Édition internationale

RENCONTRE - 3 questions à Benoît de Tréglodé, directeur de l’Irasec

Écrit par Lepetitjournal Bangkok
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 janvier 2018

En septembre, Benoît de Tréglodé a pris la tête de l'Institut de recherche sur l'Asie du Sud-Est contemporaine, pour quatre ans. Ce spécialiste du Vietnam arrive avec une ambition principale : diffuser la connaissance des chercheurs de l'Irasec à un plus large public, pour permettre une meilleure compréhension de la région

Benoît de Tréglodé (Photo courtoisie Irasec)

LPJ : Comment êtes-vous arrivé à la tête de l'Irasec ?
Benoît de Tréglodé : Je suis vietnamologue, descendant d'officier français au Vietnam. Dans les années 90, j'ai passé quatre ans à l'Ecole française d'Extrême-Orient à Hanoï. En 2001, Stéphane Dovert, le premier directeur de l'Irasec, m'a proposé de rédiger une monographie sur le Vietnam. A Sciences-Po Paris, où j'ai passé sept ans, j'ai créé et dirigé l'Observatoire sur le Vietnam contemporain. J'ai ensuite passé trois ans à Tokyo comme attaché culturel à l'ambassade de France, en charge de la gestion de la coopération universitaire. J'avais une profonde envie de revenir en Asie et l'Irasec est un défi très excitant.

LPJ : Quels sont vos objectifs pour l'Irasec ?
BDT : Nous voulons bien sûr continuer à valoriser les travaux des chercheurs français sur l'Asie du Sud-Est par des publications, générer des programmes de recherche. Parmi les ouvrages en préparation, des monographies de l'Indonésie, des Philippines et du Timor-Leste, l'Asie du Sud-Est dix ans après la crise, un Atlas des minorités musulmanes en Asie?
Nous souhaitons avant tout réussir à rentrer en contact avec un large public. Notre but n'est pas de produire de la connaissance pour un petit groupe d'experts, mais de permettre aux personnes ayant besoin d'une expertise sur la région de pouvoir améliorer leurs compétences. Un nouveau site Internet sera lancé en janvier. Les livres que nous co-éditons sont déjà distribués dans beaucoup de librairies françaises. L'un de nos grands chantiers est d'améliorer le réseau de distribution en Asie, même si on nous trouve déjà dans la moitié des 11 pays que nous couvrons. Nous souhaitons aussi mettre en avant les jeunes chercheurs asiatiques locaux, en les faisant travailler avec des chercheurs français.

LPJ : Vous êtes spécialiste du Vietnam, or, on entend beaucoup parler de ce pays comme d'un possible concurrent de la Thaïlande dans les années à venir. Qu'en pensez-vous ?
BDT : Le Vietnam reste un pays en voie de développement, où la classe moyenne est émergente. Pour le gouvernement vietnamien, l'enjeu n'est pas de rentrer en compétition avec la Thaïlande. C'est d'abord la relation avec la Chine qui est déterminante, Singapour étant l'autre pôle de référence du régime.
Lire la réalité d'un pays à travers ses statistiques et son taux de croissance, même excellent, est très réducteur. Si un pays crée des richesses, c'est parce qu'il doit répondre à des contraintes nationales, à une évolution démographique. Le Vietnam est un pays de 85 millions d'habitants qui a toujours fait preuve de dynamisme, mais son rapport à l'Asie du Sud-Est est encore flou. La considération prioritaire du régime est de répondre aux attentes d'une population jeune et dynamique, et de la diaspora. Voir le site de l'IRASEC
Propos recueillis par Emmanuelle MICHEL (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) vendredi 19 décembre 2008

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Publié le 19 décembre 2008, mis à jour le 9 janvier 2018
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