Le rêve de médaille olympique d’un Français en Thaïlande

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 07/08/2012 à 00:00 | Mis à jour le 23/10/2020 à 04:41
Photo : Denis n'a pas eu la chance de disputer les J.O. en tant que coureur puisque le BMX n'est devenu sport olympique qu'en 2008 à Pékin (photo courtoisie Denis Labigang)
Denis Labigang

Denis Labigang, gère depuis la Thaïlande sa marque de cadres de vélos BMX qui sera utilisée la semaine prochaine aux Jeux Olympiques par un jeune coureur français bien placé pour décrocher une médaille. Les cadres du Français sont avant-gardistes puisqu'ils sont les premiers à avoir été fabriqués en fibre de carbone, matériel plus léger désormais repris par la concurrence

Cette semaine, Denis Labigang veillera tard, accroché à sa télévision pour suivre depuis Bangkok les jeux Olympiques. Son protégé, le Français Moana Moo Caille, 23 ans, disputera en effet à partir de demain l'épreuve olympique de BMX au guidon d'un vélo dont le cadre a été conçu par sa marque, Prophecy. Installé depuis un an et demi dans la capitale thaïlandaise, où il travaille en parallèle de sa société pour un fabricant n°1 local de vélo LA bicycle, cet ancien vainqueur de la Coupe du Monde de BMX en 1998, et double champion de France, a lancé Prophecy dès son arrivée en faisant un pari osé. "J'ai été le premier à réaliser des cadres en carbone alors que la plupart de la concurrence produit en acier et aluminium, annonce Denis Labigang, qui avait développé son premier modèle pendant 2 ans, alors qu'il était responsable marketing et chef de produits chez MBK. Le carbone est plus léger et permet d'avoir une certaine agilité sur les pistes de BMX, mais il était mal vu par certains coureurs en raison de certaines fourches sur le marché en carbone qui cassaient facilement. Aujourd'hui, le carbone apparaît comme l'avenir de la discipline puisque d'autres fabricants, dont le n°1 sur le marché viennent de se lancer dedans".

Un avenir qui dépend des résultats sportifs

Mais d'après Denis Labigang, la qualité de son travail ne suffira pas pour que Prophecy réussisse. "Les petites sociétés dépendent beaucoup des résultats sportifs des coureurs qu'ils choisissent pour les représenter au plus haut niveau", explique celui dont la compagnie ne vend pour l'instant que sur Internet. Pratiquant le BMX depuis ses 11 ans, ce natif d'Aix-en-Provence a l'avantage de connaître tous les coureurs grâce à sa belle carrière achevée en 2003. Il a sous son aile une équipe composée aujourd'hui de 8 "riders" professionnels en élite ou junior qui est amenée à évoluer selon leurs résultats et les opportunités de marché. "L'an prochain, j'aurai deux nouveaux représentants de la marque : un Français parce que c'est le marché où je vends pour l'instant le mieux, et un Néo-Zélandais car le prochain Championnat du Monde sera organisé là-bas", explique-t-il.

Moana Moo Caille en compétition avec le cadre de la marque Prophecy (photo courtoisie Denis Labigang)

Objectif podium olympique !

En convaincant le jeune Français Moana Moo Caille, pourtant réticent au départ à utiliser du matériel en carbone, Denis Labigang a eu le nez fin. Le Réunionnais d'origine a fini 3e des derniers Mondiaux, ce qui a donné un grand coup de projecteur à la marque. "Prophecy est très bien vue par les connaisseurs en termes d'image par ceux qui suivent le BMX, affirme Denis Labigang. Nos cadres sont perçus comme du très haut de gamme mais ils restent chers car ils sont faits en carbone. Le prix de nos cadres seuls correspondent à peu près au prix d'un vélo complet en acier ou aluminium chez nos concurrents (ndlr : entre 450? et 750?)."

Denis Labigang, sait qu'une médaille olympique de Moana Moo Caille serait un tremplin pour sa marque qui aura besoin de passer trois ans d'existence avant de faire ses premiers bénéfices. Depuis le début de leur collaboration, les deux hommes se parlent quasiment tous les jours, Denis ayant plus un rôle de conseiller que de simple fournisseur. "J'essaie de dire à Moana qu'il a de la marge par rapport à la plupart de ses concurrents et qu'il ne devra pas se mettre lui-même la pression comme il a l'habitude de le faire, raconte Denis. Les Jeux Olympiques sont plus ouverts que des Championnats du Monde car il y a en lice moins de coureurs américains, qui sont au top de la discipline avec les Français, explique Denis Labigang. S'il ne se met pas trop de pression, il peut décrocher une médaille."

Yann FERNANDEZ mardi 7 août 2012

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