Édition internationale

INTERVIEW – Paul Dumont, candidat centriste, résident en Thaïlande

Écrit par Lepetitjournal Bangkok
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Paul Dumont, PDG de Francom Asia et candidat centriste aux élections législatives sur la 11e circonscription, continuera, s'il est élu, de résider en Thaïlande, pays dans lequel il vit depuis 1990. Il détaille au PetitJournal.com son programme qui a le soutien de quatre partis centristes qui forment l'Alliance Républicaine, Ecologiste et Sociale, le mouvement de Jean-Louis Borloo

Paul Dumont restera un Français de l'étranger après les élections (photo courtoisie Paul Dumont)

LePetitJournal Bangkok : Quelles attentes avez-vous ressenties chez les Français de l'étranger depuis le début de l'annonce de votre candidature en novembre ?
Je suis allé en Chine, en Corée, au Japon, aux Philippines, je dois encore aller à Singapour. Je me suis aussi rendu dans la province de la Thaïlande. A Pattaya, une réunion publique que j'organisais a rassemblé une trentaine de personnes avec qui nous avons échangé de façon très intéressante. Ces rencontres, corroborées aux réactions que j'ai eues à mes newsletters m'ont confirmé que les thèmes que j'avais mis en avant dès le début de ma campagne correspondaient bien aux attentes des Français de l'étranger. Dans un ordre d'importance, ce sont la scolarité, la fiscalité, la protection sociale, la présence consulaire et la binationalité. Ce qui m'a frappé partout c'est que les Français de l'étranger sont des gens heureux, déterminés et courageux. On ne sent pas chez eux le pessimisme ambiant qu'on peut ressentir en France. Ils n'attendent pas tout de la France, ils travaillent beaucoup.


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VOIR AUSSI
?Le site de Paul Dumont
?La page Facebook de Paul Dumont
?La carte des circonscriptions électorales (Législatives des Français de l'étranger)

EN CHIFFRES
?L'évolution du vote des Français de l'étranger pour les élections présidentielles depuis 1981
? Le résultat des Français de Thaïlande 1er tour 2012
? Le résultat des Français de Thaïlande 2007
? Le résultat de la France entière en 2012
? Le résultat des Français de l'étranger 1er tour 2012
? Le résultat des Français de l'étranger 1er tour 2012
? Le résultat dans la 11ème circonscription 1er tour 2012
? Les résultats détaillés par pays et par circonscriptions

EN SAVOIR PLUS
?Le site LePetitJournal.com spécial élections 2012
?Le site expatriés du Sénat
?Le site l'Assemblée des Français de l'Etranger (AFE)

LA PRESENTATION DES CANDIDATS

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Présentation de Alavandane Ramakichenane


De tous les candidats, vous êtes le seul à dire que vous allez rester habiter à l'étranger. Ne craignez-vous pas que cela soit préjudiciable à votre travail à l'Assemblée nationale, notamment pour un premier mandat ?
Si je suis élu, je prendrai du champ sur ma société, et je deviendrai député à temps plein. Evidemment, je serai à Paris pour toutes les sessions plénières mais la cohérence dans cette élection voudrait que les candidats soient des Français de l'étranger. Au lendemain des résultats, je continuerai à l'être. Car il faudra que le député continue de visiter les pays de la circonscription, et pour cela la Thaïlande où je réside est un endroit idéalement placé.

En cas d'élection, grâce à qui et de quelle façon allez vous couvrir les 49 pays de cette circonscription ? Avez-vous déjà rencontré les élus de l'AFE ?

Depuis cinq mois que je suis en campagne, j'ai pu identifier des gens qui m'ont proposé de m'aider. Cela a été le cas par exemple avec mon suppléant Romain Masson, un jeune professeur d'Histoire-Géographie du Lycée Français de Shanghai qui est membre du Parti Radical et que je ne connaissais pas avant ma campagne. J'aurai du monde sur qui m'appuyer quasiment dans tous les pays. Je connais bien les conseillers AFE quel que soit leur bord politique. Je parle avec Francis Nizet, Michel Testard, Marc Villard. Thierry Consigny et Alain-Pierre Mignon m'ont souhaité bonne chance pour ces élections. Quelle que soit leur obédience, cela se passera bien. Je mettrai aussi en place une équipe d'assistants parlementaires en France et peut-être en Asie.

Jean-Louis Borloo et Hervé Morin avaient appelé à voter Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle. Cela veut-il dire que vous siègerez dans un groupe centriste aux côtés de l'UMP si vous êtes élu ?

Le Parti Radical, dont je suis membre, a été très claire sur son positionnement puisqu'il a pris son indépendance financière de l'UMP début 2011. Jean-Louis Borloo, son président, veut créer au lendemain des législatives un groupe centriste qui sera dans l'opposition si la gauche l'emporte. Je serai dans ce groupe-là. Je serai le représentant d'une opposition constructive. Il y a aujourd'hui deux écueils à éviter : confier tous les pouvoirs au Parti socialiste, avec les risques que ferait peser la mise en ?uvre de son programme économique, et s'engager dans une opposition frontale, par nature stérile. Dans ces élections, je représente une alternative crédible entre la droite dure et une gauche dépensière.

Vous voulez procéder à une évaluation de la prise en charge des frais de scolarité (PEC) et du système de bourses avant une éventuelle modification. Quelles sont vos propositions pour mettre fin aux injustices et aux inégalités entre familles françaises face à ces dispositifs que vous relevez dans votre profession de foi ?
La PEC est emblématique de ce qu'il ne faut pas faire. La scolarité gratuite pour les enfants des Français de l'étranger : cela partait d'une bonne intention. Sauf que cinq ans plus tard, on se rend compte que la mise en ?uvre a été très partielle et limitée. J'ai rencontré des proviseurs, des présidents de comité de gestion, des associations de parents d'élèves, et très peu y sont favorables. La PEC a été un joli effet d'annonce mais on n'en avait pas parlé avant, il n'y avait pas le budget pour la mettre en place. Le système des bourses, ce n'est pas non plus la panacée et il exclut souvent les classes moyennes. Certains parents très aisés, qui dépensent beaucoup et n'ont donc pas de patrimoine, peuvent profiter des bourses, alors que des gens qui économisent pour acheter du patrimoine, n'y ont pas le droit. Monter un dossier n'est pas non plus une chose facile. C'est un sujet très complexe, il faut évaluer les deux systèmes, continuer à rencontrer les personnes concernées, et à partir de là, choisir le meilleur système ou le meilleur panachage possible entre les deux systèmes. Je suis lucide, je sais que François Hollande a annoncé la remise en cause de la PEC. Mais je ne suis pas certain que ce soit la bonne solution de faire ça dans l'urgence. Il va être difficile pour certains parents de revenir voir leur entreprise pour demander un retour à la prise en charge des frais de scolarité de leurs enfants. Cela me paraîtrait judicieux de laisser pendant un an le système tel qu'il est, même si on sait qu'il est imparfait, afin d'avoir le temps de procéder à son évaluation, et de prendre la mesure adéquate.
Pour tous les sujets, il ne faut pas se contenter de voter les lois. Je suis assez d'accord avec la façon de procéder de Jean-Louis Borloo. Pour lui, il existe trois temps pour résoudre les problèmes : on met tous les acteurs concernés autour d'une table, on fait un diagnostic partagé, et seulement alors, l'Etat reprend la main et prend une mesure en fonction du diagnostic.

Concernant la protection sociale, vous souhaitez "faire en sorte que tout Français de l'Etranger puisse avoir accès aux dispositifs publics ou privés lui permettant de faire face aux aléas de la vie". Quelles sont les mesures concrètes pour y arriver ? Le fonctionnement de la CFE doit-il rester comme il est ?
Je suis d'avis pour laisser le choix d'adhérer à la CFE ou d'appartenir à un régime privé. Si certains Français sont partis à l'étranger, c'est qu'ils ne veulent avoir une certaine liberté et ne pas être contraints aux mêmes règles qu'en France. Le rôle des élus sera de fournir plus d'informations sur les deux systèmes, mais aussi d'alerter sur les risques qui existent lorsqu'une personne n'est pas couverte. Quant à la question des tarifs de la CFE, qui sont parfois considérés comme élevés, il faut accepter lorsque l'on part à l'étranger de bénéficier de moins de prestations sociales. Il y a pour la CFE évidemment des choses à améliorer, mais c'est là encore un sujet à étudier à tête reposée.   

Vous dites que vous souhaitez faire appel aux technologies modernes pour aider à la facilitation des démarches consulaires, notamment pour l'obtention des certificats de vie. Ne craignez-vous pas une hausse des tentatives des fraudes si cette démarche est réalisée par Internet ?

Je comprends bien qu'il faille éviter les fraudes mais il existe aujourd'hui de meilleurs moyens techniques que l'envoi par la Poste. Il y a notamment Skype ou le système d'identifiants mis en place pour le vote par Internet qui pourraient être utilisés. Là-dessus, je ne suis pas certain qu'il faille légiférer. Il faut là encore mettre les acteurs autour de la table, c'est à dire les caisses et leurs affiliés. D'un point de vue plus général au niveau consulaire, les agents sont débordés étant donné que le nombre de Français des étrangers ne cesse d'augmenter dans cette partie du monde. Il n'est donc pas possible d'avoir une baisse du nombre d'agents consulaires. Il faudra donc une double action : renforcer les dispositifs informatiques tout en gardant le contact humain.   

Que proposez-vous pour aider les couples mixtes dans leurs démarches de visas, de mariage ?
Les lois qui concernent l'immigration peuvent être interprétées de façon différente selon la personne qui est derrière son guichet au service des visas. C'est pour cela que je dis que le contact humain est important. Il faut pouvoir s'adapter aux spécificités de chaque pays. On sait par exemple que les Thaïlandais ne souhaitent en général pas rester en France très longtemps. Il faut donc prendre cela en compte et faire en sorte de faciliter leur venue.
Propos recueillis par Yann FERNANDEZ (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mardi 22 mai 2012

 

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Publié le 22 mai 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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