Hugues Zarka: "Un facilitateur entre les Français et l’administration"

Par Pierre QUEFFELEC | Publié le 24/05/2021 à 03:00 | Mis à jour le 26/05/2021 à 01:53
Photo : Hugues Zarka, candidat pour les élections consulaires dans la circonscription Thaïlande-Birmanie
Hugues-Zarka-Ensemble-en-Asie

Hugues Zarka est tête de liste d’Ensemble en Asie dans la circonscription Thaïlande-Birmanie pour les élections consulaires. Il revient sur sa vision, sa liste et son programme.

LEPETITJOURNAL.COM : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

HUGUES ZARKA : J’ai 46 ans et suis un Français de l’étranger depuis 17 ans. Je suis né près de Grenoble où j’ai effectué mes études pour devenir ingénieur. J’ai une expertise et une expérience dans les technologies digitales pour le pilotage et la gestion des projets de construction d’infrastructures. Je suis aujourd’hui cadre dans un groupe français basé à Bangkok après avoir été entrepreneur à l’étranger pendant plus de dix ans. Avec ma famille nous résidons ici.

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de Thaïlande pour les mois ou années à venir ?

La pandémie de Covid-19 est certainement la plus grande difficulté pour nos concitoyens dans la période actuelle et malheureusement aussi à moyen terme. Les défis pour notre communauté seront nombreux, je pense par exemple à:
- la vaccination pour tous ceux qui le souhaitent avec l’appui des gouvernements de nos pays d’accueil mais peut-être aussi grâce à l’intervention de la France en cas de difficulté de nos hôtes.
- L’impact financier possible sur la couverture santé. 
- Les capacités à résister à la crise et être capable de relancer l’activité pour nos entrepreneurs. 
- Adapter nos comportements aux probables nouvelles règlementations notamment sur les voyages.
- La probable diminution des effectifs scolarisés et donc l’affaiblissement de nos écoles. 

En quoi les conseillers des Français de l'étranger peuvent-il agir selon vous pour relever ces défis ?

Une fois élu, notre rôle sera de bien identifier chacune de ces difficultés, de les documenter et de les partager à nos interlocuteurs, les ambassades, les parlementaires, etc. Mais aussi travailler ensemble avec le tissu associatif français présent en Thaïlande, riche de sa diversité et de sa présence dans de nombreuses villes afin de bien appréhender les difficultés.

Quelle est à vos yeux la mission première du conseiller des Français de l'étranger, ce pourquoi les électeurs doivent voter ?

Les conseillers des Français de l'étranger sont les représentants les plus proches de notre communauté. Chacun d’entre eux doit être selon moi le facilitateur entre les Français et leur administration quand il s’agit de répondre à des problématiques concrètes. Ils ont aussi le devoir d’expliquer à nos concitoyens les lois (et leur mise en application) qui les impactent, et de faire connaître aux parlementaires tout axe d’amélioration législatif qui permettrait aux Français de l’étranger de mieux vivre hors de leurs frontières comme la numérisation et la simplification des échanges comme des processus administratifs.

En quoi selon vous la sensibilité politique peut-elle peser dans la façon dont les conseillers représentent les intérêts des Français de l’étranger ?

Dans ma situation, être progressiste et centriste c’est encourager l’autonomie, la prise d’initiative et le désir d’entreprendre sans jamais oublier que nous devons accompagner les plus faibles d’entre nous. Mon père était ouvrier et je n’oublie pas d’où je viens, les fins de mois qui commençaient le douze et la chance que m’a donné mon pays en me permettant d’accéder à une bourse universitaire pour faire mes études. Même si la vie est un combat quotidien, elle doit également être fraternelle et donner les mêmes chances à tous afin que chacun puisse s’émanciper.

Vous vous présentez pour la première fois, en quoi pensez-vous être qualifié pour remplir le rôle de conseiller des Français de l’étranger dans son ensemble ?

Je suis très motivé, j’ai beaucoup réfléchi à cette candidature et j’ai senti que je pouvais apporter un plus à notre communauté. J’ai de plus avec moi une équipe dynamique, pleine d’envie où nos différences seront complémentaires grâce à notre volonté de travailler ensemble pour le meilleur. Au-delà des mots, les rencontres nous permettent de mettre en œuvre nos actes. Nous avons été contactés par le papa d’une grande sportive Franco-Thaïlandaise il y a dix jours. Plusieurs fois championne de France de Judo et championne d’Europe du même sport, elle passe très souvent sur Channel 8 pour des combats de Muay Thai, mais vit à Pattaya dans des conditions plus que précaires puisqu’elle ne devait son salut qu’au logement de 6m2 fournit par son club qu’elle vient de perdre au profit de combattants masculins. Nous avons souhaité, face à tant de difficultés, mais aussi de talents et de volonté, de la mettre en contact avec plusieurs sponsors potentiels grâce à nos rencontres avec les sociétés françaises présentes en Thaïlande. Nous attendons des réponses positives très prochainement.

Que pensez-vous pouvoir apporter à l’action des conseillers telle que vous avez pu l’observer ces dernières années ?

De l’énergie, et une approche différente dans la manière de résoudre les problèmes. Vous avez noté par exemple que nos retraités se plaignent, à juste titre, de leur couverture de santé, notamment sur les durées de remboursement des frais médicaux engagés. Nous avons donc fait naturellement ce que nous faisons tous, tous les jours, quand nous ne sommes pas satisfaits d’un prestataire de services. Nous avons mis en concurrence le prestataire qui gère la délégation de service publics avec des assurances privées sur la base de critères de remboursement identiques. Aujourd’hui, ces compétiteurs privés proposent le «direct billing» (pas d’avance de frais du patient) et un coût de cotisation inférieur pour les moins de 80 ans. Nous demanderons donc que la CFE, qui est en situation de monopole et dont les performances sont discutables, soit mise en concurrence par l’état, avec d’autres prestataires, pour le bénéfice des Français de l’étranger.

Quelles ont été vos principales actions vis-à-vis de la communauté française de Thaïlande durant cette crise du Covid-19 ?

J’ai tout d’abord respecté les consignes sanitaires pour m’éviter d’attraper le virus et éviter aux autres la transmission de la maladie. J’ai remonté à nos parlementaires, notamment notre députée de la onzième circonscription, et auprès du cabinet de Jean-Baptiste Lemoine, la perception de la crise vue par un citoyen français de Thaïlande. La proximité politique a été facilitatrice de ces échanges et le restera. Nous avons essayé de trouver des solutions pour nos concitoyens qui font face à des situations personnelles complexes. Un exemple concret, celui d’une famille française qui vivait en Birmanie et dont l’épouse et l’enfant ont dû partir pour la Thaïlande du jour au lendemain afin de fuir la guerre. Nous avons accompagné cette famille pour son installation. Nous ne sommes pas encore élus, mais nous avons porté une action immédiate et citoyenne.

Pouvez-vous nous donner les grands axes de votre programme ?

Mes réponses aux questions précédentes indiquent comment nous réaliserons notre devoir et notre fonction. Vous trouverez dans notre circulaire le programme et la liste des colistiers.  

Comment avez-vous constitué votre liste, en quoi est-elle pertinente au regard de votre vision ?

Notre liste à fait l’objet d’un consensus naturel entre des sensibilités différentes et des compétences qui le sont tout autant à travers notre mouvement, En Marche, et celui de partenaires, le Modem, etc. Je la trouve à l’image de notre communauté des Français de l’étranger.

Amandine est une écologiste militante et a une expérience confirmée dans l’enseignement. Daniel et Laurent sont des entrepreneurs avisés et dynamiques, Alice est une juriste spécialisée dans le droit de la propriété intellectuelle et communicante hors pair aussi bien en français qu’en thaïlandais. Véronique est un relais stratégique avec la communauté de Phuket qu’elle connait. Gilbert, Directeur des Ressources Humaines à la retraite et plusieurs fois administrateur de services publics comme la CPAM de Roubaix est un passionné de fiscalité et un spécialiste de la CFE. 

Avez-vous un message à faire passer aux Français de votre circonscription ?

Je voudrais encourager nos concitoyens à voter car plus le taux de participation sera élevé plus nous aurons les moyens de convaincre nos interlocuteurs. Un autre message, La France et les Français ont des atouts exceptionnels à faire valoir, notamment en Thaïlande et en Birmanie, grâce à leur courage et à leur capacité à faire rayonner notre pays par nos intelligences. Mais c’est ensemble, dans cette union et cette concorde que nous pourrons vraiment avancer, car seul tout est plus difficile.

Pierre Queffelec-square

Pierre QUEFFELEC

Pierre Queffélec a fait ses premières armes dans le journalisme à la Nouvelle République des Pyrénées en 1996. Arrivé en Thaïlande en 2004, il a rejoint lepetitjournal.com l’année suivante avant de prendre la direction du bureau de Bangkok en janvier 2006
0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale