Vendredi 14 mai 2021

DROITS DE L'HOMME - Deux disparitions toujours inexpliquées

Par Eric DESEUT | Publié le 11/03/2013 à 00:00 | Mis à jour le 13/03/2019 à 05:38

Après trois mois de silence, l'absence du militant associatif laotien Sombath Somphone reste toujours inexpliquée tandis le 12 mars marque l'anniversaire de la disparition de l'avocat thaïlandais Somchai Neelaphaijit survenue en 2004.

Le 12 mars 2013 marque le neuvième anniversaire de la disparition de Somchai Neelaphaijit. Cet avocat défenseur des droits de l'homme représentait cinq hommes qui faisaient état de tortures au cours de leur captivité dans la province de Narathiwat alors que les trois provinces du sud du royaume étaient sous le coup de la loi martiale depuis janvier 2004. Le 11 mars 2004, l'avocat thaïlandais avait officiellement déposé plainte après avoir largement médiatisé l'affaire. Le lendemain sa voiture était interceptée par cinq policiers sur une avenue de Bangkok. Somchai n'a plus jamais donné de nouvelles. Son corps n'a jamais été retrouvé et les responsables de cette disparition forcée n'ont pas été inquiétés malgré les efforts de la famille.

Pour sa veuve Angkhana Neelapaijit, cette disparition forcée est "un avertissement à tous ceux qui défendent les droits des autres". Angkhana Neelapaijit a été choquée par une autre disparition intervenue au Laos il y a déjà trois mois. Le 15 décembre 2012, la jeep de Sombath Somphone était stoppée sur une avenue de Vientiane à proximité d'un poste de police. Ce directeur d'une organisation non gouvernementale était notamment connu pour avoir donné une voix aux paysans laotiens qui voient leur accès aux terres communales de plus en plus menacé par les grands projets d'infrastructures et les concessions accordées à des sociétés étrangères. Pressés par les délégations diplomatiques comme par les parlementaires de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est de faire la lumière sur cette affaire les autorités laotiennes continuent à plaider l'ignorance invoquant un différent d'ordre privé qui se serait envenimé. Une chape de silence s'est depuis abattue sur la société civile laotienne qui vit aujourd'hui dans la crainte. La disparition de Sombath n'est plus évoquée que du bout des lèvres tandis que des rumeurs nauséabondes circulent opportunément impliquant le disparu dans des affaires louches.

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