

Jeunes femmes actives, Claire, Marion et Marine ont créé en novembre 2013 le réseau "International Women@Work" ou "IW@W". Elles sont aujourd'hui huit à exprimer haut et fort leurs convictions sur les inégalités qui persistent entre hommes et femmes dans le monde professionnel. Basé à Bangkok et prêt à se déployer à l'international, IW@W a pour vocation d'encourager les femmes à poursuivre leurs ambitions, en combattant les stéréotypes qui font encore obstacle au "leadership" féminin
Les trois fondatrices de l'association (assises sur le canapé) entourées du bureau. De gauche à droite: Claire Ciosi (Présidente), Marine Sailhen (Secrétaire Générale), Marion Brousse (Trésorière). Photo courtoisie IW@W
Grande distribution, banque de développement, aéronautique, Claire Ciosi, Marine Sailhen et Marion Brousse ont des parcours professionnels relativement distincts, mais elles se sont retrouvées autour d'un objectif commun: encourager les femmes à poursuivre leurs ambitions professionnelles. Ces trois trentenaires hyperactives estiment en effet que les femmes sont trop souvent hésitantes à embrasser une ambitieuse carrière professionnelle, et elles entendent bien faire évoluer les stéréotypes qui les font ainsi douter. Installées depuis plus de deux ans à Bangkok, elles y ont fondé en novembre dernier International Women@Work ou "IW@W", un réseau de femmes actives qui entend tisser une toile mondiale au fil des relocalisations de ses membres. LePetitJournal.com a rencontré deux de ces drôles de dames.
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LePetitJournal.com : Parlez-nous de cette association, comment est-elle née?
Marion Brousse : Tout est né de nos déjeuners réguliers entre copines. Nous avions fait le constat qu'il manquait à Bangkok des événements, des conférences qui pouvaient répondre à nos attentes en tant que femme, en tant que jeunes actives. Par ailleurs, nous traversons un moment clef dans nos carrières et dans nos vies, où il devient plus difficile de combiner ascension professionnelle et épanouissement personnel. Nous sommes conscientes des inégalités entre hommes et femmes qui perdurent, aussi bien sur nos lieux de travail que dans la société de manière générale, d'où l'idée de ce réseau. Claire, Marine et moi avons co-fondé IW@W en novembre 2013, puis avons constitué un bureau de huit personnes. Nous recherchons encore quatre membres pour renforcer certains de nos pôles d'activités.
Claire Ciosi : La seconde raison est que les femmes sont toujours réceptives lorsque l'on aborde ces thèmes, alors que les hommes le sont un peu moins. Pour eux c'est une sorte de concept qui existe mais ils ne réalisent pas leur ampleur. En créant cette plateforme, nous avons voulu mettre l'accent sur ce problème, initier un dialogue et donner des clefs pour faire évoluer cette situation. Marine, Marion et moi-même avons ainsi voulu créer une initiative pour réunir les femmes et les hommes qui se sentent également concernés. IW@W est pour nous un outil permettant de communique, mais aussi d'aider concrètement les femmes dans leur progression de carrière. Notre démarche est basée sur une question : "Que peut-on faire concrètement, à notre échelle, pour avoir un impact?".
En quoi consistent les événements que vous organisez et quelle est leur fréquence?
Claire : Nous nous mobilisons sur deux types d'événements. Les conférences, ouvertes aux femmes et aux hommes. Le but est d'en faire une par mois ou toutes les six semaines. Un intervenant vient évoquer un sujet lié aux problématiques qui nous intéressent et s'adresse à une audience plutôt large de manière plutôt magistrale avec une séance de questions à la fin. Nous en avons organisé une en février dernier où Eugénie Mérieau, doctorante à l'INALCO, est venue s'exprimer sur le thème "Femmes et Pouvoir en Asie du Sud-Est". La prochaine aura lieu au moins de mai et nous souhaiterions aborder de manière concrète les barrières à surmonter dans le monde de l'entreprise en tant que femmes. Nous sommes d'ailleurs à la recherche d'intervenantes. Ces conférences sont également des moments de Networking et d'échange où les membres peuvent se retrouver, se conseiller et s'entraider.
Nous organisons également des ateliers, qui s'adressent uniquement aux femmes, afin de leur apporter les outils pour mieux s'en sortir dans leur vie professionnelle. Ce sont des cessions qui réunissent en général une quinzaine de participantes et l'idée est que ce soit un peu théorique mais très participatif. Les thèmes traités sont variés, incluant par exemple "la négociation", "la gestion de conversations difficiles", ou encore "le management interculturel". Nous allons essayer de mettre ces personnes en situation, de faire des jeux de rôle pour qu'à la fin elles repartent avec une clef à utiliser à court ou moyen terme dans leur quotidien de travail.
Quels sont les sujets que vous évoquez lors de ces événements?
La dernière fois, par exemple, c'était une spécialiste de la politique thaïlandaise. L'idée était de venir parler des femmes et du Pouvoir en Asie du Sud-est. Comme elle avait déjà cette spécialité politique, elle a pu combiner son expérience et sa connaissance des choses. Pour le coup c'était très théorique. L'idée est d'avoir aussi des conférences avec une femme orientée business pour apporter quelque chose de plus pratique à la conférence.
Quelle est la cible que vous désirez toucher?
Claire : IW@W est une initiative française mais nous fonctionnons intégralement en anglais et notre volonté, est d'être un réseau résolument international. Nos adhérentes sont aujourd'hui françaises et thaïes, mais également slovènes, canadiennes ou encore italiennes. Notre vision est qu'IW@W ait une représentation dans vingt métropoles et sur les cinq continents d'ici cinq ans.
Marion : Nous avons d'abord commencé par communiquer dans nos cercles proches mais nous souhaitons élargir notre cible, notamment pour sénioriser le réseau. Aujourd'hui il est plutôt jeune mais nous souhaitons pouvoir entendre ce qu'il se passe au-dessus. Nous souhaitons ainsi d'abord crédibiliser la plateforme, organiser des conférences et des ateliers, et apporter une valeur ajoutée afin de gagner en visibilité. Seule une base solide d'adhérentes et des contenus de qualité nous permettront à terme d'asseoir notre légitimité et d'élargir notre public.
Quels sont les objectifs à long terme de cette association?
Marion : On a choisi un nom international, d'être international, de communiquer uniquement en anglais, à la fois dans nos conférences et dans nos workshops, car on a pour vocation de s'internationaliser. Un jour, chacune de nous va partir vers une autre destination, Singapour, France ou États-Unis, mais l'idée c'est que, toutes les trois en tout cas, on développe le réseau dans les villes où nous serons basées à nouveau.
Claire : L'idée c'est qu'à terme, il y ait plusieurs branches dans plusieurs villes. On aimerait contribuer à une forme d'égalité dans la société.
Par votre expérience, trouvez-vous une différence de place de la femme dans la société entre la France et la Thaïlande?
Claire : D'après une étude publiée par le World Economic Forum (WEF) en 2012 sur les inégalités hommes/femmes, la France se classe 57ème et la Thaïlande 64ème. Les deux pays sont proches. Les femmes sont autant représentées en Thaïlande qu'en France dans le monde du travail.
Claire : Comme on expliquait dans notre conférence, il y a quand même une conception un peu chinoise du travail en Thaïlande qui fait qu'une femme est avant tout un travailleur, et dans la population active elles sont quand même assez présentes. Dans la société thaïlandaise par contre, nous avons le sentiment que les femmes restent souvent subordonnées à l'homme, qu'il s'agisse du père, du frère ou encore du mari. Elles ne jouissent pas des mêmes libertés ni des mêmes opportunités. Même si elles sont présentes dans la vie économique, il y a beaucoup de progrès à faire sociétalement.
Quels sont vos futurs projets?
Marion: IW@W organisera un workshop en avril dont le thème n'est pas encore communiqué. L'organisation d'une conférence demande davantage de temps, et la prochaine aura lieu en mai. Nous avons également engagé des discussions avec des partenaires institutionnels afin d'accompagner nos futurs événements.
Claire: Enfin, nous souhaiterions mettre en place très rapidement un progamme de mentoring. L'idée serait que les membres d'IW@W qui le souhaitent puissent créer une relation de confiance avec un(e) mentor qui les accompagne dans leurs choix de carrières et les conseille sur des sujets aussi divers que la préparation d'un entretien, une réorientation professionnelle, ou encore des questions de management.
CONTACTS :
Claire Ciosi, Présidente ? claire.ciosi@gmail.com
Marine Sailhen, Secrétaire Général ? marine.sailhen@gmail.com
Marion Brousse, Trésorière ? marionbrousse@gmail.com
Email iwaw.contact@gmail.com
Twitter www.twitter.com/IWAWtwitt
Facebook www.facebook.com/internationalwomenatwork
Propos recueillis par Laura BUDULIG (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) vendredi 7 mars 2014
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