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EXPO – Une photographe thaïlandaise fait un pied de nez à la loi sur la burqa

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 16/09/2011 à 00:00 | Mis à jour le 03/01/2019 à 06:52
Photo : Ampanee Satoh, qui porte le hijab, est à la fois photographe et modèle de l'exposition (photo Agathe Charnet)
expo burqa France thailande

L'exposition Burqa 2010 présente jusqu'au 25 septembre à Bangkok le travail provocateur d'Ampanee Satoh, photographe thaïlandaise de confession musulmane fermement opposée à l'interdiction du port du voile intégral dans les lieux publics en France. La jeune femme porte un regard critique sur la législation française qu'elle accuse de porter atteinte à sa liberté

D'emblée, la photographie centrale appelle le regard. La femme est seule, debout, posant devant la silhouette familière de la Tour Eiffel sous un large ciel bleu d'avril. Du visage de cette femme, on ne distingue que les yeux, fermés. Elle prie. Une burqa rouge vif, flottant au vent, dissimule les formes de son corps. Cette femme voilée intégralement sous la tour Eiffel, c'est Ampanee Satoh, modèle et photographe de l'exposition Burqa 2010 qui se tient du 6 août au 25 septembre à la galerie de photographie Kathmandu sur Pan Road dans le quartier de Silom. Originaire de la province de Pattani et diplômée de l'Université Thammasat, Ampanee Satoh arrive en France en 2009. Elle étudie le français à l'Université d'Avignon puis est reçue en 2010 à École Nationale Supérieure de la Photographie à Arles. Le jury d'admission est alors conquis par son photo-reportage sur la vie des femmes musulmanes dans le Sud de la Thaïlande.

Du bord de mer à l'Arc de Triomphe

En avril 2010, le débat sur l'interdiction de la dissimulation du visage dans l'espace public est lancé en France. Ampanee, qui porte le hijab, voile laissant le visage apparent, est à la fois stupéfiée et révoltée : "On a dit que cette loi défendait la dignité des femmes musulmanes opprimées par leurs maris. Mais entraver une pratique individuelle de l'Islam, est-ce réellement protéger les femmes ?", interroge-t-elle. C'est au nom de ce qu'elle considère comme une atteinte à la liberté qu'Ampanee Satoh photographie. Quelques mois avant l'entrée en vigueur de la loi, le 11 octobre 2010, la photographe immortalise la burqa au sein du paysage français. Que ce soit devant les arènes d'Arles, face à l'Arc de Triomphe ou au bord de la mer, la même silhouette solitaire et droite défie l'objectif, drapée d'une burqa bleu azur, jaune d'or ou encore rose fuchsia au tissu balayé par la tramontane. Une manière pour elle de faire sauter aux yeux ce qui ne doit plus être vu. "C'était ma réponse à la loi", déclare la jeune femme de 28 ans. Après Singapour, Bangkok accueille à présent ses clichés militants. "La plupart des visiteurs thaïlandais approuvent mon travail, affirme-t-elle. Ils ne comprennent pas le but de cette loi et sont même surpris qu'elle ait été appliquée en France". Que l'on soit réfractaire ou favorable à la législation sur la dissimulation du visage, l'exposition Burqa 2010 est l'occasion d'appréhender le jugement d'une musulmane thaïlandaise sur la société française.

Agathe Charnet vendredi 16 septembre 2011

Burqa 2010 à la Kathmandu Photo Gallery
87 Pan road (près du temple indien),
Silom Road, Bangrak, Bangkok 10500
(à cinq minute de marche des BTS Chong Nonsi ou Surasak)
Ouvert tous les jours de 11 à 19 heures sauf le lundi jusqu'au 25 septembre 
Téléphone : 02-34-6700   
Plus d'informations sur http://www.kathmandu-bkk.com

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