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Pascale de Schuyter Hualpa: "Bouillonnement culturel en mai à l'IFB"

Par Vincent GARNIER | Publié le 08/04/2018 à 17:25 | Mis à jour le 08/04/2018 à 17:39
Photo : DR
pascale de schyter hualpa

Cinquante ans après, on se rappellera du mois de mai à l'Institut français de Barcelone, qui devrait accueillir pas moins de 23 événements sur 31 jours, englobés dans la saison culturelle de l'Institut français d'Espagne, la TIFE, dont la thématique cette année est "L'imagination au pouvoir". 

 

• Un bouillonnement qui devrait ramener à la mémoire de bien des Barcelonais l'espace de liberté et de créativité qu'a toujours représenté l'institution dans la ville, tout en donnant la voix à des manifestations culturelles et intellectuelles plus contemporaines. Pascale de Schuyter Hualpa, directrice de l'IFB, inscrit ce moment de célébration fort dans une démarche culturelle au long cours, ouverte sur la ville et les différents visages de la francophonie, telle qu'elle la pratique depuis son arrivée dans l'établissement à l'automne 2015. "Nous allons reproduire l'effervescence de mai 68 au sein de l'IFB, sans nous censurer", annonce-t-elle. 

• Inscrite dans une démarche nationale, la programmation culturelle de l'IFB garde ses spécificités, défend encore la directrice, qui souligne "l'énorme travail" réalisé pour coordonner à l'échelle nationale la vie du réseau, tout en mettant en avant l'importance de respecter "la mosaïque culturelle" que composent chacune des antennes du pays. 

• "La maison sera toujours ouverte, quoi qu'il se passe", avance encore Pascale de Schuyter Hualpa, pour qui les Instituts français doivent rester un espace de dialogue et un sanctuaire, résistant aux soubresauts que peuvent traverser les pays d'accueil. Après plus de 20 ans passés dans le réseau des Alliances françaises, en poste en France et dans divers pays, la directrice, issue du ministère de l'Education, évoque les "valeurs" et les "convictions" dont doit rester porteur l'engagement au service du réseau culturel français.

• En 2019, l'Institut français de Barcelone aura 100 ans. La direction réfléchit à la meilleure manière de célébrer ce centenaire.

 

C'est donc un mois de mai particulièrement intense qui se prépare à l'Institut français de Barcelone, avec des rdv intra et extramuros qui permettront, comme de coutume, d'inscrire l'action culturelle de l'établissement dans l'écosystème catalan. Avec le cinéma comme toile de fond, de nombreuses projections sont prévues dans la salle de l'IFB, des avant-premières et des productions qui devraient bénéficier "de l'expression très salutaire que le cinéma français connaît à Barcelone en ce moment", selon les mots de la directrice. Après une première édition réussie du festival de film francophone Oh La La, le public est au rdv et devrait particulièrement apprécier la retransmission en direct, le 8 mai, de l'Ouverture du festival de Cannes, avec tapis rouge et champagne. "Une salle de cinéma, ce n'est pas juste un spectateur qui paye sa place, visionne un film et s'en va", estime Pascale de Schuyter Hualpa : "Cela doit aussi être un lieu de vie, un prétexte pour aller à la rencontre de l'autre". Et s'il s'agit aussi de valoriser la salle numérisée en 2015, l'engagement de l'IFB au service du 7e art s'exprime aussi en dehors des murs, à l'instar des collaborations et partenariats avec les festivals de courts métrages MECAL et Filmets, le festival de films pour enfants El Meu Primer Festival ou le festival LGBT Fire! 

 

Le réseau culturel français c'est aussi un engagement

 

Pascale de Schuyter Hualpa défend en outre une démarche permettant de promouvoir le dialogue des cultures, tournée vers un cinéma qui ne soit pas exclusivement français, ni francophone : "L'IFB doit s'inscrire dans un projet européen de plurilinguisme", estime-t-elle. "Il faut accepter d'accueillir et de projeter des films dans d'autres langues, à l'image de l'échange que nous avons mis en place avec l'Institut Goethe, qui devrait permettre en allemand et en français, d'évoquer sans pathos la fin de la première Guerre Mondiale". Un point de vue qui sort des discours classiques en la matière, mais que l'intéressée défend : "C'est une forme d'engagement", juge-t-elle encore, "une façon de donner la parole à ceux qui l'ont moins". "Le réseau culturel français c'est aussi un engagement", souligne à cet égard la directrice. Qui rappelle : "La fonction publique n'est pas un vain mot pour moi. C'est un concept porteur d'énormément de valeurs et de convictions. Cela doit rester fondamental dans la vie de notre réseau culturel." 

 

La place au débat d'idées

 

La célébration de Mai 68 et l'expression inédite d'un besoin de culture que ce cinquantenaire se doit forcément de transmettre implique donc aussi une réflexion en profondeur sur le sens et la portée de cette même culture, que les Instituts français travaillent au quotidien, comme le levain d'un certain rayonnement. Mai 2018 sera marqué par plusieurs conférences et tables rondes, qui permettront au débat intellectuel d'évoquer et approfondir la question. A ne pas manquer notamment, la venue d'Olivier Guez (Prix Renaudot). Autre rdv important : l'organisation d'une table ronde modérée par Esteve Riambau, directeur de la Filmoteca, qui devrait réunir diverses personnalités catalanes qui ont vécu la révolte culturelle, sociale et politique de 68 depuis Barcelone. Le point d'orgue de ce mois pas comme les autres devrait néanmoins avoir lieu le 29 mai, avec la venue à l'IFB de Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture sous le Gouvernement Chirac, qui devrait évoquer les questions de mécénat et de sponsoring culturel à la française. "Il faut aussi réinventer le financement de la culture", estime à ce propos Pascale de Schuyter Hualpa. "Des questions telles que la place du crowdfunding, la gratuité de la culture, le financement citoyen ou l'investissement privé sont liées à l'explosion culturelle de Mai 68, elles sont centrales pour son devenir 50 ans après et intéressent aussi nos partenaires espagnols, organisateurs de festivals, responsables politiques, responsables d'entreprises et de fondations", explique-t-elle.

 

La maison sera toujours ouverte, quoi qu'il se passe

 

Au total près d'un tiers de la programmation annuelle de l'IFB est alimentée par la TIFE, la saison culturelle de l’Institut français en Espagne qui depuis 3 ans s'efforce de structurer l'action du réseau à l'échelle nationale et dont la thématique est en 2018 tournée vers la célébration de Mai 68. "Il y a un énorme travail de levée de fonds qui a été réalisé par l'IFE et dont nous bénéficions ici à Barcelone", admet Pascale de Schuyter Hualpa. "Néanmoins il faut trouver le juste chemin entre la programmation commune et l'expression des spécificités locales qui nous permettent d'ancrer notre action sur le terrain et font la mosaïque culturelle et l'efficacité de notre réseau", juge-t-elle. Si cette année en Catalogne, contexte local oblige, l'IFB a vécu une baisse du nombre de ses étudiants, le mouvement semble se tasser. Les spécificités catalanes n'expliquent d'ailleurs pas à elles seules la tendance, qui se traduit peu ou prou sur l'ensemble des antennes du réseau espagnol. Toujours est-il que la directrice entend d'une part relancer la dynamique des inscriptions, "en s'adaptant, en étant créatifs et en développant de nouvelles offres, plus en accord avec les besoins de cours exprimés par les étudiants" et d'autre part maintenir, contre vents et marées la mission culturelle de l'établissement, en assurant que "la maison sera toujours ouverte, quoi qu'il se passe". Et de préciser : "On ne prend pas position en restant ouvert. Nous devons rester, toujours, un espace de dialogue".

Presque cent ans après sa création, l'IFB fait partie de l'Histoire de la ville. Si on réfléchit encore à la manière dont en 2019 on pourrait fêter ce siècle de présence dans la capitale catalane, on sait déjà que mai 2018 en constituera un épisode éminent.

 

Programmation culturelle : Mai 2018 à l'Institut français de Barcelone

2 mai – 20h30 Le Semeur (Avant-première) 
1852 : L’armée de Louis Napoléon Bonaparte écrase la résistance des Républicains. Dans son village de montagne, Violette assiste à la rafle de tous les hommes. Après des mois passés dans un isolement total, Violette et les autres jeunes filles se font un serment : si un homme vient, il sera celui de toutes…

3 mai – 19h30 Blue Jeans 1968 (Exposition)
Un demi-siècle après Mai 68 à Paris, Dominique Mirambeau nous invite à découvrir le parcours photographique et mouvementé d’un jeune couple  d’étudiants de l’époque. Jean-Jacques Drivet offre un reportage inédit dans les rues de Paris. Sa compagne partage son inspiration poétique en posant pour lui. Ils admirent le dessinateur Jean Giraud qui deviendra Moebius. Vingt ans plus tard, ce dernier rencontre Dominique et accepte de rendre hommage au jeune photographe disparu en illustrant une sélection de photos.

3 mai -  20h30 BCN sport film

4 mai – 20h30 BCN sport film 
Les meilleurs films de fiction et d’animation produits par des pays francophones: cinéma en français de première division !

7 mai – 20h30 Maria by Callas (Avant-première)
“Il y a deux personnes en moi, Maria et La Callas…” Artiste en quête d’absolu devenue icône planétaire, femme amoureuse au destin hors du commun, Maria by Callas est le récit d’une vie exceptionnelle à la première personne. Callas dévoile Maria, et révèle une personnalité aussi enflammée que vulnérable. Un moment d’intimité auprès d’une légende et toute l’émotion de cette voix unique au monde.

8 mai – Soirée Cannes 
8 - 19h Les Festins de la bibliothèque
Si l’écrivain a tenté de faire parler ce qui a été senti, la lecture en atelier tente de faire parler ce qui a été construit, volontairement ou involontairement. Dans les festins de la bibliothèque, caisse de résonance, on entend les polyphonies singulières, l’écho des mots entre eux et en nous, le dialogue des textes et des toiles.

9 – 19h Olivier Guez/prix Renaudot (Conférence littéraire)
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au coeur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

10 – 19h30 Table Ronde (Mai 68)
Table ronde avec :
Josep Ramoneda (Cervera, 1949). Periodista, filósofo y escritor.
Raimon (Xativa, Valencia, 1940). Cantautor vinculado al movimiento de la Nova Cançó
Colita (Isabel Steva) (Barcelona, 24.8.1940) Fotógrafa
Enrique Vila-Matas
Moderateur: Esteve Riambau, (Barcelona, 1955), Historiador, crítico y realizador cinematográfico, director de la Filmoteca de Catalunya

14 mai – 18h30 Lundi du Cinéma Mai 68, film à définir 

14 mai - 20h30 Lundi Cinéma Mai 68, film à définir 

15 mai – 19h30 Opéra Oedipus (Projection)
La peste s’abat sur Thèbes. Œdipe, son roi, veut trouver le responsable. Au fil d’une quête de vérité sans concession, il comprendra que le coupable, c’est lui. Coupable d’avoir tué l’ancien roi Laios, son père, et d’avoir épousé la reine Jocaste, sa mère. Œdipus Rex de Stravinski reprend l’argument implacable de la pièce de Sophocle, dans un latin archaïque et une musique aux splendeurs hiératiques.

16 mai – 19h30 Jean Charles Bouchox – de Freud à Buda (Conférence littéraire)
Jean-Charles Bouchoux est psychanalyste et formateur en institut dans la région d’Arles et Montpellier. Avec un langage claire et accessible, il propose des pistes de réflexion qui, loin de l´abstraction des approches théoriques, incitent à la méditation. En privilégiant notamment les témoignages, il invite ainsi le lecteur à choisir son propre chemin.

16 mai - BCN Modern Project + Concert (19 mai) 

17 mai – 19h30 Pauline Dreyfus - Le déjeuner des barricades (Conférence littéraire)
Mai 68  : tous les cocktails ne sont pas Molotov. À quelques centaines de mètres de la Sorbonne où les étudiants font la révolution, l’hôtel Meurice est occupé par son personnel. Le plus fameux prix littéraire du printemps, le prix Roger-Nimier, pourra-t-il être remis à son lauréat, un romancier inconnu de vingt-deux ans ? Une folle journée où le tragique se mêle à la frivolité.

24 mai - 19h30 – Catherine Millot – La vie avec Lacan (Conférence littéraire)
Catherine Millot est une psychanalyste lacanienne française. Férue des mystiques rhénans, elle est dans les années soixante-dix un des jeunes philosophes, tel Jacques Alain Miller, desquels s’est entouré Lacan concevant son Séminaire, nourrissant parfois sa clinique de leurs recherches, de leurs lectures voire de leurs mots et concepts.

26 mai – Bourse aux contes (Médiathèque)
Les grands, vous aimez raconter des histoires ? Parents, grands-parents, frères et sœurs, cousins et cousines, amis  vous aurez la possibilité de partager vos histoires favorites avec d’autres enfants et parents.             Inscrivez-vous auprès de la Médiathèque et participez à notre bourse aux contes.

29 mai - Conférence Ministre M. Aillagon 
En partenariat avec la Chambre de Commerce et le Consulat Général de France.

31 mai – Les Femmes du chaos Vénézuélien (Cinéma)
Des femmes du Venezuela, de milieux et de générations différentes, dressent le portrait d’une société  en perdition et nous permettent  de prendre le pouls d’une population en détresse, de représenter une sorte de baromètre de la situation du ce pays latino-américain. 

31 mai – Apéro Pinchos 
Ne manquez pas le dernier apéro pinchos du semestre, à l’Institut français ! L’événement réunit des hispanophones et des catalanophones désirant pratiquer le français, ainsi que des francophones qui veulent parler espagnol ou catalan. Ces échanges permettent de développer l’autonomie et la réciprocité, dans la joie et la bonne humeur ! Les pinchos sont offerts.

Partenaires :
23 mai - Picasso à Paris au Musée Picasso 

 

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