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SERIE D'ATTENTATS A BANGKOK – A qui profite le crime ?

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 09/01/2007 à 01:00 | Mis à jour le 12/03/2019 à 03:08
Photo : Pierre Queffélec - La thèse d'une action voulant discréditer le gouvernement persiste
Bombe VIctory Monument Bangkok

Une semaine après la nuit explosive du 31 décembre au 1er janvier, les pistes pour trouver les coupables restent multiples. Cette nuit là, 8 bombes ont explosé dans divers endroits de Bangkok et à Nonthaburi faisant 3 morts et une quarantaine de blessés. Elles ont également entraîné d'importantes conséquences politiques et économiques

Le gouvernement, perçu comme incapable d'assurer la sécurité, apparaît comme la première victime collatérale des attentats : après avoir joui d'une cote de popularité de 90% lors de sa nomination, le Premier ministre Surayud est tombé à 49% d'opinion favorable le 4 janvier.

56% des Thaïlandais interrogés lors d'un sondage mené par le Bangkok Post ressentent un sentiment d'insécurité au quotidien. Selon les experts, la population pourrait développer des syndromes de stress post-traumatique si elle était exposée de façon répétitive à la réalité ou à la crainte des attentats.

Les marchés ont eux aussi réagi avec une baisse de l'index flirtant avec les 10% depuis le 3 janvier, alors qu'elle était déja de 15% depuis le 20 décembre. De fait, le rebond observé après le krach historique du 19 décembre a été réduit en charpie par les bombes. Selon des économistes, les attentats devraient coûter 50 milliards de bahts au cours du premier trimestre, soit 0.5 % du PNB, accompagné entre autres d'une chute de 10 à 20% de la fréquentation touristique.

Les attentats étaient manifestement destinés à choquer l'opinion publique tout en évitant le carnage. Aussi, la question que chacun se pose est : à qui profite le crime ?

La piste militaire

L'hypothèse du terrorisme international a rapidement été écartée en raison notamment du faible taux de dégâts recherché tandis que l'insurrection du sud musulman est apparue peu probable pour des raisons techniques, type d'explosifs, mode opératoire, moyens. Néanmoins, les deux hypothèses pourraient très bien se combiner en une seule tout à fait valable : une action locale venant du sud appuyée par un soutien international.

Dès les premières heures qui ont suivi les attentats, le Premier ministre a pointé le camp de "ceux qui ont perdu le pouvoir avec le Coup d'état du 19 septembre et cherchent à déstabiliser le gouvernement" autrement dit Thaksin et ses alliés. Une accusation hâtive très critiquée et qui ne semble pas convaincre l'opinion.

Une piste évoquée avec insistance ces derniers jours en revanche, est celle "d'hommes en uniformes "proche du cercle du pouvoir ayant pu agir pour ou contre ce dernier. Le général Sonthi prenait, vendredi dernier, la peine de préciser que le Conseil National de Sécurité restait uni, alors qu'on apprenait ensuite que deux membres du CNS, le chef de la police et le chef de l'armée de l'air, n'avaient pas été conviés à la dernière réunion sur la sécurité intérieure ! Comme lors du coup d'Etat où ces derniers avaient été mis devant le fait accompli...

Yann Lucas (www.lepetitjournal.com Bangkok) mardi 9 janvier 2007

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