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Le chef de la junte thaïlandaise se lance sur les réseaux sociaux

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 16/10/2018 à 00:00 | Mis à jour le 16/10/2018 à 04:07
Facebook junte thailandaise

Le Premier ministre thaïlandais et chef de la junte au pouvoir, Prayut Chan-O-Cha, s’est officiellement lancé sur les réseaux sociaux, ce week-end, sollicitant l’avis des Thaïlandais. Il a été servi !

Une série d’avis négatifs a inondé la toute nouvelle page Facebook officielle du Premier ministre thaïlandais, Prayut Chan-O-Cha, quelques heures après son lancement ce week-end – ainsi qu’une page Twitter et un site Internet mettant en avant les réalisations et l’histoire personnelle de Prayut. 

En quelques heures, note le Bangkok Post, la page Facebook a généré des dizaines de milliers d'inscriptions, de commentaires et de "likes".

Alors que les élections tant attendues approchent en Thaïlande après quatre ans de régime militaire, le général Prayut, connu pour son franc-parler et ses réflexions à l'emporte-pièce, a commencé ces dernières semaines à se présenter sous un jour plus sympathique, laissant penser qu’il se prépare une carrière politique, même s’il prétend n’avoir aucune ambition dans ce sens. 

Dimanche, la toute nouvelle page Facebook du Premier ministre affichait un message demandant des "suggestions" de la part de ses abonnés sur la politique de son gouvernement.

Les réactions ne se sont pas fait attendre, générant pas moins de 9.000 commentaires en moins de 24 heures, la majorité d’entre eux négatifs, souligne l'AFP. "Vous êtes un fardeau pour ce pays. Vous êtes un poids mort pour le pays," a écrit l’internaute Kraisorn Chuakram. "Si vous ne démissionnez pas, laissez faire des élections libres et justes."

Nombre de messages dénoncent aussi le fait de lancer une "campagne" en ligne alors que les partis politiques sont toujours sous muselés par une interdiction d’activité politique qui les empêche d’aller au contact du public. "Interdire les autres de faire campagne via les réseaux sociaux tout en ouvrant une page Facebook pour lui-même?" écrit Suvipan Jampa dans un commentaire qui a reçu plus de 1.300 réactions.

Depuis le coup d'Etat de mai 2014 qui avait visé à évincer la Première ministre Yingluck Shinawatra, les rassemblements politiques de plus de cinq personnes sont prohibés et les partis interdits de toute activité publique. Et si en septembre la junte a annoncé un "assouplissement" de l'interdiction des activités politiques, les partis ne peuvent toujours pas faire campagne.

D’autres internautes se sont montrés plus simples et directs dans leurs considérations. "Je voterai pour le Puea Thai lors des prochaines élections," annonce l’abonné Facebook Sichai Patthana.

Une simple façon de "communiquer"

Le secrétaire général adjoint du Premier ministre, Puttipong Punnakanta, a minimisé le phénomène. Il a indiqué à l’AFP que le lancement de ces plateformes de réseaux sociaux "n’a rien d’une campagne politique" et n’est qu’une simple façon de "communiquer" avec le public thaïlandais.

Le site Internet, qui reprend le slogan "stabilité, prospérité, durabilité", présente aussi une rubrique sondage dans laquelle les visiteurs peuvent sélectionner les mesures prises par le gouvernement actuel qu’ils préfèrent. 

"C’est bien que les gens postent des commentaires négatifs ou des points de vue différents, mais ils devraient s’exprimer de façon polie," a-t-il ajouté. "Je pense que cela convient au Premier ministre".

Bien entendu, de nombreux commentaires étaient dithyrambiques comme celui de Karnokporn Pongsattapichate exprimant "amour et foi" envers le chef de la junte. "Restez aussi longtemps que possible. Nous avons peur que les mauvaises gens reviennent et brulent le pays encore une fois," a-t-elle écrit. 

Des élections nationales doivent se tenir d’ici au mois de mai prochain et les dirigeants militaires ont laissé entendre que ce serait pour le 24 février. Cependant, la nouvelle Constitution rédigée par les généraux est faite pour leur permettre de rester maître du jeu quel que soit le parti désigné par les urnes. 
 

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