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Quand les entreprises asiatiques investissent en France

Par Carol ISOUX | Publié le 11/11/2014 à 23:00 | Mis à jour le 08/11/2019 à 06:12
Photo : LPJ Bangkok.com
Entreprise-thailandaise-france

L'Asean représente des opportunités pour les entrepreneurs français. Mais l'inverse est vrai aussi et les entreprises de la zone Asean qui investissent en France sont de plus en plus nombreuses.

Ces cinq dernières années, c'est surtout la déferlante des investissements chinois en France qui a fait parler d'elle. Les grandes entreprises de l'Empire du Milieu débarquent soit sous forme de filiales (Huawei, ZTE) soit de joint-ventures avec des entreprises françaises (Dongfeng avec PSA Peugeot Citroën, Fosun avec le Club Med?), des "alliances stratégiques mondiales qui sont l'exception française", explique Hubert Testard, ancien directeur du Service Economique Régional à Singapour. Des alliances qui requièrent en effet une certaine souplesse culturelle qui serait une qualité des managers français.

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11e FORUM ASEAN - 17 et 18 novembre, Bangkok

Les 17 et 18 novembre aura lieu à Bangkok 11e Forum Asean, un rendez-vous économique de haut niveau doublé d'un espace d'affaires, organisé par les Conseillers du Commerce Extérieur.

L'événement réunira des personnalités du monde des affaires et des analystes pour évoquer autour de tables rondes différents sujets portant sur l'ASEAN et aussi ses relations avec la France (et plus largement les relations entre l'Asie et l'Europe).

Le forum sera animé par Nicolas Beytout, journaliste économique fondateur du journal l'Opinion, qui intervient régulièrement sur le plateau de l'émission C Dans l'air sur France 5. On retrouvera notamment Surin Pitsuwan, l'ancien secrétaire général de l'Asean, Louis Gallois, Président du Conseil de Surveillance du groupe PSA et auteur du rapport sur la compétitivité, le géopoliticien Jean-Christophe Victor, présentateur de l'émission "Le dessous des cartes" sur Arte ou encore François Loos, l'ancien ministre délégué au commerce extérieur et ancien ministre délégué à l'Industrie.

Le nouveau président du Comité national des CCEF, Alain Bentejac, sera également présent, accompagné de neuf des 10 ambassadeurs de France en poste dans l'ASEAN dont bien entendu Thierry Viteau, ambassadeur de France en Thaïlande.

Philippe Varin, représentant spécial du Ministre des Affaires étrangères et du Développement international, en charge des relations économiques avec l'ASEAN, fera un discours d'ouverture ainsi que Matthias Fekl, secrétaire d'état chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger qui s'exprimera via un message vidéo.

Pour en savoir plus, lire aussi notre article
11e FORUM ASEAN ? Des têtes d'affiches pour mobiliser l'équipe de France de l'export

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Les sponsors du Forum

Les investissements directs chinois en France représentent aujourd'hui plus de 4 milliards d'euros, les entreprises chinoises emploient 11.000 personnes.

Quant aux Japonais, premiers investisseurs asiatiques, ils emploient plus de 70.000 personnes en France et injectent 12 milliards d'euros dans notre économie, principalement par le biais de leurs champions nationaux.

Les pays de l'Asean investissent eux aussi en Europe

Moins connues, certaines entreprises issues des pays de l'Asean commencent néanmoins  à faire leurs premiers pas en France, parfois même en sauvant des entreprises à la dérive.

La preuve avec le groupe thaïlandais Double A qui rachète et relance depuis l'année dernière l'usine de pâte à papier d'Alizay (Eure), pour un investissement d'environ 54 millions d'euros. Après avoir redémarré la machine à papier en juin et embauché plus de 150 personnes, Double A se donne pour objectif de développer son activité en Europe depuis son site français

Autre exemple, le géant pétrochimique thaïlandais PTT possède désormais 85% de Vencorex, producteur grenoblois de composants chimiques pour les marchés de l'automobile et du bâtiment.

Les avantages compétitifs de la France

Il ne s'agit pas que de sauvetage d'entreprises en déroute, mais aussi d'acquisitions stratégiques, tel le rachat de Petit Navire, notre champion national du thon en boîte, passé sous pavillon thaïlandais en 2010.

Le groupe Thai Union Frozen (TUF), coté à la Bourse de Bangkok, a déboursé 680 millions d'euros pour se l'offrir. "L'objectif est de créer un leader mondial des produits de la mer", a déclaré Thiraphong Chansiri, le président de TUF qui vient de racheter cette année le leader français du saumon, MerAlliance, tout en laissant présager de nouvelles acquisitions à venir.

La France peut effectivement être une bonne plateforme pour une expansion en Europe ainsi qu'au Moyen Orient, marché explicitement visé par ces champions thaïlandais.

D'un point de vue logistique, bien sûr, mais aussi fiscal. "En Afrique du Nord, le papier d'Asie est taxé. Pas celui venant d'Europe", souligne Thirawit Leetavorn, vice-président du groupe Double A.

Ces alliances permettent aussi d'attaquer le marché européen avec une marque connue, qui inspire confiance, débarrassée des préjugés qui pèsent parfois sur certains produits asiatiques.

A propos du rachat de Petit Navire, David Sankowitz, secrétaire général de MW Brands, ancien propriétaire de la marque, souligne "la complémentarité entre une marque connue et une entreprise qui fabrique surtout pour d'autres."

L'émergence de géants 100% Asean

On assiste en ce moment à l'émergence de grands groupes Asean.

Pays à surveiller tout particulièrement, l'Indonésie, dont le dynamisme étonnant semble parti pour durer. Avec une croissance économique de près de 8%, le pays se situe juste derrière la Chine. Plusieurs conglomérats indonésiens comme Astra ou Lippo misent d'abord sur d'autres pays de l'Asean.

Lippo vient d'annoncer un investissement de 5 milliards de dollars d'ici 5 ans, dans les domaines de la santé, de la distribution alimentaire et des télécoms, aux Philippines, Vietnam et Birmanie (Myanmar).

Première étape du processus d'intégration, des géants Asean se construisent, qui pourraient d'ici quelques années se lancer à la conquête des marchés européens.

Carol ISOUX mercredi 12 novembre 2014

Carol-Isoux

Carol ISOUX

Carol Isoux est correspondante en Asie du Sud Est depuis une dizaine d’années, après un passage en Chine. Elle couvre l’actualité de la zone pour les médias français (BFM, Ouest-France, l’Obs, Europe 1...) et internationaux (South China Morning Post).
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