

Installé récemment en Thaïlande, Eric Miné n'en connait pas moins la région. Il y a d'ailleurs consacré quelques textes dont le livre "La bataille de Koh Chang". Celui qui se présente en tête de liste Rassemblement Bleu Marine se dit "hédoniste et réactionnaire assumé". Et sa liste ne cache pas son affiliation au Front National qui compte de nombreux électeurs dans le royaume. Il répond aux questions du PetitJournal.com et à deux questions que ses deux adversaires lui ont posées
LePetitJournal.com a posé aux trois têtes de listes en lisse la même série de questions en leur demandant à chacun de soumettre leurs propres questions adressées à leurs adversaires respectifs. Ainsi, chacun a été invité à poser une question distincte à chacun de ses adversaires et une question adressée à tous y compris eux-mêmes.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
À 53 ans, directeur de la collection France-Asie aux éditions Soukha, je suis aussi auteur de plusieurs ouvrages, romans ou contributions politiques. J'interviens de même comme chroniqueur régulier de sites en ligne tel Boulevard Voltaire ou, à l'exemple de la Thaïlande, sur des "revues papier". De par mes activités littéraires, je cultive cette passion pour l'Extrême-Orient propre à beaucoup d'entre nous qui vivons ici. Je m'efforce d'en révéler le ressort par l'illustration de ce lien profond qui perdure aujourd'hui entre nos compatriotes et cette région du monde.
Délégué général adjoint du Souvenir Français en Thaïlande, je participe enfin de l'entretien d'une mémoire aujourd'hui un peu malmenée ou détournée de sa vocation première, celle d'honorer tous celles et ceux, militaires ou civils, Français ou étrangers, qui ont donné de leur personne pour la patrie, indépendamment des idéologies, religions ou régimes politiques que la France a pu connaître.
Pour les lecteurs du PetitJournal.com que cela intéresserait, ils peuvent retrouver mes écrits et interventions publiques sur mon blog personnel.
Pourquoi vous en tête de liste ?
J'ai été investi par la direction nationale du Rassemblement Bleu Marine pour mener cette liste et, plus précisément, par Aymeric Chauprade, président de la FFE (Fédération des Français de l'Étranger) qui mène par ailleurs la liste FN-RBM de la circonscription Île-de-France ? Français de l'étranger pour les européennes.
J'ajouterai que cette initiative me fut aussi personnelle.
Je développe plus loin les raisons de mon engagement en réponse à la question de M. Calvet.
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QUESTIONS DE CANDIDATS A CANDIDATS
Question d'Hervé Belliot La CFE a un accord avec le Bangkok Hospital pour un système de tiers payant. Cet accord arrive à échéance le 31 décembre 2014. Quelle sera votre action pour pérenniser cet accord et que feriez-vous s'il venait à être rompu ?
Question de Michel Calvet Comment expliqueriez-vous aux Français résidant hors de France les conséquences d'une sortie de l'euro prônée par Marine Le Pen sachant que le taux de dévaluation qu'elle annonce entraînera d'autant une baisse du pouvoir d'achat pour tous les retraités vivant en Thaïlande ? Marine Le Pen annonce un taux de dévaluation souhaitable de 20 %. |
| Voter par internet pour l'élection des conseillers consulaires 2014 |
Quelle expérience avez-vous des problématiques des Français de l'étranger ?
Après des études à l'IEP de Paris (Sciences Po) achevées en 1982, j'ai commencé à me familiariser en France avec ces problématiques par ma collaboration à des magazines destinés aux Français de l'étranger ? Passeport International (aujourd'hui disparu) et Vivre à l'étranger (qui continue en version internet).
Dès les années 90, je me suis progressivement établi au Laos où j'ai fondé une société de services pour l'édition, pour ensuite, après 2010, résider en Thaïlande où je me consacre désormais à l'écriture.
Si mon expérience procède peu d'activités associatives, j'ai pu, de par mes relations professionnelles, intellectuelles et sociales, être à l'écoute de nos compatriotes de cette région du monde, connaître de leurs problèmes et de leurs aspirations, et estime légitimement pouvoir les relayer dans le cadre du mandat que je brigue.
Que pensez-vous du service public (français) dont bénéficient aujourd'hui les Français de Thaïlande et de Birmanie et de l'évolution qu'il faudrait selon vous lui faire prendre ?
Hormis les services consulaires traditionnellement dévolus aux Français de l'étranger, le service public français dont bénéficient aujourd'hui nos compatriotes expatriés dans le monde est proche du néant, la Thaïlande et la Birmanie ne dérogent pas en la matière.
Son évolution ne dépendra évidemment pas du rôle purement consultatif des futurs conseillers consulaires, mais leur élection au suffrage universel direct leur donnera une légitimité pour rappeler à nos dirigeants l'exigence d'une égalité de traitement pour tous nos concitoyens, quel que puisse être leur lieu de résidence.
Quels sont selon vous les atouts nécessaires pour mener à bien cette mission d'élu consulaire ?
Le législateur n'a pas souhaité donner un grand pouvoir à ces futurs élus puisqu'il sera uniquement délibératoire, et ce dans un cadre de compétences strictement limité. Toutefois, l'évolution de cette mission dépendra beaucoup de la personnalité de celles ou ceux qui en seront chargée. Un sens relationnel minimum, une volonté de servir et des convictions fortes me semblent être des atouts non seulement nécessaires, mais indispensables.
En quoi votre liste présente-t-elle ces qualités ?
Tout d'abord, de par la proximité avec nos compatriotes de nos candidats.
Pour ne prendre qu'eux, Évangeline Lenouvel, seconde de liste, est une retraitée active, appréciée de la communauté française de Pattaya pour laquelle elle se dévoue bénévolement au sein du Club Français et en gérant la bibliothèque ouverte à tous. Ou bien encore Jacques Foulquier, 3e de liste, représentant du Front National pour la Thaïlande, qui est une personnalité bien connue de Phuket, régulièrement consultée pour des questions le plus souvent pratiques qui se posent aux résidents français de l'île ou à leurs conjoints et enfants.
Mais il faudra aussi pour les élus de notre liste qu'ils puissent faire remonter "à Paris" les préoccupations de nos compatriotes de Thaïlande et de Birmanie, telles qu'ils les connaissent de par cette proximité. Parmi les principaux intéressés à ces informations, Marine Le Pen elle-même.
Pour ne prendre que la question de la bi-nationalité, il m'apparaît nécessaire que la présidente du Front National puisse appréhender la spécificité des familles mixtes qu'ont fondées nos compatriotes à l'étranger. Celles-ci ne sauraient être en effet assimilées à des profiteurs usant d'un double passeport. Encore faut-il pour cela que le grand mouvement national qui portera demain Marine Le Pen aux plus hautes responsabilités puisse être renseigné par des personnes qualifiées.
Les Français de Thaïlande et de Birmanie savent d'ores et déjà qu'ils pourront compter sur moi pour ce faire.
Un mot sur la sensibilité politique de la liste "Rassemblement Bleu Marine" et le ou les partis qu'elle représente ?
"Le Rassemblement Bleu Marine est une association qui a vocation à unir les partis et les organisations politiques qui, au-delà de leurs sensibilités, ?uvrent à la défense de l'intérêt supérieur de la Nation, ainsi que tous les patriotes, de gauche comme de droite, qui se battent pour la liberté de la France, la souveraineté de son peuple et l'identité française."
Ce sont les premiers mots de la charte du Rassemblement Bleu Marine, consultable en ligne sur notre blog.
Dans le respect des pays d'accueil, Marine Le Pen incarne désormais pour les Français de l'étranger l'image restaurée de leur pays.
Nous l'avons écrit dans notre profession de foi, nous ne considérons pas que les qualités des individus procèdent de quelque étiquette partisane, de surcroît aujourd'hui le plus souvent obsolètes. Les élus du Rassemblement Bleu Marine auront ainsi à c?ur de travailler avec toutes les personnes de bonne volonté qui ?uvreront sincèrement, sur la terre que nous aimons, à notre bien commun.
Pour nos compatriotes résidant en Thaïlande et Birmanie, notre liste offre un choix neuf et rassembleur.
Comment comptez-vous vous organiser (vous et vos colistiers) pour remplir cette mission de relais de proximité et combien de votre temps pensez-vous qu'il soit nécessaire d'y consacrer ?
Le temps, nous verrons à l'usage, il dépendra d'ailleurs pour beaucoup de la qualité de l'organisation que nous mettrons en place pour remplir notre mission.
La question ne se posera pas non plus dans les mêmes termes selon le nombre d'élus que nous aurons à l'issue du scrutin.
Pour les résidents de Thaïlande qui ont assisté à nos réunions publiques, ils ont pu constater que les relais de proximité sont en place. Les réunions ne sont pas destinées qu'à la campagne électorale. Ouvertes à tous, elles doivent se poursuivre ensuite régulièrement, en Thaïlande comme en Birmanie, afin que nos élus puissent rendre compte de leur mission et écouter à la source les préoccupations de nos compatriotes.
Nous proposerons enfin des rencontres avec les responsables des réseaux associatifs qui travaillent depuis longtemps avec les Français expatriés, l'UFE et l'ADFE seront les premières sollicitées. Fidèles à nos principes, affirmés pendant la campagne, nous ne tiendrons pas compte d'éventuelles affiliations politiques dès lors que les personnes seront compétentes et de bonne volonté.
Que pouvez-vous nous dire sur les caractéristiques et les besoins des Français de Thaïlande ? Des Français de Birmanie ?
Au risque de me répéter, nos compatriotes de Thaïlande et de Birmanie sont des citoyens français, et, à ce titre, n'ont pas à faire l'objet de traitements discriminatoires au seul mauvais prétexte qu'ils ne résident pas sur le territoire national.
J'ajouterai qu'un peu plus de considération de la part de nos dirigeants pour leurs parentés, amis et relations ressortissant des pays d'accueil ne serait pas de trop.
Quelles sont selon vous les trois principales problématiques à traiter ?
Pour le début de mandat et dans le champ de compétences imparti aux futurs conseillers consulaires, je dirai, dans l'ordre :
? la santé ;
? l'aide aux PME et artisans français dans nos pays hôtes ;
? la politique culturelle mise en ?uvre dans le cadre de la francophonie.
Quel est votre position sur ces trois points ?
Les questions de santé se poseront immédiatement puisque, chacun l'aura compris, les accords de conventionnement de la CFE avec les structures hospitalières thaïlandaises sont aujourd'hui remis en cause, des solutions, s'il y en a, devant être trouvées dans un délai très court [voir aussi la réponse donnée à Hervé Belliot sur le sujet, ndlr].
Pour les PME et l'artisanat français dans nos pays d'accueil, l'action pour mieux les aider sera de long terme et devra être engagée au plus tôt. Le pouvoir restreint alloué aux conseillers consulaires ne permettra pas de faire des miracles pour ces entreprises, mais peut-être ces élus pourront-ils inciter notre administration à ?uvrer davantage en leur faveur. Des voix convergentes des conseillers consulaires allant dans ce sens seraient souhaitables, c'est l'objet de la question que je pose à M. Calvet. J'aurais pu la poser dans les mêmes termes à M. Belliot.
Quant à la politique culturelle mise en ?uvre dans le cadre de la francophonie, ce sera pour nous un souci constant. Il nous apparaît en effet inacceptable que, sous couvert de francophonie, soit promues des "productions culturelles" des plus hasardeuses, bien souvent à vocation idéologique et qui n'auraient pas trouvé preneur ailleurs sans le soutien que leur accorde généreusement le ministère afférent. Nous serons donc particulièrement vigilants et dénoncerons cette pratique chaque fois qu'elle se présentera.
En la matière, la France en Thaïlande et en Birmanie se doit d'offrir une image conforme à son rayonnement historique.
Si vous aviez une question à poser à tous les candidats y compris vous-même, laquelle serait-elle ?
Si vous aviez à comparer votre pays de résidence à la France, quels enseignements en tireriez-vous ?
Votre réponse ?
Résidant aujourd'hui en Thaïlande après avoir longtemps séjourné au Laos, j'ai pu m'attacher aux peuples qui composent cette région que nous aimons, à la culture et à une certaine philosophie de la vie qui en procèdent.
Je m'interrogerais donc sur les raisons qui ont permis à ces pays de rentrer dans la modernité sans pour autant abandonner leurs valeurs traditionnelles.
Je constaterais alors qu'en préservant leur identité en dépit de la mondialisation, ils ont su protéger leur mode de vie et n'ont pas cédé aux sirènes d'un "multiculturalisme" dévastateur.
À l'écoute de mes compatriotes, force me serait bien de convenir alors que la cause principale de leur expatriation dans cette région du monde est bien qu'ils y retrouvent des repères et des règles d'existence qu'ils n'ont plus chez eux.
Un message à adresser aux électeurs ?
Je reprendrai le message d'amitié et de soutien qu'ont bien voulu me transmettre Aymeric Chauprade et Marine Le Pen :
"Pour que nos compatriotes expatriés ne soient plus les oubliés de la France.
En Thaïlande et Birmanie, faites confiance à la liste du Rassemblement Bleu Marine conduite par Éric Miné"
J'ajouterai qu'indépendamment de leur choix, j'invite les électeurs à voter massivement, en ligne du 14 au 20 mai ou en se déplaçant à l'urne le dimanche 25.
Ce nouveau scrutin, réellement démocratique, leur donne une vraie chance de faire entendre leur voix. Qu'ils ne mésestiment pas l'opportunité qui leur est ainsi offerte.
Propos recueillis par Pierre QUEFFELEC (http://www.lepetitjournal.com/bangkok) vendredi 16 mai 2014
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