Installé à Barcelone depuis huit ans, Jérémie Benhamou est l’un des quatre fondateurs de l’IA Summit Barcelona. Ce qui n’était au départ qu’une idée un peu folle est devenu en un an un rendez-vous majeur de la tech dans la capitale catalane. Rencontre avec un entrepreneur convaincu que l’énergie barcelonaise change tout.


On veut que les gens viennent à un événement tech… et ressortent comme d’un festival.
Comment est née l’idée de l’AI Summit Barcelona ?
Il y a un peu plus de deux ans, j’ai fondé The Tech Nation, une AI agency. Concrètement, on développe des solutions pour nos clients en s’appuyant fortement sur l’intelligence artificielle.
Et puis, par un heureux accident, parce que les plus belles aventures commencent souvent comme ça, on a eu, il y a un peu plus d’un an, cette idée un peu folle : créer l’AI Summit Barcelona.
Go big or go home.
La première édition a vu le jour en octobre dernier. Vous étiez là. Et on a eu cette surprise incroyable : non seulement l’événement a été un succès, mais surtout, il s’est dégagé une énergie… dingue. On s’est regardés et on s’est dit : on remet ça. Et comme disent les Américains : “Go big or go home.” Donc on a décidé de viser encore plus haut.
Pour cette nouvelle édition, on s’est posé beaucoup de questions. On nous a proposé plusieurs lieux, on a envisagé la Fira Barcelona, faire “comme tout le monde”… Et puis on a eu la chance d’obtenir le World Trade Center Barcelona, au milieu du port.
C’est littéralement Barcelone dans toute sa splendeur : la mer, la ville, les bateaux, l’horizon. On ne peut pas faire plus emblématique. On veut que ce soit un événement qui sorte du lot.
On veut que les gens viennent en se disant : “Je vais à un événement tech.” Et qu’ils repartent en ayant l’impression d’avoir vécu… un festival.
Il y aura des DJ, de la musique, des intervenants inspirants, des grandes entreprises tech, et Barcelone dans chaque recoin du lieu. On prépare aussi quelques surprises. Je ne peux pas tout dévoiler, mais l’ambition est claire : créer une expérience inoubliable.
Une idée ne vaut rien. C’est l’exécution qui compte.
Un mot sur les cofondateurs de l’IA Summit ?
Ce que j’aime dans la vie, ce sont les hasards. Ou ce qu’on appelle aujourd’hui la chance provoquée. Quand l’idée du Summit a émergé, j’ai tout de suite appelé Guillaume Rostand, président de la French Tech Barcelona, entre mille autres activités qu’on ne pourra pas toutes citer sinon vous n’aurez plus de place dans le journal. Sa réaction ? “On y va.” Pas de plan sur cinq ans. Pas de certitudes. Juste : on fonce. Et si ça ne marche pas, ce n’est pas grave. On aura essayé.
Dans l’entrepreneuriat, on dit souvent qu’une idée ne vaut rien. Tout le monde a des idées.
Ce qui compte, c’est l’exécution. Adam Hruska et Tanguy Wincker nous ont rejoints un peu plus tard, là encore, presque par accident. Et ils ont apporté une capacité d’exécution impressionnante. Une énergie folle. Ce sont des machines.À 23 ou 24 ans, ils avaient déjà créé une ou deux entreprises. Quand ils sont entrés dans l’organisation du Summit, tout s’est accéléré. On a trouvé une complémentarité rare.

Alors évidemment, tout n’est pas toujours simple. Il y a presque vingt ans d’écart entre les plus jeunes et les plus “anciens”. Il y a des moments où ça ne clique pas immédiatement. Mais on a appris à comprendre ce que chacun apporte. Et c’est là que la magie opère.
Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans l’adhésion autour du Summit ?
On est quatre à porter la vision. Mais ce n’est pas un projet à quatre. C’est une aventure collective, par cercles concentriques. On est quatre au cœur. Autour de nous, une dizaine de personnes très impliquées. Puis vingt. Puis cinquante. Je pense à Marie-Laure, à David, à Muriel qui est là depuis le début, à Christian de la Chambre de Commerce, à Business France, au Port de Barcelone… C’est dangereux de commencer à citer des noms, parce qu’on en oublie toujours. Mais il y a un élan collectif.
Et en effet, parfois, je me surprends. Quand la Generalitat de Catalunya, le Port ou d’autres grandes institutions nous disent : “On veut être avec vous. Faites un truc incroyable.” Je me dis : “Attendez… c’est nous dont vous parlez ?” Ça me donne des frissons, vraiment.
L’IA Summit Barcelona n’aurait pas été possible ailleurs.
Qu’est-ce qui rend l’écosystème barcelonais si particulier selon vous ?
Il y a quelque chose de très particulier dans cette ville. Je ne suis personne pour juger, mais j’ai le sentiment que ce serait plus difficile ailleurs. Peut-être en France. Peut-être à Paris. Là-bas, on nous dirait : “Restez à votre place.” “C’est trop ambitieux.” “C’est compliqué.” Ici, les gens disent : “C’est génial. Comment je peux aider ?”
Barcelone est une ville cosmopolite, ouverte, accueillante. On rencontre des gens de Turquie, des États-Unis, d’Europe du Nord, de partout. Et au lieu de se refermer, la ville absorbe cette énergie. Elle l’amplifie.
On parle parfois de la Catalogne comme d’une région refermée sur elle-même. Moi, je vois l’inverse dans l’écosystème entrepreneurial. Je vois une ville qui dit : “Ok. On y va ensemble.” Et ça, franchement, ça me fascine. Faire partie de ce mouvement collectif, c’est un privilège et un véritable bonheur.
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