoir et continue de l'autre côté jusqu'à revenir au début de la voie, de manière à dessiner un fer à cheval. Le plus petit chiffre se trouve ainsi en face du chiffre le plus élevé. L'ennui ? Savoir où commence et où s'arrête ladite rue, mais aussi à quel endroit la numérotation change de côté.

Afin de s'y retrouver, de petites flèches inscrites sur certaines plaques des maisons signalent le sens de la numérotation. Autre indice : sous les différents panneaux indiquant le nom de la rue, les nombres qui se trouvent de tel côté de celle-ci sont annoncés.

À Berlin, les numéros des maisons s'appellent « numéros de terrain » (Grundstücksnummern), car les terrains non construits obtiennent aussi des chiffres. Selon le décret sur le « numérotage de terrain », les « rues qui partent du centre-ville historique vers l'extérieur de Berlin sont à numéroter dans la même direction », tandis que les autres « sont à numéroter dans les sens des aiguilles d'une montre avec comme centre de rotation, le centre-ville ».


Un héritage de l'ancienne Prusse
Bernhard Wittstock, ingénieur du service topographique, a consacré tout un ouvrage sur la numérotation des rues à Berlin. D'après ce passionné de chiffres, « contrairement à de nombreuses villes, aucune cause militaire ne peut être établie à Berlin pour le premier numérotage des maisons ».
En 1798, le préfet de Police Friedrich Philipp Eisenberg veut attribuer un nombre à chaque maison de Berlin. Le principe du « fer à cheval » est instauré un an plus tard. Le roi de Prusse Frédéric Guillaume III souhaitait une « numérotation continue propre à chaque voie » à l'intérieur des remparts berlinois afin de faciliter l'identification des maisons.

Complexification
Au fur et à mesure, des rues sont prolongées en-dehors des remparts et les nouvelles maisons doivent également recevoir leur numéro. Les banlieues sont inclues à l'agglomération berlinoise dès 1920. C'est là que les choses se compliquent. À partir de l'entrée en vigueur des « principes de numérotage des terrains » (Grundsätze für die Nummerierung der Grundstücke) en 1929, les nouvelles rues sont numérotées de manière alternée, comme en France, par exemple : nombres impairs du côté gauche et nombres pairs du côté droit. La numérotation des anciennes rues n'ayant pas subi de modification, les deux systèmes coexistent aujourd'hui, provoquant une certaine confusion. Au célèbre carrefour dans le quartier Mitte, la Friedrichstraße est dotée de la règle en fer à cheval, alors que la rue Unter den Linden a adopté le principe « en zigzag ».

Mais ce n'est pas fini ! D'autres nombres peuvent être ajoutés, comme ceux des cages d'escalier ou des appartements. Ces numéros d'habitation en trois parties avec deux barres de fraction au milieu sont fréquents dans les quartiers du centre-ville. Dans certains cas, des lettres en majuscule peuvent également être insérées.

L'intérêt d'une numérotation éclairée
Après les plaques en tôle pourvues de chiffres en or sur fond bleu (à découvrir au Märkisches Museum), place au noir et blanc. Ensuite, les plaques d'habitations éclairées sont introduites en 1975. Selon le décret de numérotage berlinois « les numéros de terrain doivent être suffisamment éclairés dans l'obscurité » dans le but d'une orientation rapide et facile, surtout pour les interventions des pompiers ou des policiers. Le non-respect des instructions locales entraîne des amendes.

J.W. (lepetitjournal.com/Berlin). Reprise du vendredi 9 janvier 2015

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