Pas besoin de traverser l’Atlantique pour trouver des eaux turquoise, des criques sauvages et des paysages de carte postale. À quelques heures de la frontière française, la Catalogne cache quelques-uns des plus beaux rivages de Méditerranée.


Falaises couvertes de pins, anciens villages de pêcheurs, sable doré et mer translucide : sur la Costa Brava, le dépaysement commence presque aussitôt la frontière franchie. À condition, parfois, de quitter les grands axes, de marcher quelques minutes ou de descendre un escalier accroché à la roche.
De Roses à Lloret de Mar, voici dix plages et criques de Catalogne où poser sa serviette cet été. Dix lieux aux personnalités bien différentes, entre cartes postales célèbres et refuges plus confidentiels.
Cala Montjoi, le paradis sauvage du cap de Creus
À quelques kilomètres seulement de Roses, la route s’éloigne progressivement des stations balnéaires pour pénétrer dans les reliefs tourmentés du parc naturel du Cap de Creus. C’est là, au creux d’une baie entourée de montagnes, que se cache Cala Montjoi.
Plus minérale que tropicale, cette plage séduit par son paysage brut, ses eaux profondes et le silence des collines qui l’entourent. Le sentier côtier reliant Almadrava à Montjoi permet de découvrir falaises, végétation méditerranéenne et petites criques isolées tout au long du parcours.
Son petit plus : c’est l’une des portes d’entrée les plus accessibles vers les paysages sauvages du Cap de Creus.
À savoir : l’accès automobile à certaines criques de Roses peut être réglementé pendant la saison estivale. Mieux vaut vérifier les conditions avant de partir.
Les excursions faciles à 1h de Barcelone
Illa Roja, la plus spectaculaire
Difficile de la confondre avec une autre. Entre la plage du Racó et Sa Riera, à Begur, Illa Roja doit son nom à l’imposant rocher rougeâtre qui semble émerger directement de la Méditerranée.

Accessible par le sentier côtier, cette plage offre l’un des décors les plus reconnaissables de la Costa Brava. Le contraste entre le bleu de l’eau, le vert des pins et les tons cuivrés de la roche en fait également l’un des endroits les plus photogéniques du littoral catalan.
Son environnement préservé donne le sentiment d’avoir découvert une crique secrète, même si le lieu est aujourd’hui bien connu des habitués. Illa Roja est traditionnellement fréquentée par les naturistes.
Son petit plus : son immense rocher rouge, particulièrement impressionnant depuis le Camí de Ronda.
Aiguablava, la plus turquoise
Son nom signifie littéralement « eau bleue ». Et pour une fois, la promesse n’a rien d’exagéré. Nichée au pied des collines de Begur, Aiguablava déroule une petite plage de sable clair face à une baie protégée aux reflets turquoise.
Longue d’environ 80 mètres, la crique présente une entrée progressive dans l’eau, appréciée des familles et des baigneurs à la recherche d’une mer calme. Elle constitue également un terrain idéal pour le kayak ou le snorkeling. Le décor a cependant un prix : Aiguablava est l’une des plages les plus convoitées de la région en juillet et en août.
Son petit plus : une eau dont la couleur évoque davantage les Baléares ou les Caraïbes que le nord de la Catalogne.
Le bon réflexe : arriver tôt le matin, avant que les parkings et la plage ne se remplissent.
5 idées de promenades à moins d'1h de Barcelone
El Canadell, la plus élégante
À Calella de Palafrugell, El Canadell propose un autre visage de la Costa Brava. Ici, pas de grande falaise spectaculaire, mais une plage bordée d’anciennes maisons de villégiature, de petits garages à bateaux et d’une agréable promenade face à la mer.
À la fin du XIXe siècle, la bourgeoisie de Palafrugell venait déjà y passer ses journées de loisirs. La promenade actuelle a conservé une partie de cette atmosphère raffinée, presque hors du temps.
Avec les barques posées sur le sable, les façades blanches et les terrasses voisines, El Canadell ressemble à une carte postale de la Méditerranée d’autrefois.
Son petit plus : pouvoir alterner baignade, déjeuner en terrasse et promenade dans les ruelles de Calella de Palafrugell.
Cala S’Alguer, la plus authentique
Quelques maisons blanches, des portes peintes de couleurs vives et des barques tirées sur les galets : Cala S’Alguer ressemble moins à une plage classique qu’à un minuscule village de pêcheurs figé dans le temps.
Située entre La Fosca et la plage de Castell, cette crique est accessible à pied par le sentier côtier. Ses anciennes cabanes, dont les origines remontent au XVe siècle, servaient autrefois à abriter les pêcheurs et leur matériel. L’ensemble est aujourd’hui protégé pour sa valeur architecturale et paysagère.
On vient ici davantage pour contempler le décor, se baigner dans une eau claire et profiter du calme que pour étendre sa serviette sur une longue plage de sable.
Son petit plus : l’impression d’entrer dans un décor resté presque intact depuis plusieurs siècles.
Les 15 plus belles plages secrètes d’Espagne à découvrir absolument
Platja de Castell, la plus sauvage
C’est l’une des dernières grandes plages non urbanisées de la Costa Brava. À Palamós, Platja de Castell a échappé aux immeubles et aux grands complexes hôteliers grâce à la mobilisation des habitants, attachés à la préservation du site.
Le résultat est spectaculaire : une large étendue de sable bordée de pins et de champs, sans promenade bétonnée ni constructions massives en front de mer. Le promontoire voisin abrite par ailleurs les vestiges d’un ancien établissement ibérique et offre une vue remarquable sur la baie.
Castell est suffisamment vaste pour accueillir les familles, tout en conservant une vraie sensation de nature.
Son petit plus : elle réunit l’espace d’une grande plage et le décor préservé d’une crique sauvage.
Cala Estreta, la plus secrète
Depuis Platja de Castell, il faut continuer à pied sur le Camí de Ronda pour atteindre Cala Estreta. Aucun parking au bord de l’eau, aucun bar de plage, aucune rangée de parasols : seulement une étroite bande de sable et de galets entourée de falaises, de pins et de végétation méditerranéenne.
Considérée comme l’une des criques les mieux préservées de la Costa Brava, elle se mérite. L’accès s’effectue uniquement à pied et aucun service n’est disponible sur place.
Cette relative difficulté d’accès lui permet de conserver une atmosphère plus paisible que les plages desservies directement par la route.
Son petit plus : la sensation d’avoir atteint un refuge isolé au terme d’une marche au bord de la mer.
À prévoir : de bonnes chaussures, suffisamment d’eau et tout le nécessaire pour repartir avec ses déchets.
Cala Pola, la plus photogénique
À environ quatre kilomètres de Tossa de Mar, Cala Pola apparaît au fond d’une étroite ouverture entre deux promontoires rocheux. Ses eaux turquoise, ses falaises couvertes de pins et sa plage de sable doré en font l’une des plus belles cartes postales du secteur.
La crique, longue d’environ 70 mètres, peut être rejointe depuis la route GI-682, par le sentier côtier ou par la mer. Contrairement à certaines plages plus isolées de cette sélection, elle dispose de quelques services en saison.
Elle est particulièrement belle lorsqu’on l’observe depuis les hauteurs, avant de descendre vers l’eau.
Son petit plus : un paysage qui concentre presque tous les symboles de la Costa Brava sur quelques dizaines de mètres.
Cala Futadera, la plus méritée
Un long escalier, un dénivelé important et, au bout de la descente, une crique presque invisible depuis la route. Située au nord de Tossa de Mar, près de Cala Giverola, Cala Futadera récompense les visiteurs prêts à fournir un petit effort.
La plage, composée de sable grossier et de galets, est encadrée par des falaises abruptes et des pins qui semblent plonger dans la mer. Elle ne dispose d’aucun service et son accès n’est pas adapté à tous les publics. La pratique du naturisme y est autorisée.
À l’arrivée, l’eau transparente et le paysage sauvage font rapidement oublier les marches.
Son petit plus : le sentiment d’accéder à un lieu caché, loin des promenades maritimes et des plages urbaines.
À ne pas oublier : la remontée est plus exigeante que la descente, surtout aux heures les plus chaudes.
Sa Boadella, la plus inattendue
Lloret de Mar évoque souvent les grandes plages urbaines, les hôtels et les nuits animées. Sa Boadella raconte pourtant une tout autre histoire.
Située à l’écart du centre, cette plage d’environ 250 mètres est entourée de végétation et de rochers. Les voitures ne peuvent pas atteindre directement le rivage : il faut stationner à proximité de la route de l’ermitage de Santa Cristina, puis marcher un peu plus de 200 mètres sur un chemin de terre.
Sa Boadella reste équipée des services essentiels, tout en offrant une atmosphère beaucoup plus naturelle que les principales plages de Lloret.
Son petit plus : elle bouscule les clichés sur la station balnéaire et constitue une belle dernière étape sur la route vers Barcelone.
Dix plages, dix manières de découvrir la Costa Brava
Toutes ces plages ne sont pas secrètes, et certaines peuvent être très fréquentées au cœur de l’été. Mais chacune révèle une facette différente du littoral catalan : les reliefs minéraux du Cap de Creus, les eaux turquoise de Begur, les villages de pêcheurs de l’Empordà ou les falaises boisées de Tossa de Mar.
Pour mieux en profiter, une règle s’impose : partir tôt, privilégier les sentiers côtiers lorsque cela est possible et ne pas hésiter à marcher quelques minutes de plus. Sur la Costa Brava, les plus beaux paysages se trouvent rarement au bout d’un parking.
À quelques heures seulement de la France, le paradis est parfois beaucoup plus proche qu’on ne l’imagine.
Sur le même sujet













