Lundi 25 janvier 2021

Quatre militants thaïlandais entendent les accusations de lèse-majesté

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 01/12/2020 à 02:11 | Mis à jour le 01/12/2020 à 11:07
Photo : REUTERS/Athit Perawongmetha - De gauche à droite Panupong Jadnok, Parit Chiwarak, Panusaya Sithijirawattanakul et Arnon Nampa se sont présentés lundi à un commissariat de police pour entendre des accusations de lèse-majesté
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Quatre chefs de file du mouvement anti-gouvernemental thaïlandais se sont présentés lundi à un commissariat de police pour entendre des accusations de lèse-majesté, mais ont affirmé que cela ne les dissuaderait pas de poursuivre leur combat.

C'est la première fois en plus de deux ans que la sévère loi de lèse-majesté, l’article 112 du code pénal thaïlandais qui prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison, est invoquée dans le cadre de poursuites judiciaires.

"Le 112 est une loi injuste. Je ne lui donne aucune valeur", a déclaré à la presse Arnon Nampa, l'avocat des droits des droits parmi les principaux leaders du mouvement de contestation qui aspire à moderniser la société thaïlandaise en réformant les principales institutions dont la monarchie. "Je suis prêt à me battre dans le système judiciaire."

Arnon Nampa était accompagné lundi par Panupong Jadnoka de son diminutif "Mike Rayong", Panusaya Sithijirawattanakul alias "Rung", et Parit Chiwarak alias "Penguin".

Nous avons reconnu et nié les accusations, a déclaré Arnon Nampa au poste de police.

Au total, sept leaders de la manifestation font l’objet d’accusations de lèse-majesté. Et avec des dizaines d'autres manifestants, ils font également face à d'autres accusations liées à des manifestations depuis juillet.

Trois autres, Patsaravalee «Mind» Tanakitvibulpon, Jutatip Sirikhan et Tattep «Ford» Ruangprapaikitseree, ont été convoqués lundi, ont-ils fait savoir via leur compte Twitter.

Le mouvement initié en début d’année par des étudiants constitue un défi inédit depuis l’abolition de la monarchie absolue pour la royauté et l’establishment qui l’entoure, car les jeunes militants ont brisé un vieux tabou en osant mettre le doigt ouvertement sur le rôle et le statut de la monarchie dans la tumultueuse vie politique thaïlandaise et vis-à-vis de la condition du peuple thaïlandais.

Le Palais Royal n'a fait aucun commentaire depuis le début des manifestations, mais le roi a déclaré à un journaliste de la télévision britannique qu'il «aimait quand même» les manifestants malgré leurs actions.

Ces derniers demandent que les pouvoirs du roi soient limités et que son statut et ses prérogatives soient clairement encadrés par la Constitution. Ils veulent également revenir sur les changements intervenus récemment et en vertu desquels les biens de la couronne et certaines unités de l'armée se trouvent désormais sous le contrôle direct du souverain.

Certains reprochent à la monarchie d’avoir permis des décennies de domination du pouvoir politique par l'armée, qui a mené 13 coups d'État réussis depuis la fin de la monarchie absolue en 1932.

Le dernier en date a été mené en 2014 par l’ancien chef de l'armée, Prayuth Chan-O-Cha, reconduit au poste de Premier ministre en 2019 a l’issue d’élections controversée. Prayuth avait affirmé en juin que la loi de lèse-majesté n'était pas invoquée à la demande du roi.

"Utiliser le 112 contre nous tous montre au monde et à la société thaïlandaise que la monarchie est désormais l'opposition politique", a déclaré Penguin.


 

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