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Un contrat ferroviaire juteux avec le géant thaïlandais CP critiqué

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 17/05/2019 à 00:00 | Mis à jour le 17/05/2019 à 01:31
Photo : LPJ Bangkok.com
Train-TGV-Thailande

L'attribution par la junte thaïlandaise d'un contrat de 6,3 milliards d’euros sur une ligne de train à grande vitesse clé à un consortium dirigé par la famille la plus riche du royaume, cela quelques jours seulement avant la première séance du nouveau parlement, a suscité des critiques de la part de plusieurs opposants qui ont exhorté le pouvoir sortant à reconsidérer. 

La junte, qui dirige le pays depuis le coup d'État de 2014, a été critiquée pour le manque de transparence de ses dépenses, peu sujettes à un quelconque contrôle et effectués sans débat public sur les grands projets d'infrastructures et les achats d'armement.

La ligne ferroviaire concernée, d'une longueur de 220 km, reliera les deux principaux aéroports de Bangkok, Don Muang et Suvarnabhumi, à celui d’U-Tapao, situé près de la ville balnéaire de Pattaya, au sud-est.

Cette zone constitue un "passage" vers l’immense Corridor économique de l’Est (EEC), l’ambitieux programme d’infrastructures de la junte d’un budget de 40 milliards d’euros, visant à transformer la zone côtière séparant les villes en un pôle technologique.

Lundi, la junte a annoncé qu'un consortium de 13 sociétés mené par le groupe Charoen Pokphand, un conglomérat géant qui s’étend du secteur de l'alimentation aux télécoms, avait remporté le contrat ferroviaire.

Le président du groupe CP, Dhanin Chearavanont, 80 ans, est le patriarche de la famille la plus riche de Thaïlande, dont la fortune est estimée à 14,85 milliards de dollars, selon Forbes.

Le consortium comprend la société chinoise Railway Construction Corporation, la Banque Japonaise pour la Coopération Internationale (JBIC) et l'allemand Siemens.

Mais le timing de cet accord suscite des doutes chez certains qui craignent que la procédure ait été accélérée pour passer avant la constitution d’un nouveau Parlement.

"Il est inapproprié pour eux de prendre des engagements sur ça", a déclaré à l'AFP Thanathorn Juangroongruangkit, chef du parti Anakot Mai (Nouvel Avenir), qui est devenu le troisième parti après les élections de mars.

"Il est dans l'intérêt du peuple thaïlandais que nous réexaminions" l'accord, car il pourrait constituer un "fardeau" pour le prochain gouvernement, a-t-il déclaré.

Des coalitions pro et anti-junte se disputent le droit de diriger le gouvernement.

Un porte-parole du parti Pheu Thai, qui dirige la coalition anti-junte, a déclaré que ses demandes de précisions sur l'accord etaient jusqu'à présent restées lettres mortes.

"Ces contrepouvoirs auront lieu" après la convocation du Parlement, a prévenu le porte-parole adjoint du parti, Thepparith Senamngern.

"Les choses qui sont passées rapidement peuvent aussi être ... révoquées", a-t-il ajouté.

La liaison ferroviaire doit encore être approuvée par le nouveau gouvernement, qui devrait être en place d'ici quelques semaines.

Selon le site internet de l’EEC, le projet coûtera 7,1 milliards de dollars (6,3 milliards d’euros).

Un conseiller de l’EEC a défendu l'attribution du contrat à CP Group.

Leur proposition était "plus intéressant", a déclaré Djitt Laowattana à l'AFP.

Bien que peu expérimenté dans le secteur ferroviaire, le groupe CP a remporté le contrat en raison de ses liens étroits avec la Chine, a déclaré Benjamin Zawacki, expert en relations sino-thaïlandaises.

L'investissement chinois est "le" point d'ancrage "de l’EEC", a-t-il ajouté.

CP Group n'a pas répondu aux demandes de commentaires.
 

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