Un juge de la cour administrative suprême disculpe une nouvelle fois une agence gouvernementale accusée de négligence dans le cadre de recherches sur une variété de papaye génétiquement modifiée.
Il s'agit du premier dossier concernant des organismes génétiquement modifiés qui ait été porté devant les tribunaux thaïlandais. Pour être emblématique, l'affaire constitue aussi un long serpent de mer judiciaire. En 2006 l'organisation non gouvernementale Greenpeace décidait de poursuivre en justice le Département de l'agriculture (DOA). Cette agence gouvernementale chargée de recherches agronomiques sous la houlette du ministère de l'Agriculture était alors accusée d'avoir expérimenté une variété de papaye génétiquement modifiée à ciel ouvert sur une vaste de zone de près de deux hectares dans la province de Khon Kaen en 2003. L'expérimentation génétique visait à prémunir les papayers contre le virus Ringspot qui affecte leur développement.
Toutefois Greenpeace avait détecté la présence d'un gène résistant aux antibiotiques dans ces papayes expérimentales en contravention d'une directive européenne. Et à la suite de cette affaire, une importante chaîne de supermarché européenne n'avait pas tardé à exiger des certificats attestant l'absence d'OGM pour les papayes importées de Thaïlande. Des acheteurs japonais et australiens avaient adopté une attitude comparable. Par ailleurs des enquêtes de terrain menées tant par Greenpeace que par la Commission nationale des droits de l'homme avaient ultérieurement mis en lumière la contamination de champs de papaye dans plusieurs provinces jusqu'à Kamphaeng Phet, Rayong et Ubon Ratchatani notamment.
En 2008 un tribunal administratif lavait cependant le département de l'agriculture de l'accusation de négligence. Les juges avait alors souligné que le DOA avait pris les mesures nécessaires pour juguler la contamination en mettant terme à la distribution des graines de papaye et en détruisant les plantes dans les zones affectées. Greenpeace avait immédiatement fait appel de ce verdict. Après cinq années d'attente, l'avis rendu mardi 2 avril par un juge de la plus haute juridiction administrative du pays est de mauvais augure pour le verdict attendu en appel. Le juge Worasak a en effet endossé les attendus du premier jugement de 2008 qui avait disculpé le Département de l'agriculture.
E.D. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) jeudi 4 avril 2013
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