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TRAVAILLER EN THAILANDE – Les jeunes se regroupent pour trouver le bon cap

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 13/02/2014 à 23:00 | Mis à jour le 14/03/2019 à 09:57
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Thomas Sanchez préside le comité YP (Young Professionals) de la Chambre de commerce franco-thaïe (FTCC). L'objectif ? Rassembler les jeunes, organiser des ateliers et mettre à leur disposition les conseils avisés d'experts pour les aider dans leur parcours. Ce trentenaire français, commercial pour la société Eurofood, a lui-même bénéficié du soutien de la FTCC pour trouver son poste et tient à renvoyer l'ascenseur. Il nous présente le comité YP

LePetitJournal.com : En quoi consiste le comité YP ?
Thomas Sanchez : Le comité YP a été crée il y a 4 ans par Ali Ziani, ancien responsable de la communication à la Chambre de Commerce, et d'autre membres fondateurs (dont Thomas Sanchez fait partie NDLR). L'objectif de base était de créer une sorte d'association pour que les gens se rencontrent, surtout des Français, des jeunes professionnels ou à la recherche d'un emploi, en organisant des networkings. L'idée principale était de proposer une offre différente, du contenu et mieux faire connaître le marché du travail ici. Aujourd'hui, on a des orateurs, des invités qui viennent raconter leurs réussites, partager leur expérience professionnelle. Ça se déroule sous forme d'atelier de recherche d'emploi lié au marketing, au web 2.0, tout ce qui peut intéresser les jeunes professionnels. On a commencé en faisant quelques réunions par an et ça a bien fonctionné, du coup on a continué.

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Quels sont les thèmes que vous y abordez ?
Il y a le "personnal branding" qui est la manière de se faire sa propre publicité. Tout ce qui traite du marketing 2.0, du virtuel, des networkings sur internet, ce sont toujours des sujets qui sont appréciés et transversaux. On ne peut pas toujours faire la même chose car il faut réussir à intéresser tout le monde. Les ateliers de recherche d'emploi marchent très bien mais on essaye de ne pas faire que ça. Les ?success story' aussi sont très demandées. On a d'ailleurs pour projet de suivre une entreprise française dans ses débuts et, par exemple, refaire un point au bout de trois mois pour voir comment tout ça a évolué.

Qui sont ces jeunes qui participent à vos événements et quel est leur intérêt ?
Il y a 1/3 à la recherche d'un emploi, 1/3 de personnes déjà installées et 1/3 de Thaïlandais et non-Français. Au final il n'y a pas vraiment d'âge type, ce sont surtout des personnes qui n'ont pas d'expériences en Thaïlande et qui cherchent à comprendre comment ça se passe, le marché du travail, les différences culturelles, etc. Dans l'idéal on aimerait dire que ces événements sont là pour leur ouvrir l'esprit, pour qu'ils puissent connaître davantage la culture thaïlandaise, mais ce n'est pas réellement ça. En vrai, ce sont principalement des personnes en recherche de connexions, de réseaux. Il s'agit aussi de personnes qui viennent d'arriver, qui sont à la recherche d'un emploi et qui ont besoin de nous. Certains sont intéressés car ils veulent développer un business et ont besoin de faire des rencontres. Et puis il y a ceux qui sont établis ici depuis quelques années et qui viennent pour rendre un peu a la communauté. Pour ma part j'ai trouvé mon boulot grâce à la Chambre de Commerce et j'avais envie de les aider comme ils l'ont fait pour moi.

Quelles sont les difficultés le plus souvent rencontrées par ces jeunes en recherche d'emploi ?
Si demain vous allez chercher un boulot en France et que vous ne parlez pas français, ça risque d'être un poil compliqué. Ici, c'est exactement la même chose. Avec la barrière de la langue, c'est toujours le plus difficile. Et puis les attentes sont parfois trop élevées. Vous ne pouvez pas vous permettre de demander le même salaire qu'un manager qui a déjà dix ans d'expérience ici par exemple. Il y a un fossé parfois difficile à franchir. Le manque d'expérience dans le pays y joue beaucoup aussi. On arrive avec de grandes attentes mais finalement il faut commencer un peu plus bas. Les plus belles histoires que l'on entend sont souvent des gens qui ont fait des sacrifices au début, qui se sont accrochés pendant six mois, un an, et pour qui aujourd'hui tout se passe très bien. Du coté thaï, ce n'est pas toujours facile pour les patrons de prendre des occidentaux qui effectuent leur première expérience ici et qui peuvent un peu perdre les pédales. Et puis on ne sait jamais combien de temps les gens vont rester dans le pays. Certains ont dans l'idée de faire un tour du monde, ils posent leur sac à dos un temps dans un endroit puis après ils partent, ce n'est pas forcement évident.

La demande de participation aux événements est-elle croissante ?
Le comité a été un peu dormant pendant quelques mois, on s'en est un peu moins occupé. Mais depuis six mois ce sont vraiment les membres du comité qui font tout au nom de la Chambre de Commerce, toujours participante au projet. On essaye d'organiser des événements plus fréquents, de faire venir plus de personnes. Il est vrai que depuis six mois, c'est de plus en plus intéressant car beaucoup de monde participe à nos événements et beaucoup de personnes qui ne sont pas membres viennent aussi découvrir. Ça marche de mieux en mieux.

Quelle catégorie de personnes ciblez-vous en particulier ?
Les Thaïlandais! L'objectif pour 2014, pas seulement pour nous mais aussi pour la Chambre de Commerce, est de développer des sujets qui vont intéresser le plus de Thaïlandais possible. On aimerait avoir des speakers thaïs qui raconteraient leur expérience personnelle et leur culture. Aujourd'hui nous sommes très forts sur la communauté française et occidentale, mais avec les Thaïlandais c'est plus difficile. On a eu des intervenants brillants, passionnants, c'était toujours très français, et c'est discriminant. Un gars qui a une superbe expérience mais qui parle très peu anglais et pas du tout thaïlandais, c'est très compliqué pour lui de se faire comprendre. D'autres sont trop dans leur "référentiel farang", du coup ça devient discriminant aussi. On veut vraiment que ça change et je pense que notre prochain intervenant sera un Thaïlandais qui pourra aussi nous raconter son histoire et pourra attirer des gens. Nous avons organisé certains thèmes qui étaient peut-être un peu trop centrés sur les Français et qui au final nous ont vraiment éloigné des Thaïlandais. C'est cela que l'on veut changer. Il faut arrêter d'être centrés sur nous-mêmes avec nos chapeaux de colons. L'idée est vraiment de faire quelque chose qui soit parlant pour eux, qu'ils puissent se reconnaître dans le sujet abordé, et que ça leur donne envie de venir y participer. C'est un gros challenge. Aujourd'hui on aimerait également intégrer des Thaïlandais dans le comité, trouver une personne pour tirer les choses et proposer des idées.

Quels sont les futurs événements prévus ?
On a deux types d'événements maintenant. Des événements avec intervenants, et des événements sans intervenants. On va développer des conférences et aussi mettre en place des afterworks, boire un verre, échanger des cartes car c'est très important ici. Le prochain se déroulera en mars, la date reste encore à confirmer. Il s'agira d'une personne qui nous racontera sa propre réussite et il faudra que ce soit très thaï tout en intéressant les occidentaux. On est en train de travailler sur ça.

Pour contacter Thomas Sanchez, cliquez ici ; Voir aussi le site Internet de la FTCC

Propos recueillis par Laura BUDULIG (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) mercredi 12 février 2014

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