Édition internationale

INTERVIEW – Kumchai Sungprapai, candidat francophone aux législatives

Écrit par Lepetitjournal Bangkok
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 février 2018

A 32 ans, Kumchai Sungprapai est le candidat d’un parti centriste, le Chart Pattana Puea Pandin, dans le 27e district de Bangkok pour les élections législatives du 3 juillet, sa première expérience électorale. Juriste francophone, il a vécu treize années en France, période durant laquelle il a notamment travaillé à l’Ambassade de Thaïlande et à l’Unesco

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Kumchai Sungprapai pense que les prochaines élections législatives vont marquer un tournant dans l'histoire de son pays (photo Yann Fernandez)

Quel a été votre parcours personnel avant d’entrer en politique ?
Je suis né à Bangkok. J’ai vécu en tout treize ans en France mais en plusieurs fois. Je suis parti à Paris à l’âge de 5 ans et j'y ai passé cinq années car mon père travaillait à l’Ambassade de Thaïlande en France. Après un retour à Bangkok pendant mes années de collège et lycée, j’ai fait mes études universitaires de Sciences-Economie et de Droit en France. J’ai aussi travaillé pour l’Ambassade de Thaïlande, l’Unesco et l’Office du Tourisme de Paris. A 28 ans, j’ai été engagé dans la capitale thaïlandaise par le cabinet d’avocats Vovan & Associés, et aujourd’hui je travaille toujours en tant que juriste francophone. J’ai donc quasiment toujours été en relation avec le milieu français.

Qu’est-ce qui vous a plu dans la vie en France, et dans le travail avec les francophones ?

J’étais attiré par l’Histoire de France, sa culture et sa cuisine. J’ai aussi aimé la façon de penser, le mode de raisonnement des Français. Le travail avec les francophones est toujours bien encadré, organisé.

Comment avez-vous intégré le monde politique ?

Mon père connaissait déjà un peu ce milieu car il était professeur d’Université et avait des relations avec le monde politique. C’est aussi grâce à mon réseau que des personnes du Chart Pattana Puea Pandin m’ont contacté, il y a quelques temps. Le parti avait besoin de jeunes dynamiques avec de l’expérience professionnelle. Mon profil correspondait bien à la nouvelle génération qu’il essaie de mettre en avant. Je voulais vraiment participer à ces élections qui vont changer l’histoire de la Thaïlande pour aider mon pays. Je suis conscient que je ne peux pas tout faire mais au moins, je serai une pièce du puzzle. Je suis jeune, j’ai de l’ambition, et faire de la politique constitue aussi un bon moyen de se faire connaître et d’agrandir le nombre de mes connaissances dans le milieu politique.

Pouvez-vous nous présenter le Chart Pattana Puea Pandin ?
Le Chart Pattana Puea Pandin est né en avril 2011 de la fusion du Rum Jai Thai Chart Pattana, qui faisait partie du gouvernement, et du Puea Pandin, qui était dans l’opposition. Ces deux partis avaient déjà travaillé ensemble dans le passé. Nos deux leaders sont Wannarat Channukul, actuel ministre de l’Energie, et Charnchai Chairungruang, ex-ministre de l’Industrie, des personnes qui sont habitués à gouverner. C’est un parti centriste qui n’a pas encore décidé avec quelle grande formation il travaillera dans un futur proche. Mais nous nous tenons prêts à rentrer dans un gouvernement de coalition, quelque soit la formation qui le dirigera, une fois les résultats connus.  

Quels sont les grands projets de votre parti pour le pays ?

Le Chart Pattana Puea Pandin a bâti son projet autour de dix grands axes. Comme nous avons des personnes compétentes dans le domaine de l’énergie, nous avons beaucoup d’idées autour de ce sujet. Le parti veut promouvoir les énergies renouvelables et faire baisser les émissions de gaz à effet de serre par la construction d’éoliennes, de lignes de trains à grande vitesse, et grâce à un réseau de douze lignes de métro, en comptant celles qui existent déjà. Nous serons aussi très vigilants sur les prix des carburants que nous limiterons.
Le sport nous paraît être une chose aussi très importante pour les jeunes. C’est pourquoi nous aimerions construire un mini complexe sportif ouvert 24/24 dans chaque district. Si nous intégrons le gouvernement, les nouveaux entrants sur le marché du travail n’auront pas à payer d’impôts pendant cinq ans pour leur premier emploi. Le salaire minimum sera augmenté à 350 baths par jour d’ici trois années et le niveau des retraites sera aussi relevé. Nous voulons enfin améliorer l’enseignement, en développant de meilleures écoles dans les provinces et en augmentant le salaire des professeurs.

De quelle façon un parti de moyenne taille comme le votre mène-t-il sa campagne électorale ?

Les chaînes télévisées, comme la presse, ont tendance à ne couvrir que les déplacements des candidats des deux grands partis, le Parti Démocrate et le Puea Thai. C’est donc à nos chargés de relation presse de faire un gros travail pour solliciter les médias. Notre objectif est d’être présents au moins sur une page de chaque journal au quotidien. Nous organisons ainsi beaucoup d’événements avec nos leaders et avec des sportifs comme l’ex-tennisman Paradorn Scrichapan, membre du parti, et la médaillée de Bronze aux J.O. de 2004 en taekwondo, Yaowapa Boorapolchai, candidate dans le 11e district.
Avec l’ensemble des 33 candidats du Chart Pattana Puea Pandin qui se présentent dans les districts de Bangkok, nous montons sur des pick-up décorés aux couleurs de notre parti et nous allons sur le terrain à la rencontre des gens. Même si certains Thaïlandais ont déjà choisi de voter pour une autre formation, nous sommes bien accueillis. C’est plus difficile pour des candidats du Puea Thai ou du Parti Démocrate quand ils se rendent dans des bastions adverses. Le fait que le Chart Pattana Puea Pandin soit neutre vis-à-vis des deux grands partis nous permet de ne pas avoir de problèmes de sécurité, en tout cas dans la capitale. Enfin, nous essayons d’être présents sur les réseaux sociaux en mettant les profils et CV de nos candidats surtout sur des pages Facebook.

Avez-vous des chances d’être élu ?
C’est une première élection pour moi. Je suis donc plutôt là pour me faire connaître et préparer des échéances futures. Mon oncle qui porte le même nom de famille que moi, Wichai Sungprapai, est un officier de police populaire (ndlr : il est Major-général de la Bangkok Metropolitan Police, chef de la première division de la police de la capitale), mais je ne sais pas si cela sera suffisant. Dans mon district de Bang Khun Thian, à Rama II, il existe un vote familial conséquent. Certaines familles me disent voter pour le même parti depuis des décennies car ils respectent le vote de leurs aînés. Mais j’entends aussi des personnes me dire que les partis traditionnels présents n’ont pas fait assez pour eux depuis vingt ans. Tout est donc possible.
Propos recueillis par Yann Fernandez (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mardi 14 juin 2011

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Publié le 14 juin 2011, mis à jour le 9 février 2018

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